Ghislain Loiselle
Ghislain Loiselle. Journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d'autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, demeurant un généraliste.

LA BAIE D’HUDSON VA DISPARAÎTRE, MAIS D’ABORD LA BAIE JAMES!

Il y a des choses qu’on prend pour acquises dans la vie, mais qui vont disparaître un jour, sinon dans quelques siècles, du moins dans plusieurs milliers d’années. Ce sera le cas de la baie d’Hudson, incluant la baie James! Oui oui, vous avez bien lu! Un jour, elles ne seront plus. Y a rien de plus sûr.

Comment cela? Parce que l’écorce terrestre continue de se relever à la suite de la fonte de la masse colossale de glace (jusqu’à 3 kilomètres d’épaisseur par endroits) qui recouvrait encore le Canada et le nord des États-Unis il y a 20 000 ans, à la fin de la glaciation du Wisconsin.

Les géologues prévoient que le  »relèvement isostatique » (c’est ainsi qu’on appelle le phénomène géologique) progressera encore de 200 mètres dans la région de l’ancienne mer de Tyrrell qui avait été formée par la fonte du grand glacier nord-américain une fois qu’il a été rendu dans le détroit d’Hudson. Cette mer était constituée de tout le territoire conquis par l’eau de l’océan Arctique à l’est, au sud et à l’ouest de la baie d’Hudson. C’est ce qu’on appelle des transgressions marines post-glaciaires. Il ne reste plus aujourd’hui de la mer de Tyrrell que la baie d’Hudson et la baie James. Mais il se trouve que le relèvement de la croûte terrestre se poursuit, comme une balle de caoutchouc qu’on aurait enfoncé avec son doigt et qui reprendrait après coup sa sphéricité. Il faut savoir que la profondeur maximale de la baie d’Hudson est de 200 mètres. Quand le sol se sera relevé de 200 mètres au rythme de 1,1 centimètres par année, la baie d’Hudson sera devenue une plaine dont fera partie la baie James.
En fait, la baie James disparaîtra en premier, puis toute la baie d’Hudson à partir du bord jusqu’au large où c’est le plus profond (maximum 200 m).

Ça va faire exactement comme la plaine du St-Laurent qui constituait jadis la mer de Champlain lorsque l’océan a conquis le fleuve jusqu’aux Grands-Lacs une fois que la Terre a été soulagée du poids de l’inlandsis laurentidien dans ce coin du Canada et des USA. Ces plaines sont aujourd’hui occupées par l’homme et on pratique abondamment l’agriculture dans ces riches sédiments de fond d’ancienne mer. Ce sont ces argiles qui causent d’ailleurs des mouvements de terrain depuis des lunes.

ÉVÉNEMENT POST-GLACIAIRE

 »Les derniers moments de la glaciation wisconsinienne (-110 000 ans à -20 000 ans avant aujourd’hui) ont donné lieu à une succession impressionnante d’événements géologiques. L’événement majeur qui découle indirectement de la dernière époque glaciaire est la submersion d’une grande partie du Québec méridional et septentrional par les eaux océaniques. La croissance de l’inlandsis wisconsinien a eu pour conséquence de prélever un fort volume d’eau des océans pour la transformer en glace continentale. À l’apogée de la dernière glaciation (il y a 20 000 ans), les spécialistes estiment à 70 millions de kilomètres cubes le volume du glacier. Son épaisseur devait être de deux kilomètres à 2,5 km sur la majeure partie du bouclier canadien. Quant au niveau moyen des océans, il était de 100 à 130 mètres plus bas que le niveau actuel. Une telle masse de glace exerce une pression énorme qui enfonce la lithosphère. On estime que l’enfoncement maximal équivaut au quart, voire au tiers de l’épaisseur de la glace, soit une valeur probablement comprise entre 1125 et 1500 mètres. Dès que l’inlandsis commence à s’amincir et à rétrécir, deux événements surviennent: 1) l’eau de fonte retourne peu à peu aux océans et le niveau marin s’élève graduellement; 2) en raison de l’isostasie, la lithosphère, soulagée de la surcharge glaciaire, reprend progressivement sa position initiale. Toutefois, un retard important existe entre le moment de la fonte de la glace et celui du retour du continent à l’équilibre d’avant la glaciation. Alors que le dernier lambeau du glacier nord-américain a fondu, il y a 6000 ans, dans le Nord-du-Québec, le rééquilibrage isostatique se poursuit toujours, à un rythme lent. » Source: Notions de géologie par Bruno Landry et Michel Mercier, PP. 272 et 273.

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