Samuel Fillion Doiron

Étudiant en Enseignement de l’univers social et de l’éthique et culture religieuse au secondaire, vice-président régional de la Capitale Nationale et de Chaudière-Appalaches au Parti conservateur du Québec.

Quand tu paies pour le dehors

Chef a domicile


Ceux qui me lisent depuis un certain temps savent que j’ai toujours défendu le fait que les religions avaient encore droit à une certaine place, celle que chaque individu veut bien lui accorder dans le cadre de sa vie privée. Je ne vous cacherai donc pas que lorsque j’ai vu la nouvelle disant que le cimetière musulman de Saint-Apollinaire avait été rejeté par référendum, j’ai été déçu, d’autant plus que j’aurais voté « oui » si j’avais eu le droit de vote. L’endroit était peut-être mal choisi, mais je ne suis pas en position de juger de cela.

Toutefois, je dois admettre que ce qui m’a le plus fasciné dans ce débat était la question de la liberté. Est-ce que le vote par référendum est une dictature des voisins ou un symbole de la démocratie? Est-ce que le droit collectif doit passer avant le droit de la personne de payer de ses poches un terrain et d’en faire ce qu’elle veut? Bref, où s’arrête la liberté?

Pour la plupart des gens de droite, la propriété privée est sacrée. John Locke en faisait d’ailleurs l’un de ses chevaux de bataille et je ne vous cacherai pas que j’ai tendance à être d’accord avec lui. Par contre, j’essaie toujours de ne pas tomber dans l’extrême, car même s’il est facile de dire que notre liberté s’arrête où celle des voisins commence, il faut savoir où concrètement.

Au début de cette histoire, je me disais qu’il n’y aurait pas dû avoir de référendum sur cette question, car le propriétaire du terrain devait être libre de faire ce qu’il veut, mais à force d’y réfléchir j’en suis venu à une autre conclusion.

Lorsque vous cherchez un appartement à Québec, vous remarquerez que, d’un quartier à l’autre, d’un endroit à l’autre, les prix varient. Pourtant, beaucoup d’appartements sont de qualité similaire, mais le prix des loyers change… pourquoi? Simplement parce que l’on paie pour ce qu’il y a à l’extérieur : la proximité des services, du centre-ville, des autobus, la vue sur un bel horizon ou encore la richesse du quartier. Certains diront que c’est simplement une question de marché, mais n’importe qui ayant déjà suivi un cours d’économie sait que le marché n’est pas une entité indépendante et qu’il y a des facteurs autres que l’offre et la demande qui peuvent l’influencer.

Où est-ce que tu t’en vas avec ça, mon Sam?

C’est simple, tant que je paierai pour ce qu’il y a à l’extérieur de mon foyer et que cela affectera le loyer et les taxes municipales, je considère légitime de me faire demander ce que je veux avoir dans mon voisinage. Si je ne payais que pour ce qu’il y a dans mon chez-moi, je n’aurais pas un seul mot à dire, mais le marché fonctionne autrement. Si vous voulez m’enlever le droit de m’exprimer, baissez mes taxes et mon loyer au plus sacrant et je ne dirai plus un seul mot.

Dernière chose, il y en a qui ont dit que nous avons eu un bel exemple du pourquoi il faut abolir les référendums municipaux et qui ont ressorti le qualificatif de « dictature des voisins ». La dictature d’un seul homme ou d’un gouvernement est-elle meilleure? Comme je l’ai dit dans l’une des mes dernières chroniques, trouvez-moi une option de rechange qui ait du sens et je serai ouvert; autrement, ne touchez pas à ma liberté d’expression et à mon droit démocratique.