Karine Melançon

Étudiante en littérature à l’Université de Montréal, elle travaille depuis plusieurs années comme conseillère linguistique et traductrice. Elle travaille également dans le monde du spectacle, notamment en danse et en théâtre. Ses deux passions principales : l’écriture et les animaux. Elle accorde d’ailleurs beaucoup d’importance à la condition des animaux au Québec. Ses chats Dexter et Nirvana sont au centre de sa vie et l’inspirent grandement dans ses projets d’écriture.

Un organisme qui vient en aide aux camionneurs victimes de tragédies routières

10-04 MÉDIA Archive

Patrick Forgues souffre du syndrome du stress post-traumatique depuis qu’un homme s’est jeté devant le poids lourd qu’il conduisait, en 2013. C’est suite à cet événement que monsieur Forgues et sa conjointe, Kareen Lapointe, ont décidé de venir en aide aux camionneurs et à leur famille ayant vécu un événement semblable.

Patrick Forgues et sa conjointe, Kareen Lapointe

L’absence de ressources crée une nécessité

Après l’accident de monsieur Forgues, lui et sa conjointe ont été forcés de constater qu’il y avait très peu d’outils pour venir en aide aux camionneurs ayant vécu une telle tragédie. Ils se sont tournés vers plusieurs organismes ainsi que vers la CNESST afin de demander de l’aide, ce qui s’est avéré peu concluant. Ils ont donc décidé de créer une page Facebook afin d’apporter du soutien aux victimes ainsi que de faire circuler de l’information sur le syndrome de stress post-traumatique, encore très méconnu aujourd’hui. Finalement, en février 2017, SSPT chez les camionneurs est officiellement devenu un organisme sans but lucratif.

L’importance d’agir rapidement

L’organisme cherche principalement à instaurer un plan d’intervention rapide, ce qui implique de déterminer le grade du syndrome (de léger à sévère) pour ensuite développer une intervention adéquate et adaptée. « On veut conscientiser les gens à l’importance d’avoir une bonne intervention rapide, affirme monsieur Forgues. On vise un délai de 48 heures entre le moment où l’événement se produit et le moment où le dossier est pris en charge par des intervenants. Il a été prouvé qu’avec une intervention rapide, on est capables de ralentir les symptômes. Pour l’instant, on a 17 psychothérapeutes à travers la province. C’est certain que ça prend du monde qualifié un peu partout si on veut s’assurer que l’intervention se fasse rapidement. »

L’organisme intervient non seulement auprès des camionneurs, mais aussi auprès des proches de ceux-ci qui, souvent, ont aussi besoin d’aide. « La plupart du temps, c’est la famille ou l’employeur qui appelle pour demander de l’aide. Souvent, les camionneurs qui ont vécu un événement traumatisant ne veulent pas en parler. Ce n’est qu’après qu’un de leurs proches ait demandé de l’aide qu’ils acceptent d’embarquer dans le processus. »

Lorsque ce ne sont pas les proches qui demandent de l’aide, monsieur Forgues et madame Lapointe contactent directement les victimes. « On a l’appui du contrôle routier qui nous donnent des informations sur des accidents qui se passent sur la route : qui était au volant, ce qui s’est passé, etc. Ainsi, ça nous permet de pouvoir ensuite intervenir directement auprès des camionneurs et de leur famille. »

Le syndrome de stress post-traumatique

La gravité d’un syndrome de stress post-traumatique n’est pas déterminée seulement par la gravité de l’événement vécu; c’est plutôt la réaction de la personne ayant vécu l’événement qui détermine le degré d’intensité du SSPT. Ainsi, deux personnes ayant vécu le même événement traumatisant ne réagiront pas de la même façon et n’auront pas nécessairement les mêmes symptômes. « Mon post-trauma à moi est jugé comme étant très sévère, nous indique monsieur Forgues. Encore aujourd’hui, malgré que j’aie vu une amélioration, je reste avec beaucoup de symptômes : flashbacks, crises de panique plusieurs fois par jour, etc. […] C’est fini pour moi, le métier de camionneur. En fait, camionneur, c’est plus qu’un métier, c’est une passion. Donc, c’est certain que c’est un deuil à faire. Mais c’est pour la sécurité publique; on est vraiment dangereux quand on est en post-trauma. »

Établir un protocole

Un des principaux objectifs à long terme de SSPT chez les camionneurs était d’établir un protocole obligatoire à suivre lorsqu’un incident survient sur la route, comme ceux qui existent déjà pour les militaires et les premiers répondants. Monsieur Forgues et madame Lapointe ont rencontré la Ministre du travail il y a deux semaines afin de lui faire part de leurs recommandations. Suite à cette rencontre, il a été convenu qu’un protocole  d’intervention officiel sera élaboré dans les prochains mois.

 

Pour plus d’informations

Site Internet : ssptchezlescamionneurs.wordpress.com

Page Facebook : https://www.facebook.com/SSPTcamionneurs/