Claude Aubin
Policier et enquêteur à la ville de Montréal pendant 32 ans, Il s'est frotté aux groupes criminels tels que ; la pègre irlandaise, aux Jamaïcains, à la mafia russes, aux Pakistanais, aux Roumains et aux gangs de rues. Il est également auteur de 3 livres. Il vient ici vous livrer quelques confidences.

Des voleurs attrapés par un faux rabbin

Claude Aubin

Comme d’habitude Gerry est de mauvaise humeur, le gros Robert, notre capitaine bien aimé ne le lâche pas d’une semelle. Bien sur, tout cela est encore de ma faute, je n’ai pas encore remis ma cravate. Alors, Robert bouscule Gerry pour qu’il se fatigue et qu’il me bouscule à son tour. C’est une façon de voir les choses.

-Hey Claude, t’as un Marty en avant.
-Ben, fais le entrer.

Yves, le jeune du groupe, ne connaît pas encore Marty alors, il fait ce qu’il fait de mieux, être prudent. Marty arrive donc escorté comme s’il était un criminel recherché.

-Il est sérieux lui !
-Ça lui passera Marty, tiens, tu viens faire quoi encore ?

Marty attend quelques secondes avant de continuer.

-Tu as du café ?
-T’es venu pour ça ?

Marty sort de ses poches quelques photos de jeunes, faut dire que c’est son domaine les jeunes délinquants.

-Ils préparent un mauvais coup ce soir, les quatre qui sont là vont frapper sur la rue Prud’homme. Ils sont tous évadés de l’institution alors on les ramasse et je les ramène.
-Et tu as un informateur bien sur.
-Bien sur.

En quelques minutes, Marty explique le topo, les jeunes vont arriver en voiture volée, ils vont fracturer l’appartement et rafler tout ce qui se vend. Ce sera à nous de les ramasser.

-C’est assez simple quand même.

Il me reste à réquisitionner deux flics et de les mettre en civil. Gerry hausse les épaules, ça fait un bail qu’il ne s’obstine plus. Il lance quand même un avertissement pour la forme.

-Tu vas pas les garder en temps supplémentaire hein?
-Mais non, pas si ça se passe bien.

Mon pauvre lieutenant fait semblant de ne pas avoir entendu et se replonge dans les statistiques du mois. Il faut bien démontrer qu’on travaille dans cette police, il y a l’évaluation annuelle et comme le capitaine lui fait la vie dure.

Nous voici en pleine préparation d’opération. Comme la rue Prud’homme est une petite rue à sens unique, il me faut trouver un endroit ou cacher mes hommes pour qu’ils soient assez près mais assez discret pour ne pas être repéré. On fait une passe et un stationnement providentiel nous rend presque indétectable. Mais le hic, c’est que l’on voit mal ce qui se passe.

-Pas de problème, je me déguise.
-Tu quoi ?

Je fais sortir de l’auto de Marty une Kippa et je ramasse des lunettes rondes en métal. Comme j’ai une belle tignasse frisée je ressemble au personnage. Je ramasse un semblant de missel et le tour est joué.

Claude Aubin

Je m’installe rapidement, comme on ne sait pas l’heure exacte du casse, vaut mieux être un peu en avance. C’est là que la chance nous sourit. Quelques quinze minutes plus tard, une voiture arrive en pleine course. Quatre jeunes en sortent et passent tout juste à côté de moi sans trop faire attention. C’est normal, un juif qui psalmodie des prières sur un ton monocorde, ce n’est pas inusuel dans ce coin.

-Adonaï, adonaimin, adonayé, shalom, shalom Adonaï.

Les jeunes qui passent et repassent avec la télé, des radios, quelques cassettes, ne font même pas attention à ce bonhomme qui se dandine d’avant, arrière tout en faisant ses prières. Pas tous en fait, Steve ralenti l’espace de quelques pas, puis hausse les épaules et se fout de cet idiot qui prie.

Ce n’est qu’au moment ou ils s’apprêtent à partir que je fais un signe du bras pour que mes gens viennent les cueillir.

Toute cette belle bande d’évadés se retrouve au poste ou ils comprennent à retardement que Marty est leur pire cauchemar. Mais il y a pire encore. Je rentre dans la cellule du chef présumé des jeunes malfrats, mon nouvel ami Steve Balhaï, qui deviendra membre du gang des  »Rebels » me regarde avec incrédulité.

-Shit, c’est pas vrai.

Mon jeune métis prend quelques secondes avant d’en revenir, il hoche un peu la tête en signe de déni.

-Tu ne vas plus jamais me prendre, juré.
-Tu veux gager ?
-Oui et tu vas perdre.

Pour le reprendre, ce sera assez facile, juste une autre opération. Tien c’est l’objet de la prochaine aventure.

Une chose, quelques temps après ces faits, je regarde chez ma mère de vieilles photos. L’une d’elles me montre dans ses bras juste devant la porte ou mes voleurs venaient de se faire prendre.

-Dis moi maman, on restait là?
-Bien sur, t’avais quelques mois.

Fallait quand même le faire hein ?Services Multiblast Inc

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