Karine Melançon

Étudiante en littérature à l’Université de Montréal, elle travaille depuis plusieurs années comme conseillère linguistique et traductrice. Elle travaille également dans le monde du spectacle, notamment en danse et en théâtre. Ses deux passions principales : l’écriture et les animaux. Elle accorde d’ailleurs beaucoup d’importance à la condition des animaux au Québec. Ses chats Dexter et Nirvana sont au centre de sa vie et l’inspirent grandement dans ses projets d’écriture.

Une autre araignée dans un sac de raisins

Alors qu’une Rouynorandienne avait trouvé une araignée dans ses raisins il y a deux semaines à peine, c’est maintenant au tour d’une résidente de Berry, près d’Amos, d’avoir la même mauvaise surprise en lavant les siens.

Le 4 juillet, vers 7h30 du matin, Véronique Verreault a lavé ses raisins achetés la veille. Lorsqu’elle a aperçu une toile d’araignée à travers la grappe, elle a ressenti le besoin de les laver une deuxième fois. Ce n’est que quelques minutes plus tard qu’elle a aperçu l’araignée sur ses raisins.

« Je n’ai pas paniqué j’ai simplement fait entrer l’araignée dans un pot Mason. C’est lorsque j’ai retourné le pot que j’ai aperçu le fameux sablier rouge. On a contacté Tommy St-Laurent du Labyrinthe des insectes pour savoir quelle espèce c’était et il nous a confirmé que c’était bel et bien la Latrodectus mactans, la fameuse veuve noire. »

Par la suite, madame Verreault a contacté l’épicerie où elle avait acheté ses raisins ainsi que le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) pour les informer de la situation. Elle a ensuite été porter l’araignée à Tommy St-Laurent afin qu’il puisse la naturaliser et l’exposer au Labyrinthe des insectes.

 

Démystifier la veuve noire

Tommy St-Laurent, fondateur du Labyrinthe des insecte et spécialiste des arthropodes, a fait une vidéo en direct sur Facebook, hier soir, afin d’informer les gens sur la veuve noire. Selon lui, cette araignée est beaucoup moins dangereuse que ce que la population peut penser.

« On est victimes de l’effet des films d’horreur, explique-t-il dans sa vidéo. C’est très triste, car les films d’horreur apportent une espèce de peur collective dans la tête des gens qui se [privent] de pouvoir s’épanouir et de découvrir ce monde fascinant. »

On ne retrouve pas la veuve noire à l’état naturel, au Canada. Ce spécimen se retrouve principalement dans le sud des États-Unis, au Mexique ainsi qu’en Amérique centrale et en Amérique du Sud.

La veuve noire n’est pas aussi intimidante qu’on pourrait le croire. En effet, c’est une petite araignée noire qui n’est pas plus grosse qu’une pièce de 1 dollar, et elle ressemble beaucoup aux araignées qu’on retrouve ici. Elle se distingue par le sablier rouge qu’on peut apercevoir sur le dessous de son abdomen.

 

Une morsure peu fréquente et rarement mortelle

Dans sa vidéo, monsieur St-Laurent précise que les cas de morsures de veuves noires sont très rares.

« Ce n’est pas une araignée qui court après les humains pour les mordre. Elle est très peu agressive. Elle est très impressionnée par les humains parce qu'[on est] des géants pour elle. Alors souvent elle va essayer de [s’enfuir] au plus vite parce qu’elle a peur. Les cas de morsure avec les veuves noires vont se produire si elles sont prises sous vos vêtements ou sur la peau ou écrasées contre vous. À ce moment-là, ce sera simplement une réaction d’autodéfense. »

Monsieur St-Laurent fait aussi la distinction entre « venimeux » et « mortel ».

« Les gens véhiculent de fausses informations concernant les araignées. Les araignées sont effectivement venimeuses, mais ce n’est pas une raison pour avoir peur. Venimeux et mortel, ce sont deux mots complètement différents. Vous côtoyez tous les jours des abeilles et des guêpes et ce sont des spécimens venimeux. […] Il n’y a aucune araignée qui est vraiment mortelle. On va retrouver certains scorpions qui ont des venins très forts; on va retrouver certains serpents qui ont des venins mortels; mais chez les araignées, ce n’est pas le cas. »

Le fondateur du Labyrinthe des insectes invite les gens à faire preuve de jugement et à s’informer auprès de sources fiables avant de s’inquiéter. Selon ses explications, moins de 1% des morsures de veuves noires entraînent la mort et, dans ces cas, ce n’est pas le venin qui en est directement la cause; la mort est plutôt causée par des complications liées au venin (comme une allergie, par exemple).

Ceci dit, il est important de nuancer; les conséquences peuvent être plus graves chez les enfants ou chez les personnes qui souffrent déjà de problèmes de santé, car ils sont plus à risque de développer des complications. Ainsi, il faut demeurer vigilants.

 

Que faire en cas de morsure ?

La veuve noire libère dans son venin des neurotransmetteurs qui peuvent attaquer le système nerveux de l’humain. Cela peut entraîner des spasmes, des réactions nerveuses, des nausées, des vomissements, une transpiration abondante, etc. En général, chez une personne en santé, ces symptômes disparaissent en moins de 48 heures.

Dans un cas de morsure par une veuve noire, ou ce qui semble l’être, monsieur St-Laurent conseille d’appeler le centre antipoison plutôt que de contacter directement l’hôpital.

« Si vous appelez à l’hôpital, ça se peut qu’ils ne savent pas quoi faire. Si vous contactez le centre antipoison, eux vont contacter l’hôpital pour les mettre en lien avec des antivenins nécessaires pour vous traiter. […] Ensuite, à l’hôpital, ils vont vous donner ce qu’il faut pour ralentir l’effet du poison. »

Monsieur St-Laurent précise aussi l’importance de collecter le spécimen d’araignée qui a mordu afin de pouvoir l’identifier et ainsi trouver le bon antipoison.

Si un enfant ou une personne ayant des problèmes de santé connus est mordu par une veuve noire, il est important d’agir rapidement pour s’assurer qu’il n’y ait pas de complications.