Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

LE LAC ÉDOUARD A DÉJÀ ÉTÉ UN POINT DE DÉPART ET D’ARRIVÉE À ROUYN-NORANDA

Je dois toutefois signaler que ce n'était pas la route la plus facile pour faire le lien entre le Témiscamingue et Rouyn-Noranda

J’avais appris que l’avenue du Portage, à Rouyn-Noranda, Abitibi, Québec, portait ce nom parce que c’est au début de cette artère que se trouvait le débarcadère du lac Osisko, là où les personnes et marchandises arrivaient, en provenance du Témiscamingue, s’ils n’avaient pas emprunté le sentier de terre depuis le lac Rouyn jusqu’au coeur de Rouyn, aujourd’hui la rue Ste-Barnadette, mais avant, la rue des Pionniers, laquelle méritait bien son nom. On peut se demander pourquoi la Ville de Rouyn-Noranda l’a changé.

Donc que c’était, aux tous débuts, dans les années 1920, un sentier de portage, ni plus ni moins. Mais je viens d’apprendre, en lisant le recueil d’anecdotes d’Annette Gauthier  » J’ai vu naître et grandir ces jumelles…Mgr Albert Pelletier » que l’autre extrémité de ce sentier de portage constituait aussi un débarcadèrepour une autre route.

Le lac Édouard était en effet un point de départ et d’arrivée pour le transport  »fluvial ». Hé oui! Des voyageurs utilisaient le trajet lac Édouard, ruisseau Bagshaw, lac Pelletier, ruisseau des Résidus, rivière Pelletier, lac Beauchastel, lac Montbeillard, lac Provancher, lac Barrière, lac des Quinze, ceci dans un sens comme dans l’autre.

Le cours d’eau entre le lac Édouard et le lac Pelletier n’est plus navigable, aujourd’hui. Des ponceaux enfouis ont remplacé les ponts. Et l’irrigation n’est plus ce qu’elle était en 1926. On ne pourrait faire du canot dans ces calvettes incroyables.

La voie liquide en question passe derrière la rue Notre-Dame et sous l’avenue Québec pour passer au nord du golf Dallaire. Il en demeure pas moins qu’on peut très bien voir, sur les cartes topographiques à plus ou moins grande échelle qu’il y a effectivement un lien  »fluvial » entre le marais Édouard (car ce petit lac est plus un marécage et un havre pour les oiseaux, d’où l’aménagement d’un parc botanique tout autour) et le lac Pelletier.

Je dois toutefois signaler que ce n’était pas la route la plus facile pour faire le lien entre le Témiscamingue et Rouyn-Noranda. La plus facile était, à partir d’Angliers, le lac des Quinze, le lac Simard, la rivière Outaouais, la rivière Kinojévis, le ruisseau Dufault, le lac Rouyn et le lac Osisko, si on voulait continuer par voie d’eau plutôt que d’arrêter à la halte du lac Rouyn et aller en  »ville » par voie de terre. Il faut toutefois préciser que seules les petites embarcations pouvaient aboutir directement au lac Osisko par la rivière du même nom. Les bateaux transportant le cargo, bref, le fret, n’avaient d’autre choix que de prendre le ruisseau Dufault et d’arrêter leur course au  »landing » du lac Rouyn, site localisé, aujourd’hui, juste vis-à-vis le centre d’information touristique, sur l’autre rive. De là, presque en ligne droite, on atteint l’avenue Ste-Bernadette (autrefois des Pionniers, à juste titre). La voie de contournement toujours en construction coupe ce sentier de jadis.

Sur la photographie historique ci jointe: nul autre que Mgr Pelletier pilotant son canot moteur, vêtu d’un habit de cuir à l’épreuve de la pluie.

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