Étudiant en Enseignement Secondaire en Univers Social et de l'Éthique et Culture religieuse. Militant pour le Parti Conservateur du Québec.

Laissez-moi vous raconter une histoire





Samuel Fillion Doiron

Cette chronique est différente des précédentes, car elle est plus personnelle. J’estime que si je veux représenter les habitants de Gouin, ils doivent avoir la chance de me connaître en tant que personne.

J’en profite également pour mettre de l’avant l’une des causes qui est la plus importante pour moi et qui est aussi défendue par le Parti Conservateur du Québec.

Bref, voici l’histoire.

Une mère de famille âgée de 31 ans avec deux jeunes enfants apprend qu’elle est atteinte de la sclérose en plaques et qu’il n’existe actuellement aucun remède contre cette maladie. Étant donné que cette maladie est dégénérative, les effets ne sont pas encore apparus, les enfants grandissent avec leurs parents dans une coopérative jusqu’au jour où les parents prennent la décision commune de se séparer. Malgré tout, la famille réussit à surmonter cette épreuve, chacun se trouve un nouveau partenaire qui traite les enfants comme les leurs, tous les parents sont présents pour aider les enfants à vivre une enfance heureuse et la garde partagée est adoptée.

Lorsque la mère atteint l’âge de 39 ans, les symptômes de la sclérose en plaques commencent à prendre le dessus, juste au moment où les enfants sont devenus des adolescents capables de comprendre ce qui se passe. La mère doit cesser d’aller travailler et vivre sur le revenu que le gouvernement voudra bien lui donner. Pourtant, la famille avait réussi à enfin mettre de côté de l’argent pour acheter une première maison. La bonne nouvelle, c’est que malgré tout, le beau-père a demandé la mère en mariage et même s’il savait ce qui s’en venait, il a foncé droit devant.

Malgré tout, la famille n’est toujours pas découragée, elle fait les coupures budgétaires nécessaires, elle choisit des aliments particuliers pour éviter de trop dépenser et à mesure que les années avancent, la maison est adaptée pour une personne qui passe de la canne à la marchette et de la marchette à la chaise roulante. À mesure que le temps avance, la mère n’est plus capable de manger et de se laver par elle-même. Il lui faut une toilette adaptée près de son lit pour éviter qu’elle ait à se lever seule la nuit pour se rendre à la chambre de bain. La famille développe des techniques et des trucs tels que mettre un micro-onde sur la table avec le minuteur programmé d’avance ou installer des rampes improvisées. Le gouvernement fini même par intervenir et envoyer une personne du CLSC pour aider la mère à la maison UNE HEURE PAR SEMAINE.

Un espoir traverse l’horizon, car lorsque la mère atteint l’âge de 42 ans, la famille apprend qu’il existe une opération qui se donne en Bulgarie et qui coûte 20 000$. N’ayant pas peur des défis et voulant essayer à tout prix, la famille met la main à la patte, recrute des amis, des collègues de travail et organise des évènements pour financer cette opération à l’aide de dons. Les enfants se rendent dans les maisons des jeunes de quartier pour organiser des collectes de fonds, le beau-père organise des soupers ou des marchés aux puces dans le restaurant où il travaille comme livreur, une collègue de travail du beau-père décide de prendre tout son pourboire et de le donner en don pour l’opération de la mère, bref, tout le monde a espoir que cette opération pourra aider la mère.

La levée de fonds est un succès, la mère part en Bulgarie se faire opérer et elle revient encore plus en forme qu’elle ne l’était. Elle n’a pas recommencée à marcher, mais les choses semblent s’améliorer… c’est le mois de décembre, mais le mois d’avril approche à grands pas. Parce qu’au mois d’avril, tout éclate.

La famille se fait dire par le CLSC que la maladie de la mère a dégénérée de manière fulgurante et qu’elle ne peut plus demeurer à la maison. Étant donné que l’attente pour une place en CHSLD est interminable, elle est placée dans une résidence privée… pour personnes autonomes.

Le beau-père, n’ayant qu’un très bas salaire, n’a pas les moyens de garder la maison et doit donc la mettre en vente, les enfants qui sont maintenant des adolescents partent habiter à temps plein avec leur père et leur belle-mère. Heureusement que le père était présent, car les enfants auraient été sortis de leur foyer et placés on ne sait où. Dans tous les cas, les deux adolescents doivent désormais adapter leur horaire du temps pour voir leur mère le plus souvent possible, alors que le beau-père, de son côté, est obligé de demander le divorce pour faciliter toute l’administration et la gestion du dossier financier de la mère. Finalement, les parents de la mère de famille, qui sont toujours vivants, doivent assister à la dégradation de l’état de santé de leur fille aînée.

Aujourd’hui, cette mère de famille est dans un CHSLD où elle a la chance d’avoir une chambre où elle est toute seule et d’avoir ses enfants qui habitent à 10 minutes de marche. Toutefois, elle ne peut plus manger que de la purée, le nombre de bains par semaine est limité, les activités qu’elle peut faire sont limitées, sa mémoire se détériore, ses jambes ne fonctionnent presque plus voire plus du tout et elle attend, parce que c’est tout ce qu’il y a à faire.

Cette mère de famille est la mienne.

Des histoires comme celle-là, il en pleut beaucoup plus que l’on croit, certaines sont bien pires, car il peut manquer le deuxième parent, le CHSLD peut être très loin de la famille, parfois les enfants sont encore plus jeunes et cela les affectent encore plus, certains membres de famille doivent simplement arrêter de travailler ou d’aller à l’école pour aider la personne, bref, toutes les variétés sont possibles.

Dans tous les cas, les grands oubliés sont les aidants naturels qui travaillent parfois d’arrache-pied pour garder l’être cher à la maison, mais qui sont forcés d’envoyer la personne en résidence ou en CHSLD parce que le gouvernement ne peut (ou ne veut pas) combler les limites des aidants naturels. Je parle ici de la limite d’expertise, de la limite financière et de la limite de temps.

La plupart des maladies dégénératives entraînent inévitablement la mort de la personne, que ce soit par complications ou par la maladie elle-même. Peut-on permettre à ces personnes de terminer leur vie dans leur foyer, auprès des gens qu’ils aiment et auprès de leurs souvenirs? Faut croire que le gouvernement a la prétention de penser qu’il peut mieux s’occuper de nos proches que nous-mêmes.

Pourquoi ne pas laisser le choix? Si la personne souhaite demeurer à la maison, qu’elle y reste et que l’aide nécessaire lui soit apportée, car une heure par semaine, c’est une vraie farce. Si elle préfère aller en résidence pour aider sa famille, que le choix lui appartienne.

Les aidants naturels sont oubliés par notre système et j’ai l’intention de les défendre à tout prix, car ils restent souvent dans l’ombre et on ne leur accorde que très peu de reconnaissance. Il y a aussi des infirmiers et infirmières, des préposés et préposées qui, si le système leur permettait, iraient aider les gens à domicile, car ce sont des personnes avec le cœur à la bonne place. Ces personnes doivent également être défendues à tout prix. J’en fais mon mandat.Services Multiblast Inc