Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

IL Y A 97 ANS, EDMUND HENRY HORNE DÉCOUVRAIT LA MINE NORANDA

Chef a domicile


Edmund Henry Horne, père de Rouyn-Noranda.

Nord Canada, NorCanada, NoCanada, Nordanada, Nordnada, Nordcana, Nordada, Noranada, Nornada, NorCanda…. Quoi prendre dans toutes ces contractions? Bon, ce sera Norcanda!

Hé bien, finalement, ça n’aura été aucune d’entre elles. Une erreur d’impression, dit-on, a fait en sorte que c’est un nom auquel on n’avait même pas pensé qui est sorti : Noranda!

C’était pour désigner la ville de la compagnie qui exploitait la Mine Horne devenue Mine Noranda.

 »Je ne sais pas si c’est une légende, mais il paraît que l’imprimeur s’était trompé en faisant les entête de lettres et d’enveloppes pour la compagnie minière qui a donné naissance aux villes jumelles. Il aurait oublié le C. La première réaction des intéressés de la mine a été la consternation! », commente le curé Albert Pelletier dans le livre J’ai vu naître et grandir ces jumelles, d’Annette Roger Gauthier.

 »Ce n’est pas ce que nous avons commandé. Nous avons la copie de la commande et c’est bien Norcanda! Nous allons tout retourner ça! », aurait-on déclaré au sein de l’entreprise.

Mais un des officiers a eu le fin mot, selon le curé Pelletier.  »Si le succès de la mine ne dépend que d’un C, retournons le tout, en effet! Toutefois, Noranda sonne bien mieux à l’oreille. On pourrait davantage penser que c’est une ville… comme Granada, en Espagne. C’est mon avis. Mais si vous avez des objections, on peut retourner la paperasse tout de suite! », aurait-il argumenté. Et on a accepté de demeurer avec Noranda.

Le 3 juin 1925, quand le curé Pelletier est arrivé sur les lieux de la mine en empruntant la même route que le découvreur, le prospecteur Edmund Henry Horne ( lac Témiscamingue, lac des Quinze, rivière Outaouais, rivière Kinojévis, lac Routhier, ruisseau Rouyn, lac Rouyn, dans le cas de Horne, peut-être le ruisseau Osisko et lac Osisko), il n’y avait encore aucune ville. Juste une découverte! Horne parcourait le secteur depuis plus de 12 ans. Ça nous amène à 1913. Dans ROUYN-NORANDA, LA NOCE D’OR, 1926-76, on écrit qu’il s’est aventuré sur les bords du lac Osisko pour la première fois en 1911 et est revenu deux autres fois par la suite. Dans L’Abitibi minière, on dit que Horne a mis à jour un gisement minéral contenant de l’or et du cuivre à l’été 1920.

Le curé Pelletier est moins précis. Pour lui, c’est  »un beau jour, il est arrivé là, par un petit ruisseau (sans doute l’Osisko). Il y avait à cet endroit ce qu’on appelle un renversi (un chablis), probablement causé par un ouragan. Près de deux acres de forêt était renversés, laissant le roc presque à nu, sous une légère mousse. De son marteau pointu, Horne a gratté le roc et a découvert du métal brillant. Ne connaissant que le quartz et le schiste bleu, les aurifères, quoi, il a été un peu désappointé. Néanmoins, il a prélevé quelques échantillons qu’il allait faire analyser au retour de son voyage. L’examen a révélé qu’il s’agissait de chalcopyrite contenant 90 % de cuivre à l’état natif, mêlé à de l’or et de l’argent! » Le Tremoy Lake Shore Syndicate devait en être saisi. Des capitalistes et riches financiers, Chadbourne, Thompson, Timmins, s’en sont heureusement mêlés.

Il y a 94 ans, en 1923, les premiers forages au diamant sur le site de la découverte de Horne révèlent un gisement de cuivre majeur et les terrains qu’avait jalonnés le prospecteur Horne deviennent la propriété de la Noranda constituée en corporation en 1922. Cette découverte a produit l’onde de choc décisif qui a fait de l’Abitibi l’un des fronts miniers les plus dynamiques de l’Amérique du Nord. C’est dès lors la ruée vers Noranda et Rouyn, souligne-t-on dans la préface de L’Abitibi minière, de la Société d’histoire et de généalogie de Val-d’Or.Services Multiblast Inc