Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

ROUYN-NORANDA LA COSMOPOLITE

Chef a domicile

ROUYN-NORANDA LA COSMOPOLITE!
Il est clair dans mon esprit que si la majorité d’une population parle le français et que les activités de la communauté se déroulent majoritairement en français, la minorité ne peut qu’être influencée par cette langue utilisée par presque tous.
Ainsi, les personnes qui parlent uniquement l’anglais se font forcément de plus en plus rares.
C’est la même chose pour les gens dont la langue maternelle est autre que le français et l’anglais.
On sait bien qu’aux débuts de Noranda et Rouyn, une multitude de communautés linguistiques étaient en présence en ces lieux et les gens faisaient avec. D’après ce que j’ai lu sur la question, ce meelting pot était pas désagréable du tout. Même sur le plan des confessionnalités différentes, il y avait entente.
L’isolement de ces populations en pleine forêt et la nécessité pour elles de construire, d’aménager à tout prix afin de ne plus être coupées du monde a peut-être contribué aux bonnes relations.
Je ne dirais pas qu’on se trouvait alors à l’article de la survie, mais il n’en demeure pas moins qu’il fallait tout de même d’abord survivre, puis vivre et ultimement se faciliter la vie le plus possible. Normal! D’où l’importance de se mettre ensemble pour se donner des routes, du transport ferroviaire, du service par avions, du commerce, des biens et services. Tout le monde devait se relever les manches et passer à l’action. Tout était à faire. Et qu’est-ce que ç’a donné?
Quand on regarde Rouyn-Noranda aujourd’hui, je pense qu’on est pas mal bien équipé à tous niveaux. Et le développement continue. Pour les français, pour les anglais, pour tous les Rouynorandiens de toutes langues et bienvenue aux autres Abitibiens et aux Témiscamiens de toutes expressions.
De nos jours, avec les instruments de communications qu’on s’est donnés, je pense qu’il y a possibilité de se débrouiller. Et si des services doivent encore être établis pour permettre l’épanouissement des personnes de tous âges en respectant leur situation, linguistique et autres, hé bien sûrement que ça devrait être possible avec des moyens ciblés.
Personnellement, lorsque je suis allé travailler à Ottawa à l’été 2006, puis à Fredericton à l’été 2010, je n’avais pas bien bien le choix d’opérer juste en anglais. Cette immersion m’a beaucoup permis d’apprendre l’anglais. C’était par la force des choses. Il en est ainsi pour les anglophones de Rouyn-Noranda. Tout se passe tellement en français que, lorsque tu vaques à tes occupations, comme anglo, quand tu vas faire tes petites affaires ici et là, en ville, hé bien, veux, veux pas, tu apprends le français. Les jeunes vivent plus ça que les plus vieux qui sont possiblement moins en contact avec un maximum de monde, comme la jeunesse.
À Montréal, il y a énormément de francos qui parlent les deux langues. Et d’anglos qui sont bilingues. Mais je veux que <<Mont Royal<< soit majoritairement francophone. Cela n’empêche ni les uns ni les autres d’aller faire des incursions où bon leur semble pour avoir du plaisir, être heureux, localement ou ailleurs. Moi, par exemple, j’aime beaucoup aller me promener dans le Nord-Est ontarien comme j’adore explorer mon Abitibi et mon Témiscamingue. J’apprécie aller de temps à autre vers Ottawa d’où on venu, au Témiscamigue, grâce à la rivière Outaouais. Je  »coule » en passant par North Bay ou Matawa, Pembroke, Arnprior, Renfrew, ou Chapeau du côté québécois, Aylmer, Gatineau… Et je veux absolument aller me faire du  »fun » aux Îles-de-la-Madeleine, dans le golfe St-Laurent, avant longtemps. Je suis allé à New York deux fois, au Mississippi, en Caroline du Nord, en Virginie. Mon oncle, ma tante et mon cousin de Toronto, où je suis allé trois fois, se sont payés Paris, France.
Je pense que, plus ça va, plus Rouyn-Noranda devient une ville qui, en raison de sa grosseur et de ce qu’elle offre, fait en sorte qu’elle redevient dans une certaine mesure ce qu’elle était au début: cosmopolite. Et c’est bien tant mieux. La majorité française est tout à fait normale. Comme la plus grande proportion de la population est italienne à Rome ou anglaise à Toronto. Tout est possible peu importe où on se trouve. La Terre nous appartient. Enfin, presque! Ha ha! C’est ce que je pense.
Sur la photo, je me trouve à Place de la citoyenneté et de la coopération. Derrière, c’est l’avenue du Portage. Dans les années 1920, aux débuts de Rouyn et Noranda, c’était un sentier en corduroy (chemin de terre en billots) qui reliait le lac Édouard et le lac Osisko sur les rives desquels il y avait des débarcadères, des quais, pour les départs et les arrivées. Un lien navigable naturel existait entre le lac Édouard et le lac Pelletier. Aujourd’hui, ce sont des ponceaux en dessous de l’avenue Québec. Du côté du lac Osisko, on retrouvait une base d’hydravions. Plus loin, au bout du chemin des Pionniers, un autre débarcadère était installé pour les arrivées par la rivière Kinojévis. Il ne semble pas qu’on utilisait le lac Osisko pour atteindre le coeur de Rouyn.