Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

Il n’y a qu’un d’Iberville et c’est Pierre Le Moyne!

Chef a domicile

La seigneurie d'Iberville avait été concédée à Pierre Lemoyne, d'où l'ajout de d'Iberville avec un petit d' à son nom.

Il faut savoir que d’Iberville avait des frères. J’ai déjà entendu les frères d’Iberville. Ça ne se dit pas!

Par Ghislain Loiselle

Parce qu’Iberville était une terre qui avait été donnée à Pierre Le Moyne par son père, Charles Le Moyne.

Le nom de tous les frères de Pierre Le Moyne d’Iberville sans exception est d’abord et avant tout Le Moyne. Mais chacun de ses frères avaient eux aussi une seigneurie rattachée à leur nom.

Ses frères qui étaient comme lui les fils de Charles Le Moyne se nommaient, en commençant par l’aîné : Charles L. (comme son père) de Longueuil, né en 1656; Jacques L. de Sainte-Hélène, né en 1659; Paul L. de Maricourt, né en 1663; François L. de Bienville, né en 1666; Joseph L. de Sérigny, né en 1668; Jean-Baptiste L. de Bienville, né en 1680; Louis L. de Châteauguay, né en 1676; et finalement Antoine L. de Châteauguay, né en 1683.

Pierre Le Moyne d’Iberville, qui a notamment participé à l’expédition militaire du chevalier de Troyes sous le commandement de ce dernier, en 1686, ce qui l’a amené à naviguer sur la rivière Outaouais, le lac Témiscamingue et les lacs Opasatica, Duparquet et Abitibi, est pour sa part venu au monde en 1661.

Le père Le Moyne a eu 12 fils dont la plupart se sont illustrés dans les luttes contre les Iroquois et les Anglais. Ils ont hérité de seigneuries qui justifient les noms divers sous lesquels ils sont connus. Pour ce qui est spécifiquement de Pierre L., il est le seul à avoir eu en héritage une terre qui ne se trouvait pas en Amérique. Sa seigneurie était localisée en Normandie, en France, sur le Vieux continent. C’est ce qui ajoute à l’impropriété de nommer tous les frères Le Moyne les frères d’Iberville.

En France, Pierre Le Moyne d’Iberville y est d’ailleurs retourné en 1697. Là, il a été chargé d’établir un poste français qui contrôlerait la navigation à l’embouchure du Mississippi. Il s’agissait, par ce projet, de consolider par le Sud la prise de possession du territoire que Cavelier de La Salle avait reconnu par le Nord 15 ans plus tôt, et, par le contrôle de la vallée de ce fleuve, de limiter les colonies anglaises à la bande côtière nord-américaine, le long de l’océan Atlantique.

Après avoir reconnu l’embouchure du Mississippi, d’Iberville a érigé le fort Maurepas dont il a confié le commandement à son frère Jean-Baptiste de Bienville. L’année suivante, d’Iberville est revenu pour fonder le fort Saint-Louis, sur l’emplacement actuelle de la ville américaine de Mobile. Il a entretenu des relations amicales avec les Amérindiens de la Vallée et, avec l’aide des missionnaires et des coureurs des bois, il a réussi à implanter en Louisiane un début de colonisation, selon le même processus qui, 100 ans plus tôt, avait permis aux Français de s’établir sur les bords du fleuve Saint-Laurent. L’oeuvre la plus durable de d’Iberville a été celle où la force armée n’a pas eu à intervenir. Dans le golfe du Mexique, il a su jeter les bases d’une implantation française qui devait durer une soixantaine d’années. Cavelier de La Salle a découvert cette contrée, mais le fondateur de la Louisiane, c’est Pierre Le Moyne d’Iberville.

Une école secondaire et une avenue portent son nom, à Rouyn-Noranda, Abitibi, Québec. Le plus haut mont du Québec est aussi dédié à la mémoire de Pierre Le Moyne d’Iberville. Celui-ci est décédé à 45 ans, en 1706, au cours d’une escale à la Havane, probablement de la fièvre jaune.