Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

Une marmite de géant campe au coeur de Rouyn-Noranda!

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Une-marmitte-de-geant-campe-au-coeur-de-Rouyn-Noranda

J’ai découvert, hier, au cœur de Rouyn-Noranda, Abitibi, en pleine zone urbaine, une marmite de géant, rien de moins. Je l’ai de plus trouvée assez en hauteur, dans la partie supérieure d’un cap de roche, une trentaine de pieds au-dessus du niveau du lac Noranda.

Trouvaille géologique, une marmite de géant, c’est un trou formé dans le roc par le tournoiement à grande vélocité de cailloux emprisonnés dans une faille de surface et entraînés dans ce mouvement circulaire par un fort courant d’eau.
Cette cavité prend la forme d’un chaudron. Ses parois sont courbées, rondes, comme une marmite. Tels des abrasifs, des graviers de différentes granulosités ont ainsi poncé la roche, laissant comme témoin du travail de l’eau vive ce trou arrondi qui peut avoir différentes dimensions, tout dépendant.
Celui que j’ai déniché peut facilement contenir plusieurs personnes adultes. Il est précisément localisé sur le cap de roche entre le centre administratif du gouvernement du Québec et l’ancien restaurant chinois. On y a directement accès en prenant le chemin montant sur la  »butte » où un projet d’immeuble de compagnie d’assurance doit être réalisé pour l’été prochain, là et en bas.
Il y en a donc sûrement d’autres ailleurs en pleine ville! Il faut juste tomber dessus.
Rouyn-Noranda engloutie sous des dizaines de pieds l’eau
Cela signifie que les parties les plus basses de Rouyn-Noranda se trouvaient engloutie sous l’eau enragée, lors de sa formation. Ma marmite de géant date de 8500 ans maximum. Ça correspond à l’arrivée des premiers hommes dans cette partie-ci du Québec, les ancêtres des Algonquins ou Anichnabes. Cette eau qui l’a formée provient de la fonte de l’inlandsis laurentidien, le super glacier nord-américain qui a commencé à fondre il y a 20 000 ans à New-York, à Chicago et dans le Wisconsin, pour ne s’en tenir qu’à l’Est du Canada et des États-Unis d’Amérique. L’époque glaciaire wisconsinienne a duré 90 000 ans. Il y a 12 000 ans, le monstre de glace recouvrait tout le Témiscamingue, en plus de l’Abitibi. Il y a 10 000 ans, le Témiscamingue était entièrement dégagé des glaces. Le lac Témiscamingue se trouvait toutefois gonflé à bloc et portait le nom de Barlow. Comme aujourd’hui, il constituait un colossal évacuateur de crues. La rivière Outaouais en faisait partie. Il y a 8400 ans, l’Abitibi était noyée dans le lac Ojibway. Au cours du millénaire suivant auquel on peut ajouter plusieurs siècles, le lac post-glaciaire s’est peu à peu retiré, coulant d’abord vers le sud, bloqué par le mur de glace plus au nord, puis pouvant se vidanger vers le nord, lorsque l’inlandsis a été rendu à la latitude de la mer d’Hudson, branché aux océans Arctique et Atlantique. C’est cet écoulement des eaux de ce grand lac s’étendant jadis jusqu’au Manitoba (on l’a baptisé Agassiz dans sa partie ouest) qui est à la source de la formation de marmites de géants, au parc national d’Aiguebelle et à combien d’autres endroits où l’eau s’écoulait vivement, dont au centre de la ville rouynorandienne.
Difficile à imaginer
Peut-on imaginer l’épaisseur de l’eau qui séjournait autrefois au-dessus du boulevard Rideau, de la rue Gamble, de l’avenue Principale, de la rue Perreault, de la mine Noranda! Et la force du courant qui, sous la glace et avec le concours de l’eau encore solidifiée par le froid, façonnait les collines rocheuses du camp minier de Rouyn-Noranda, caldeira formée par de l’activité volcanique sous-marine au temps de la Pangée, continent unique remontant à il y a près de 300 millions d’années! Et dire que nous nous trouvons à la hauteur des terres, là où deux bassins versants se rencontrent, ceux du fleuve St-Laurent et de l’immense baie d’Hudson!
Rien n’arrête l’eau, cet oxyde. Pas même les plus grosses montagnes. Nos centrales hydro-électriques ne font que profiter de son passage. Nos barrages ne font que la contrôler, sans jamais l’arrêter de couler! Et il arrive parfois que le vase déborde… Le déluge du Lac-St-Jean en témoigne.

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