Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

On entend l’hymne Ô Canada sur le lac Routhier (rivière Kinojévis)

Chef a domicile


À ce qu’il paraît, si on tend bien l’oreille en naviguant sur le lac Routhier, à cinq kilomètres au nord-est du coeur de Rouyn-Noranda, on peut entendre le Ô Canada !

La rumeur tient probablement du fait que le nom qu’on a donné à cet élargissement de la rivière Kinojévis est celui de l’auteur des paroles de l’hymne national du Canada.

Cette nappe d’eau, qui a également été connue sous le nom de lac Croche (et nom Rush comme je l’ai déjà lu), à cause de sa forme angulaire rappelant une chaussette, rend effectivement honneur à Adolphe-Basile Routhier, avocat, poète, dramaturge, essayiste et juge. Il a composé son hymne en 1880. Vingt-quatre ans plus tard, en 1904, il était nommé juge en chef de la Cour supérieure du Québec. Il a administré la province l’année suivante (1905) en raison de l’absence du lieutenant-gouverneur Louis-Amable Jetté.

M. Routhier, né à St-Placide en 1839, est décédé à Québec en 1920.

Le toponyme lac Routhier apparaît dans le Dictionnaire des rivières et lacs de la province de Québec en 1925. Ce plan d’eau situé à la latitude 48 degrés, 14 minutes et 26 secondes Nord occupe une superficie de 1,8 kilomètre carré. Le lac Dufault, source d’eau potable (filtrée et traitée dans une usine sur la 9e Rue) de la zone urbaine centrale de Rouyn-Noranda, se déverse dans ce lac-rivière par le ruisseau Dufault. Même chose pour les lacs Osisko et Rouyn, mais ceux là par le ruisseau Rouyn. Bordé par un marais qui constitue une aire pour la sauvagine, les mammifères semi-aquatiques et le grand brochet, ce lac était le passage obligé dans les premières années de la ville pour qui voulait rejoindre le coeur de Rouyn et de Noranda ou quitter ces villes jumelles pour gagner l’Abitibi ou le sud du Témiscamingue. Il n’y avait pas de voie de communication terrestre, à l’époque, si ce n’est les sentiers des coureurs des bois. Le lac Routhier, c’était en effet la rivière Kinojévis, la grand route route liquide régionale, à l’époque.

Calixa Lavallée

À propos de l’hymne national canadien, qu’on pourra spécialement entonner le 1er juillet, dans quelques semaines donc, à l’occasion de la fête du Canada et du 150e anniversaire de la confédération, si les paroles ont été écrites par M. Routhier, la musique, elle, est de Calixa Lavallée (1842-1891). Né à Verchères, il était pianiste et violoniste précoce. Lauréat d’un concours international de musique instrumentale tenu aux États-Unis d’Amérique, il a fait une tournée brillante de concerts dans les deux Amériques, puis s’est perfectionné à Paris de 1873 à 1875, y étudiant en particulier la composition. De retour à Québec, il est notamment devenu organiste à l’église St-Patrick. C’est là que des amis l’ont incité à écrire les notes sur le poème de M. Routhier (Ô Canada). L’hymne a spontanément été adopté par les Canadiens français. Un siècle plus tard, en 1980, l’hymne était officiellement adopté pour tout le Canada avec, pour la version anglaise, un nouveau poème composé, lui, par le juge Robert Stanley Weir.

Source : Commission de toponymie du Québec.