Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

La baie Caron est un lac comme la baie d’Hudson est une mer !

Chef a domicile


La baie Caron est en fait un lac très allongé.

L’Amérique du Nord nous confronte à des réalités tellement grandioses qu’on y appelle une mer une baie et cette réalité est également présente quand on focalise sur du plus petit, par exemple un lac de grandeur assez respectable merci, branché à une rivière, qu’on appelle malgré tout une baie. Trouvez l’erreur.

Par Ghislain Loiselle

La baie d’Hudson est une mer, parce que l’eau y est salée, branchée qu’elle est à l’océan Arctique. Et ce plan d’eau est tellement vaste… On ne peut pas vraiment dire la mer baie d’Hudson. Plusieurs reproduisent le nom utilisé jadis. D’autres, comme la sommité Louis-Edmond Hamelin, ne se gêne pas pour appeler un chat un chat et utilise le terme exact comme géographe, la mer d’Hudson.

À Rouyn-Noranda, Abitibi, Québec, on retrouve un lac de 20 kilomètres de long par 0,7  kilomètres de largeur en moyenne. On lui donne le nom de baie, la baie Caron. Cela ne l’empêche pas d’être un lac. D’autant plus que trois plans d’eau beaucoup plus petits et qui constituent des élargissements de la rivière Kinojévis sont désignés comme étant des lacs. Je parle du lac Routhier, du lac Vallet et du lac Kinojévis. La « baie Caron » est directement branchée sur ce même cours d’eau, mais n’en constitue pas un élargissement. Ce lac se lance même dans une autre direction. On n’a qu’à examiner une carte topographique pour s’en convaincre. Le « lac baie Caron » (ça ne se dit pas très bien hein?!) a une telle longueur que moins de 10 kilomètres au sud de son extrémité, on débouche dans le Témiscamingue.

Les deux artères publiques permettant d’atteindre la baie Caron sont le rang de St-Agnès (pour y accéder, on tourne à gauche au coeur du village de Bellecombe), au bout duquel on retrouve un débarcadère (public), et le rang du Quai, dans le hameau de St-Rock (pour le rejoindre, on continue tout droit dans le coeur du village de Bellecombe). Il y a aussi le rang de la Marina (camping, accès, services). Les autres chemins desservent des propriétés privées situées sur la rive ouest de ce lac réputé être très profond.

La rivière Thiballier et le ruisseau Mercier se jettent dans la baie Caron. Un ruisseau sans nom sort d’une vallée, plus au sud, pour se déverser dans la baie.

Tout le long de ce lac, on retrouve des escarpements rocheux de plus de 1000 pieds de hauteur du côté est. Et ceux en particulier se trouvant au sud donnent lieu à des formations de glace spectaculaires qu’on appelle orgues de glace, en raison de leur ressemblance avec les tuyères de grandes orgues qu’on retrouve dans certaines cathédrales et églises. La glace se comportant comme la roche sédimentaire, ainsi qu’on l’apprend en géologie, on peut appeler ces impressionnants glaçons stalactites. Au nord de la baie Caron, toujours du côté est, deux collines plus isolées sont bien visibles en bateau et depuis les résidences et chalets. Elles sont hautes de plus de 1000 pieds, comme les autres structures rocheuses formant des falaises belles à regarder plus au Sud. Il y a une île et un îlot se trouvant côte à côte, dans ce lac, au terme du premier tiers d’un parcours vers le Sud-Ouest.

Précisons que c’est immédiatement après la baie Caron que la rivière Kinojévis connaît un important rétrécissement qui est la cause de l’élévation de toute l’eau qui se trouve en amont (lac Beauchastel, lac Bruyère, lac Vallet, lac Kinojévis, lac Routhier, etc.). Car cet amincissement du cours d’eau crée ce qu’on appelle un goulot d’étranglement, un peu comme l’extrémité fine d’un entonnoir. On peut très bien voir les marques laissées par l’eau calcaire et glaiseuse sur les rochers, quand on navigue sur la rivière Kinojévis. On constate alors que l’eau monte très haut dans les environs de la baie Caron.