Olivier Kaestlé
Diplômé d'un baccalauréat en littérature française (Université du Québec à Trois-Rivières) et d'un certificat en journalisme (Université Laval), Olivier Kaestlé a commencé à s'exprimer dès 2006 dans les tribunes d'opinion sur une pléthore de sujets. C'est en créant son blogue qu'il a choisi de se consacrer presque exclusivement, dans une optique de préservation des valeurs d'égalité homme femme - dont nous nous targuons, au Québec -, à la défense de la cause des hommes, et à la dénonciation des injustices et iniquités vécues par les hommes et les garçons, tout en se vouant à la lutte à l'intégrisme religieux, qui menace de plus en plus les femmes et les filles ayant la chance de vivre selon des valeurs civilisées leur permettant de se réaliser librement et pleinement.

71 % des victimes autochtones de meurtre ou de disparition sont… des hommes !







Laissés pour compte, parce que du mauvais sexe...

… Et on s’en bat les flancs, comme le révélait en 2015 un blogueur spécialiste des questions autochtones, monsieur Mônijâw, cité dans un article pour le moins remarquable et troublant d’Adam Jones, du National Post : « Les hommes autochtones sont plus fréquemment assassinés, en comparaison de tous les autres groupes, et leurs homicides sont rarement résolus. Et vous pouvez même déclarer publiquement, si vous êtes officier de police, que vous vous en fichez, parce que personne ne se soucie d’eux. »

À l’opposé, alors que l’on voit dans les femmes autochtones des victimes de notre indifférence sociétale, 88 % des homicides commis sur leur personne ont été résolus, en comparaison de 89 % pour les femmes non autochtones. Voilà qui met à mal un mythe très cher à notre gauche militante. Étrangement, il n’existe aucune statistique sur le taux de résolution de meurtres concernant les hommes autochtones. C’est comme s’ils n’existaient pas. « Mais si l’on considère que 83 % des homicides non résolus touchent surtout des victimes masculines, nous pouvons conclure que le taux de résolution des meurtres d’hommes autochtones est significativement bas, » d’ajouter monsieur Mônijâw. Ces réalités, notre gauche militante s’essuie avec…

Des chiffres qui ne sautent pas aux yeux…

Tout comme il est difficile d’obtenir des statistiques sur la répartition selon le sexe des auteurs de meurtres d’enfants sans rémunérer Statistique Canada, les données sur les homicides d’hommes autochtones semblent demander des recherches particulières, comme le souligne implicitement Adam Jones :

« Selon des données de Statistique Canada, compilées par ma recherchiste Penny Handley, environ 2 500 Canadiens autochtones ont été assassinés au Canada entre 1982 et 2011, sur un total de 15 000 victimes canadiennes. De ces 2 500 personnes, 71 %, soit 1 750 victimes, étaient de sexe masculin, 745, de sexe féminin, et une autre, « de genre indéterminé ». Signalons que le taux d’homicide sur les hommes autochtones avoisine celui de 72,5 % des hommes non autochtones révélé par Statistique Canada.

La disparition… des disparus

Le journaliste ne manque pas d’exprimer son indignation devant une nouvelle absence de statistiques, qui touche cette fois les cas de disparition des hommes autochtones : « En ce qui concerne les disparus, l’absence de statistiques représente une choquante désertion d’au moins l’une de nos institutions publiques, qui pourrait faire l’objet d’un examen selon notre Charte (des droits et libertés nda.) Il est cependant plausible de spéculer que le nombre d’hommes autochtones disparus surclasse par une vaste majorité celui des femmes. On peut s’attendre à pouvoir transposer les pourcentages relatifs aux homicides à cette réalité, les itinérants étant de toute façon à forte majorité masculine en Amérique du Nord […]. »

Des gamins, tout autant ignorés.

Faut-il s’étonner, devant une telle passivité humaniste et intellectuelle, si la prochaine commission fédérale d’enquête sur les meurtres et les disparitions d’autochtones n’envisage que les femmes et les filles tout en excluant les hommes et les garçons ? Comment s’en surprendre, quand on sait que notre premier ministre, féministe autoproclamé, se montre plus soucieux du PH équilibré de sa coiffure et de l’augmentation de sa collection privée de selfies que de la misère des êtres humains de son sexe.

Parlant de féministes, Adam Jones ne mâche pas ses mots à leur égard : « Il n’y a pas que la GRC et nos institutions politiques qui se mettent la tête dans le sable. La campagne visant à dénoncer la victimisation et l’extermination des femmes autochtones est devenue une cause célèbre féministe (et même féministe autochtone) avec un tel impact qu’elle est parvenue à étouffer toute considération pour des problématiques de violence encore plus étendues au sein de la communauté autochtone canadienne, impliquant les hommes et les garçons. Ces campagnes promeuvent, comme pierre angulaire, les vieilles constructions idéologiques présentant les femmes comme spécialement vulnérables, fragiles et dépendantes de l’aide extérieure et de l’intervention de l’État. »

Je n’ose imaginer Adam Jones travaillant à Radio-Canada ou à La Presse…

Necktie Campaign…

En vue de faire contrepoids à cette mainmise féministe sur une problématique pourtant universelle, un organisme torontois appelé Canadian Association for Equality poursuit une campagne intitulée Necktie Campaign, la cravate – necktie – étant un accessoire typiquement masculin, en vue de convaincre le gouvernement fédéral d’inclure les hommes et les garçons dans leur commission d’enquête. L’idée de la cravate vient de Lydia Daniels, dont le fils est lui-même disparu. Une série d’activités et une pétition sont annoncées dans ce lien.

Les organisateurs et leurs supporters arriveront-ils à infléchir notre gouvernement féministement attardé ? Leur combat ressemble à celui de David contre Golitath, mais il mérite d’être soutenu. Et puis, j’aime bien leur devise : « Equality means equality for every one. » Par définition, l’égalité de droits devrait pourtant s’adresser à tout le monde…