Samuel Fillion-Doiron

Étudiant en Enseignement de l’univers social et de l’éthique et culture religieuse au secondaire, vice-président régional de la Capitale Nationale et de Chaudière-Appalaches au Parti conservateur du Québec.

Le courage de Maxime Fiset

ABONNEZ-VOUS À DIXQUATRE.COM PAR COURRIEL!

Saisissez votre adresse électronique afin de vous abonner à Dixquatre.com. Vous recevrez une notification par courriel aussitôt qu’un nouvel article sera publié, vous permettant ainsi de demeurer à l’affût de toutes les dernières nouvelles!

Rejoignez 116 autres abonnés

Samuel Fillion Doiron

Jeudi soir dernier, je me suis rendu au cégep de Sainte-Foy à Québec pour assister à la conférence donnée par Maxime Fiset, le fondateur de la Fédération des Québécois de Souche. Lorsque j’ai vu le titre de la conférence (Extrême droite et radicalisation menant à la violence), instantanément, je me suis dis que le contenu devait être fort intéressant pour comprendre ce qui mène une personne à la radicalisation. Néanmoins, mes oreilles cillaient déjà en voyant le terme extrême droite et je me suis dis qu’il devait y avoir un agenda politique derrière tout cela… j’avais tort.

Certes, Maxime Fiset est un gauchiste et ne s’en cache pas, mais ce n’est pas ce qui est important. En fait, j’ai retenu quatre choses extrêmement importantes de cette conférence.

1) Le parcours qui mène à la radicalisation est bien plus facile à emprunter qu’il n’y paraît. Beaucoup de gens qui ont des inquiétudes au sujet de proches feront comme la plupart des gens font lorsqu’ils sont confrontés à un proche ayant une maladie mentale, ils n’en parleront pas. Ceux qui vivent des difficultés et qui n’ont pas le support nécessaire pour faire face aux divers obstacles que leur présente la vie verront la lumière à travers la radicalisation. En fait, Mr. Fiset disait que ce qui caractérisait la plupart des radicaux est qu’ils sont certains de n’avoir jamais été aussi conscient de leur vie.

2) La tactique utilisée par ces mouvements est fort simple. Ils ne passeront jamais à l’acte eux-mêmes, mais ils forment des missiles, des jeunes qui ont un mal de vivre et qui se cherchent une raison d’être. Ils se font laver le cerveau au point d’être prêts à tuer quelqu’un et tel un missile, on les prépare et on les lance en attendant que tout explose. Ensuite, les groupes se déresponsabilisent en disant qu’ils n’encouragent pas ça publiquement. C’est l’équivalent de penser « j’aimerais que quelque chose arrive, mais je ne veux pas que notre groupe soit associé à cela, alors on va s’arranger pour que quelqu’un d’autre le fasse. »

3) Le raison pour laquelle nous qualifions ces groupes d’extrême droite est fort simple… c’est parce qu’ils le sont, mais pas au niveau de l’économie ou du social, mais au niveau identitaire. J’ai signé une chronique il y a de cela deux semaines sur l’extrême droite dans laquelle je disais qu’Adolf Hitler n’était pas d’extrême droite et je maintiens ma position. Il était plus près de la gauche que de la droite au niveau économique et social, mais ses positions identitaires étaient bel et bien d’extrême droite. Dans la définition que j’avais donné, je disais que les extrêmes niaient totalement leur contraire. L’extrême droite nit l’égalité et propose une liberté totale et les groupes ou partis politiques dits d’extrême droite proposent une libération totale de leur race ou de leur nationalité basée sur le racisme, niant ainsi toute égalité avec les autres. Il faut néanmoins faire attention, car le racisme peut se retrouver partout et Mr.Fiset disait aussi que le radicalisme pouvait autant être à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche.

4) La plus importante leçon à retenir de cette conférence est la suivante : le courage de Maxime Fiset. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il est extrêmement difficile de se sortir d’un groupe criminalisé, car autant la personne que ses proches peuvent être menacés. Généralement, les gens essaient de se faire discret, mais Mr.Fiset a eu le courage de faire un discours pour l’UNESCO. Pourtant, cet homme nous a avoué qu’il avait reçu des menaces et qu’il avait mandaté la sécurité du cégep pour éviter qu’un drame ne se produise. Ceux qui étaient à la conférence le savent, les groupes organisés d’extrême droite ont beaucoup de moyens… à un point où ils ont même infiltré un parti politique. De plus, Mr.Fiset, sans nommer de noms, nous a fait comprendre que les personnes dans les groupes radicaux peuvent faire partie de la vie quotidienne des gens sans que personne ne le sache.

J’en profite pour demander à tout ceux qui pensent connaître quelqu’un qui pourrait devenir radical et violent de ne pas hésiter à en parler aux bonnes personnes. Nous avons souvent tendance à avoir peur de nous impliquer pour nos proches, à penser que tout va se régler, mais le jour où un de vos proches commettra un acte aussi grave qu’Alexandre Bissonnette, si vous ne parlez pas, pourrez-vous vivre avec la culpabilité de n’avoir rien dit? Moi je ne pourrais pas vivre avec cela. C’est la même chose pour les problèmes de santé mentale, l’alcoolisme et la toxicomanie, car ce sont les personnes qui vivent avec cela qui sont les plus vulnérables.