J’ai abordé le marché du travail avec des idées préconçues, à l’effet que les patrons étaient des exploiteurs, que les normes du travail étaient instaurées pour protéger les droits des travailleurs et qu’on devait faire valoir ces normes «minimales». Au fil des années, j’ai constaté que ceux qui réussissaient là où j’échouais, tenaient un tout autre genre de discours, et j’ai décidé de m’en inspirer. Ce fut le début de mon virage à droite et, de façon étonnamment rapide, de l’augmentation de mes revenus et de ma qualité de vie. D’où ma devise : Toujours indulgente, jamais complaisante.
Espiègle et polémiste, j’aime le choc des idées.

Je suis impliquée depuis quelques temps dans le Parti conservateur du Québec, mettant ainsi en actions ma principale passion, la politique.

Consentante pour servir de Kleenex

Ce n'est pas aux hommes de faire jouir les femmes. C'est aux femmes de jouir

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Jessie Mc Nicoll

Dans un de mes derniers billets, j’ai traité de la supposée culture du viol. Malheureusement, à lire les commentaires qu’il a suscités, il semble que mon propos n’ait pas été suffisamment clair.

Depuis la sortie d’Alice Paquet à l’effet qu’elle aurait été agressée sexuellement par le député Gerry Sklavounos, on ne cesse d’entendre parler de la soi-disant culture du viol au Québec. On nous sert comme preuve principale à cet effet le fait qu’on blâme la présumée victime pour avoir supposément cherché ou mérité son sort. En filigrane, on traite la fille de salope, même si ce n’est pas dit en ces mots. Or, le «victim shaming» a lieu pour la seule raison que le plaisir sexuel au féminin n’a jamais été dédouané.

En réalité, si cette même femme avait eu une aventure sexuelle consentante au lieu de se faire violer, et qu’elle en avait parlé, elle aurait reçu le même traitement. Dans la culture québécoise, blâmer la victime d’agression sexuelle n’est pas une approbation du viol. C’est plus généralement une désapprobation de la femme qui recherche le plaisir sexuel. Une tentative de répression sexuelle. Trop souvent faite par des femmes, d’ailleurs. Comme si celles qui n’avaient pas accès à un orgasme régulier ne pouvaient supporter l’idée que d’autres s’éclatent.

En moyenne, une femme a sa première relation sexuelle vers 17 ans. En moyenne, elle aura son premier orgasme plusieurs années plus tard. Selon un site du gouvernement du Québec, «les jeunes âgés de 15 à 24 ans représentent 66 % des cas déclarés de chlamydia et 47 % des cas déclarés de gonorrhée au Québec. Les filles de cet âge sont les personnes les plus touchées par ces infections.»

Ce n’est pas aux hommes de faire jouir les femmes. C’est aux femmes de jouir. De le dire, de l’assumer, de s’affirmer et de le célébrer. Mais en tout premier lieu, de se masturber!

Plusieurs jeunes femmes auront une ITSS après avoir dit «oui» à de nombreuses relations sexuelles et consenti à servir de Kleenex à sperme. Sans agression et sans plaisir. Avant 45 ans, selon un sondage Châtelaine, près d’une femme sur cinq n’atteint l’orgasme que parfois ou rarement, et nombreuses sont celles qui le feignent.

Il faut agir sur les variables qu’on peut contrôler.

Je sais que certaines trouveront une façon de blâmer la culture du viol, le patriarcat ou je ne sais trop quelle autre construction mentale pour se déresponsabiliser. Mais la réalité, c’est que tout ce que j’ai décrit ci-haut devra être réglé par les femmes, pour les femmes. Ce n’est pas aux hommes de faire jouir les femmes. C’est aux femmes de jouir. De le dire, de l’assumer, de s’affirmer et de le célébrer. Mais en tout premier lieu, de se masturber!

Dans mon plus récent article, j’avais proposé deux mots-clics: #JeMeMasturbePendantLaPénétration et #MoiAussiJeJouis. Plusieurs y ont vu de l’ironie, or il n’en est rien.

L’idée de se réclamer publiquement du plaisir sexuel pro-actif en tant que femme est de démolir ce tabou de société, un vestige plus ou moins conscient de la religion catholique qui empêche les femmes de jouir pendant ces années où elles consentent à des relations sexuelles, deviennent enceintes et attrapent des ITSS.

J’ai appris avec grand plaisir que des femmes avaient déjà eu cette idée de propulser le plaisir au féminin à l’avant-scène. Je vous invite à jeter un œil au site caressesmagiques.com, il est très bien fait. Mais ça ne suffit pas. Il faudrait qu’un mouvement de masse se crée. Que les femmes inondent les médias sociaux de témoignages sur la façon dont elles ont eu leur premier orgasme, la façon dont elles préfèrent avoir leurs relations sexuelles et l’importance de la masturbation dans leur vie.

Cessons d’être à la remorque de la pornographie et multiplions les modèles sains de femmes épanouies sexuellement.

J’imagine mal Julie Miville-Dechêne ou Françoise David porter ce genre de dossier. Tant mieux si je me trompe. Tant qu’on a pas le soutien des mouvements féministes officiels, il faut être drôlement nombreuses pour avoir un impact. Mais avec les médias sociaux, tout est possible.

Et quand ce sera fait, vous verrez disparaître le «victim shaming». Et quand le «victim shaming» aura disparu, les dénonciations exploseront. Et quand les agresseurs auront la trouille de se faire dénoncer, les agressions diminueront.

Arrêtons de nous définir comme des victimes, et prenons nos orgasmes en mains. Cessons d’être à la remorque de la pornographie et multiplions les modèles sains de femmes épanouies sexuellement. Inondons les médias sociaux de témoignages que les jeunes garçons et filles d’aujourd’hui iront lire en cachette, et qui alimenteront une génération de fantasmes tellement mieux arrimés avec la réalité des femmes.

Faisons en sorte que la prochaine génération de jeunes femmes jouissent pendant plusieurs années avant de consentir à une première relation sexuelle.

Alors voilà, ce n’est pas une blague. Ce n’est pas de l’ironie.

#JeMeMasturbePendantLaPénétration et #MoiAussiJeJouis. Et vous?

Vous pouvez suivre Jessie Mc Nicoll dans sa chronique tous les mardis vers 17h15 sur les ondes du 101,5 fm?
http://www.fm1015.ca/emission/le-retour

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