Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

LE PREMIER BAPTÊME À ROUYN-NORANDA: LE 22 AOÛT 1925

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La première église de Rouyn-Noranda était en toile de coton.

 »J’ai administré mon premier baptême le 22 août 1925. Nous avions obtenu l’assentiment de Mgr Rhéaume, évêque, le 4 juillet précédent, pour  la construction prochaine d’une école-chapelle. »

Tels sont les mots de feu Mgr  Albert Pelletier, prélat domestique, premier curé de Rouyn-Noranda,  en page 103 du livre de feue Annette Roger Gautier intitulé J’ai vu naître et grandir ces jumelles.

 »Par un délicieux après-midi d’été, sous les coups cadencés des avirons, un canot s’avance sur le lac dans la direction de l’église de coton. C’est un compérage qui s’amène. Le premier baptême inscrit au registre paroissial est celui du 15e enfant de Ludger Lafond, venu de Lorrainville après avoir tenté sa chance au lac Rond (Moffet). La maraine est Yvonne Lafond, fille aînée de la famille, le parrain, Arthur Dumulon », fait-il savoir.

De part et d’autre, après la cérémonie, on regrette qu’il n’y ait pas de cloche pour annoncer l’événement à la population. Qu’à cela ne tienne, l’embarcation a quitté le rivage et l’écho a porté bien loin les vibrations argentines d’une lourde pince-monseigneur pendue à un arbre, faisant office de cloche, et frappée, à coups réguliers, par un simple marteau de charpentier.

Habituellement, à la visite d’un évêque, il y a cérémonie de confirmation des enfants. Mais n’ayant pas d’école, ils n’avaient pu être préparés à recevoir ce sacrement. Ils allaient l’être l’année suivante. Au moins, en attendant, il y avait eu confirmation… que la construction du bâtiment scolaire et religieux allait pouvoir se faire, la permission étant donnée pour cet édifice rêvé. Et cela constituait pour l’abbé Pelletier son entrée en fonction dans son mandat de curé.

PREMIER MARIAGE

Mgr Pelletier a aussi béni son  premier mariage le 23 septembre suivant. Une histoire rustique et très couleur locale. C’était celui de Marie-Anne Marleau et Napoléon Clermont. Un ami du curé, aviateur, avait apporté de la bijouterie Nyles, de Haileybury, un choix de joncs de la même grandeur que la bague confiée au préalable pour la mesure. Aucun bijoutier n’était encore installé ni à Rouyn ni à Noranda.

Marie-Anne et Napoléon se sont donc présentés au temple pour accomplir la célébration eucharistique et le rite qui allaient les consacrer comme épouse et mari. Une chorale, aux accords d’un harmonium, a exécuté les cantiques appropriés. Des touffes de fougères mêlées à des nénuphars du lac Osisko ornaient l’autel et le sanctuaire, peut-on lire.

Après la cérémonie, le couple et son cortège nuptial ont pris le chemin en corderoy (l’avenue du Portage), non sans avoir cassé au passage quelques branches feuillues pour éloigner les maringouins. Puis le groupe est disparu derrière les bouleaux…

 »Un conte de fée à la mesure de l’époque, quoi! », s’entendent à conclure Mgr Pelletier et celle qui a colligé ces anecdotes savoureuses.