Samuel Fillion-Doiron

Étudiant en Enseignement de l’univers social et de l’éthique et culture religieuse au secondaire, vice-président régional de la Capitale Nationale et de Chaudière-Appalaches au Parti conservateur du Québec.

Le bannissement des pitbulls : une décision émotionnelle

Je vais vous avouer quelque chose, j’ai peur des chiens. Quand je marche dans la rue et que j’aperçois un chien, je m’éloigne de quelques pas pour être sûr de ne pas être à portée de laisse. Pourtant, malgré cela, je suis opposé au projet de loi 128 dans sa forme actuelle et plus particulièrement au bannissement des pitbulls ou de toute autre race de chien.

Le problème de ce dossier est le même qu’avec le registre des armes à feu. À des fins électorales, pour essayer d’aller chercher des votes et pour apporter un faux sentiment de sécurité, le gouvernement passe une loi pour faire plaisir à ceux qui ont peur des chiens ou qui ont subi des morsures.

Soyons francs, si j’étais avec des amis autour d’un feu à raconter des histoires de monstres, les chiens ne seraient pas mon premier choix d’antagoniste. Il faut arrêter de se faire peur avec des animaux, car le véritable problème est à l’autre bout de la laisse.

Il faut donc arrêter de gérer ce dossier de façon émotionnelle pour faire plaisir à un petit groupe de gens. Les maîtres sont les seuls véritables responsables de leur chien et c’est envers eux qu’il faut agir. Un maître irresponsable le sera autant avec un pitbull qu’avec un golden retriever ou un labrador et c’est pour ça que bannir une race de chien ne fera qu’encourager les mauvais maîtres à se tourner vers une autre race.

Pourquoi ne pas instaurer des permis de possession de chiens potentiellement dangereux?

J’y avais pensé, mais lorsque j’ai discuté avec une personne de « Protection Pitbulls », elle m’a fait remarquer que les chiens du Québec sont généralement des bâtards et que cela ouvrirait une porte très grande à la recherche de gènes perdus au fin fond des abysses de l’ADN. En bref, il faudrait éventuellement un permis pour avoir un chien (au Québec ce ne serait même pas surprenant).

Ce serait quoi la solution alors?

Encadrer les naissances des chiens ne serait pas une mauvaise idée, car la plupart des chiots qui naissent deviennent malades ou meurent en raison du manque d’expérience des maîtres. La stérilisation obligatoire ainsi que des lieux où cela peut se faire à prix modeste (avec de la qualité) n’est pas une mauvaise idée et cela permettrait d’éviter les morts de chiots inutiles. Laisser les éleveurs certifiés assurer le contrôle des naissances ainsi que l’élevage des chiens pourrait diminuer les risques de morsures pour tous les chiens.

Et la muselière elle?

Ce n’est qu’une solution facile qui peut avoir des effets négatifs sur le chien. Par ailleurs, la plupart des histoires de morsures vont se dérouler dans la maison, là où le chien ne porte pas sa muselière. Imposer cela ne protégerait que contre moins de 50% des morsures. N’oubliez pas non plus qu’un chien est comme un membre de la famille et qu’un maître connaît bien son chien et lui fait confiance, alors pourquoi il lui mettrait une muselière à l’intérieur?

En ce moment, seuls le Parti vert et le Parti conservateur du Québec se sont opposés au projet de loi 128 et je vous invite à considérer cela lors des prochaines élections.

Oui vous avez bien lu, les partis qui s’opposent à cela ne sont même pas à l’Assemblée nationale qui doit supposément vous représenter…