Pierre Frigon
Depuis plus de vingt ans dans le monde des communications, il a entre autre été animateur, journaliste, relationniste et plus récemment coordonnateur des communications pour une ressources minière. Passionné de l’information il se joint à l’équipe de 10-04 MEDIA en tant que blogueur.

La grève des (FROS) en quatre cents mots






Quatre-vingt-trois ans se sont écoulés depuis le premier conflit de travail de l’histoire minière régionale. À l’époque et même aujourd’hui, les francophones de Rouyn-Noranda l’appellent la grève des ‘’Fros’’, diminutif du mot anglophone foreigners qui signifie étrangers dans le sens d’immigrants. C’était en 1934 à peine une dizaine d’années après que le néo-écossais explorateur Edmund Horne ait découvert ce qui allait devenir la pierre angulaire du développement des villes sœurs.

Le pourquoi

Fin des années vingt, c’est la fameuse crise de 29, fait marquant de l’histoire économique mondiale et la région comme les mines n’y échappent pas. Mais contrairement  aux autres compagnies minières qui doivent ralentir et même cesser leur production, la Noranda poursuit ses activités  et ce malgré le contexte économique peut favorable.

Donc, pour cette dernière, la main d’œuvre est plus qu’abondante et les exigences face à ses travailleurs sont sans limites logiques, sans conditions humainement acceptables.  Les travailleurs miniers de la ‘’Noranda’’ sont faiblement rémunérés, leurs heures de travail quotidiennes beaucoup trop longue et la cage  (ascenseur pour descendre sous terre) ne remonte pas les hommes comme elle le devrait à cinq heure mais  beaucoup plus tard. Les travailleurs sous terre sont alors en quelques sortes forcés de travailler 10 et même 12 heures par jour.

De plus, les galeries sont de véritables tunnels creusés à quelques centaines de mètres sous la surface ou l’humidité est reine, la chaleur accablante (surtout en profondeur) et ou l’air qu’on y respire peut s’avérer nocive pour la santé des mineurs.

Le début d’un conflit historique

Printemps 1934, la tension est à son comble entre le représentant patronal et gérant général de la mine H.L. Roscoe et les employés de la Noranda Mines Compagny Ltd. Pendant près de cinq ans les travailleurs sous terre passent jusqu’à 10 heures dans les galeries, sans jamais voir,  plus de six mois par année, la lumière du jour.

Finalement, les mineurs brisés, fatigués, malades dans bien des cas, surexploités et menés par un syndicat quasi clandestin,  décident  par un matin de juin  1934  de ne pas descendre dans la cage maudite pour leur long, très long quart de travail dans les galeries souterraines.  Les ‘’Fros’’,  près de 300 des 1300 travailleurs de la Noranda, pour la plupart des immigrants, sont en grève. Ceci représentera pour l’Abitibi-Témiscamingue la première tentative de syndicalisation des travailleurs miniers.

Sources :

www.ville.rouyn-noranda.qc.ca

http://www.pmlq.qc.ca/ChantierPolitique2014/CP02101.HTM

http://ici.radio-canada.ca/regions/abitibi/2014/06/13/001-greve-fros-80-ans.shtml

Benoit-Beaudry Gourd