Consultation sur le racisme systémique

Chef a domicile


Jean Bottari

Étant d’origine italienne, j’ai été victime de racisme durant toute ma jeunesse. On me traitait de WOPS, sans même que je sache que cela était l’abréviation pour  »Without Official Papers » ou sans papiers officiels. On me criait aussi de retourner chez moi. Je suis né au Québec! À 6 ou 7 ans je me demandais bien pourquoi on me répétait sans cesse de retourner chez moi. Ils voulaient évidemment que je m’en  »retourne » en Italie.

Pour eux, mon père était un voleur de job. Ils ne savaient pas que mes parents sont arrivés ici avec quelques dollars en poche et une grande malle en osier. C’était là leur seule possession. Mon père a travaillé fort toute sa vie. Il fabriquait des statues et des bustes en plâtre. Des décorations qui connaissaient une grande popularité à l’époque. Que dire aussi des Grecs, des Chinois, des Noirs et j’en passe? N’ont-ils pas été eux aussi victimes de racisme et d’injures de toutes sortes?

Certains d’entre eux le sont encore de nos jours. Pourquoi tout à coup, sinon par opportunisme, faut-il absolument tenir une consultation sur ce qu’ils ont nommé le racisme systémique? Doit-on, en tant que citoyens, se demander si le fait que les musulmans, en moins grand nombre que les italiens de l’époque, se disant victimes de ce soi-disant racisme, ont inspiré le gouvernement Couillard à tenir une telle mascarade? Il est vrai que les temps ont changé. Tout, aujourd’hui, doit être beau, bien ficelé et aseptisé de façon à n’insulter personne.

Une blague en est toujours une de trop. Écrivez un statut portant sur la religion ou la politique sur les réseaux sociaux et vous verrez à quel point nous sommes devenus comme les  »bons » gouvernements qui veulent plaire à tous, mais qui, en bout de ligne, ne gouvernent plus pour la collectivité. Ils gouvernent pour plaire à des minorités afin d’être réélus encore et encore. La collectivité n’a plus aucune importance à leurs yeux. Et puis, les consultations, ça donne bonne conscience aux élus qui ne savent que faire avec les patates chaudes.  »Consultons le bon peuple et ensuite on pourra s’en laver les mains », disent-ils probablement.