Jean Bottari

Jean Bottari est préposé aux bénéficiaires depuis 30 ans dans un centre de réadaptation physique. Il a aussi été impliqué dans le monde syndical au sein d’une organisation qui représente majoritairement des personnes œuvrant en santé. Avec ces deux emplois, Jean a donc été en mesure de constater à quel point notre réseau de la santé et notre gouvernement – tous partis confondus – n’accordent pas ou peu d’importance aux sort réservé aux aînés vivant en CHSLD ou en résidence privée, et ce malgré leurs promesses. Des dizaines de ses lettres d’opinions ont été publiées dans divers journaux.

Vers la privatisation du Réseau de la santé?

Chef a domicile


Jean Bottari

Les super cliniques gérées par le privé. La privatisation des soins à domicile. Les lits loués à fort prix au privé par les CHSLD publics. Voici, quelques exemples qui nous laissent croire que le secteur privé s’accapare de plus en plus de place dans le Réseau public de santé. Ma conjointe et moi avons justement vécu une expérience à l’hôpital Santa-Cabrini qui semble renforcer la thèse voulant que le privé prenne de plus en plus de place.

Après avoir subi une chirurgie du genou à l’hôpital Santa-Cabrini qui s’est bien déroulée car les chirurgiens, l’anesthésiste ainsi que le personnel soignant ont démontré à quel point ils sont professionnels, empathiques et humains, l’infirmière lui explique ce qu’elle devra faire suivant cette chirurgie. Parmi les consignes, on lui mentionne qu’il est important qu’elle puisse avoir des traitements de physiothérapie le plus tôt possible. Or, nous lui demandons si ces importants traitements seront donnés à l’hôpital même où la chirurgie fut subie.

Nous avons été stupéfaits par la réponse : « ‘ L’hôpital donne, les traitements de physiothérapie UNIQUEMENT aux patients ayant été opérés dans l’établissement mais qui sont hospitalisés. Nous pouvons demander les traitements, mais les délais sont très, très longs. » nous a dit l’infirmière qui n’est que la messagère du système pensé par des bureaucrates. C’est donc dire que le réseau de santé publique discrimine entre le patient hospitalisé et celui qui séjourne à la chirurgie d’un jour. Ce dernier devra débourser 60 $ ou plus par traitement, tandis que celui qui  » couche  » à l’hôpital ne serait-ce qu’une seule nuit, recevra ses 10, 20, 30 traitements ou plus aux frais de l’État. Comprenez-vous la logique de cette façon de faire? Moi non si ce n’est qu’une façon détournée pour les CISSS et CIUSSS de ce monde de faire des économies sur le dos de leurs patients. Je me demande bien ce que pense le docteur Barrette de ces deux poids deux mesures.