Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

VIVE NOS ROUTES ET MOYENS DE TRANSPORTS CONTEMPORAINS!

Chef a domicile


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Quand j’avais 12 ans, en 1969, j’ai appris en même temps que mes frères et sœurs qu’on allait quitter Belleterre, Témiscamingue, pour aller s’établir à Rouyn-Noranda, Abitibi. Mon père y avait trouvé un emploi d’analyste au laboratoire de la Mine Dufault. Je trouvais que cette grande ville était bien loin de mon village natal. Nous avions roulé pendant deux heures pour nous y rendre. Une distance de 160 kilomètres.

Mais le temps et les distance sont relatifs, cela est indéniable, vraiment!

AVEC UN PEU DE RECUL

Au début des années 1920, une famille témiscamienne qui voulait déménager dans les villes jumelles naissantes, où la Mine Noranda commençait ses opérations, devait se rendre à Angliers ou à la baie Gillies, à Latulipe, prendre une assez gros bateau, naviguer sur le lac des Quinze et à l’ouest du lac Simard, poursuivre sa route sur la rivière Outaouais, arrêter à la halte des rapides de l’Esturgeon, souvent y demeurer pour le reste de la journée et y passer la nuit, le temps que des gens transportent toutes les affaires de l’autre côté de l’obstacle naturel, reprendre le voyage au matin dans un autre bon bateau, prendre la rivière Kinojévis, franchir le rapide Gendron, traverser les lacs (élargissements de rivière) Kinojévis et Vallet, atteindre le lac Routhier (un autre élargissement de la Kinojévis), sillonner le ruisseau Rouyn et aboutir au lac Rouyn, où il y avait un débarcadère, des quais, un magasin. De là, la famille devait prendre à pied ou en charrette à cheval un sentier menant au cœur de Rouyn, devenu la rue des Pionniers, aujourd’hui l’avenue Ste-Bernadette.

Pourquoi la Ville a-t-elle éliminé le nom rue des Pionniers pour le donner au chemin de Bellecombe, même si des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont passé, surtout à pied, en bons pionniers des années ’20, entre le lac Rouyn et le centre de la ville? Fouillez-moi! L’ignorance de l’histoire locale, régionale, sans aucun doute. Tout ce trajet se trouvait à être réalisé en deux jours pleins. Qu’est-ce que c’est comparé aux deux heures qui ont été nécessaires à mon père et à ma mère, avec leurs sept enfants, pour parcourir la distance séparant Belleterre et Rouyn-Noranda en auto?! Presque rien, en comparaison!

CONSTAT

J’ai assez vite constaté, après notre transplantation, que, 160 km, ça se fait assez vite, en voiture, surtout quand on roule le 24 juin, durant l’été. Nous étions déménagés le 25 décembre, pendant l’hiver.

Tous les étés qui ont suivi, nous sommes retournés à Belleterre, où nous avions (et avons encore) notre chalet dans une petite baie du lac aux Sables depuis le milieu des années 1960 et on avait toujours notre maison, bien que vide, sur la 1re Avenue, en ville (petite…:D). Nous n’étions donc pas tout à fait déracinés et surtout pas prisonniers de la grande ville qui procurait le travail et, pour les enfants, l’école, les écoles de tous les niveaux.

On a utilisé toutes sortes de véhicules pour retourner à Belleterre, fidèlement, comme des oiseaux au printemps, car mon père n’a jamais conduit et payait des chauffeurs qui nous conduisaient là où on voulait aller.

Et lorsque j’ai appris à conduire et que je me suis acheté ma première automobile, en 1983, j’ai plus que jamais réalisé que ce n’est vraiment pas grand chose, 160 km. Même si à l’époque les travaux en vue de l’asphaltage de la route entre Latulipe et Belleterre ne faisaient que commencer et qu’on ne peut rouler aussi vite sur le gravier. Ça prend plus de temps.

Mais comme je l’ai souvent dit, quand on part, le plaisir commence. Alors ça fait partie du séjour. C’est comme ça pour bien du monde qui ont chalet ou camp de chasse et de pêche. Quand on revient, c’est une autre histoire. Ha ha!

1500, 3500 KM…

Les distances et la durée, oui c’est relatif. Quand j’étais dans les Forces, je devais rouler 1500 km pour aller travailler à Fredericton (base militaire de Gagetown), au Nouveau Brunswick. J’ai un de mes amis qui doit parcourir 3500 km pour aller à son boulot, dans l’Ouest canadien. Remarquez que, dans mon propos, je suis toujours resté dans le contexte du transport routier. Je n’ai pas parlé de la merveilleuse invention de l’avion qui permet des petits miracles, sur le plan des transports sur notre planète.

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