Ghislain Loiselle
Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d'autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

Le piéton doit marcher à contresens de la circulation… question de survie!





J’ai appris dès mon plus jeune âge qu’en campagne, dans le territoire rural, en dehors de la ville, on doit marcher à gauche du chemin, de façon à avoir les véhicules arrivant devant soi. C’est encore vrai aujourd’hui plus que jamais avec des accidents mortels comme celui qui a coûté la vie à deux adolescentes, Camille Lacombe et de Shana Rochon, cette semaine, dans la localité de Granada, à Rouyn-Noranda.

Par Ghislain Loiselle

Pourquoi marcher à contresens des automobiles, camions, etc.? Afin de voir! C’est aussi simple que cela. En déambulant à droite, on ne peut pas voir ce qui nous arrive dans le dos. On ne peut donc mettre en opération notre système de défense. Nos réflexes dits sympathiques ne peuvent agir, les yeux ne voyant pas venir, et on peut aussi ne pas avoir le temps de se tasser assez vite en se retournant. Il peut déjà être pratiquement trop tard. On ne va tout de même pas se mettre des rétroviseurs, comme marcheurs, hein?!

Bien sûr, marcher à contresens de la circulation n’empêchera pas une personne au volant de quitter subitement sa voie, pour quelque raison, pour aucune raison, mais, au moins, voyant venir le danger, on pourra essayer d’éviter la collision pour survivre à l’accident.

Quand il y a des accotements asphaltés, ce pourrait être une autre histoire. Mais, encore là, la règle s’applique. Quand il n’y a pas de trottoir, on marche à contresens de la circulation.

Marcher à contresens de la circulation quand il n’y a pas de trottoir, c’est d’ailleurs la loi. C’est exigé légalement depuis longtemps, selon une source fiable qui nous invite à voir les articles 452 et 453 du Code de la sécurité routière. « Également, le fait que l’accotement soit pavé ou non ne change rien. Un accotement pavé n’est pas un trottoir », a précisé notre source.

Pour ce qui est du vélo, c’est une autre paire de manches. En autant qu’il y ait des accotements pavés, on est considéré au même titre qu’un véhicule routier, pourrait-on dire. Eh bien même si l’accotement est en gravier, le vélo a sa place sur la chaussée, légalement. Lorsque l’accotement n’est qu’en gravier, on peut toutefois se demander sérieusement s’il est prudent de rouler dans le même sens que la circulation. Question de survie, encore une fois. Se faire rentrer dans le dos en vélo ou à pied, c’est du pareil au même. Et on a encore plus de chance de se faire entrer dedans par derrière quand on est en bicyclette, parce qu’on se trouve à rouler sur la chaussée qui n’est pas conçue pour un véhicule, plus un autre véhicule dans la voie, même s’il est étroit comme un vélo. Partager la route, respecter nos distances, c’est bien beau comme discours. Mais la chose est-elle respectée tant par les cyclistes que par les conducteurs? Dans le cas d’une bicyclette, il est vrai qu’on peut, elle, l’équiper de miroirs rétroviseurs et de tout équipement visant à rendre le plus visible possible ce petit véhicule qu’on déplace par la force dite animale.

Ce qui ramène l’idée que, même à pied, se vêtir pour être bien vu est plus que nécessaire, sur le bord des artères routières et le long des boulevards sans trottoirs, en ville. Surtout le soir et la nuit, évidemment.

En plein jour, qu’en est-il? Il est sûrement mieux de porter une veste réfléchissante, fluorescente, phosphorescente, en tout temps. On ne va toutefois pas se mettre à se déguiser en serin pour être certain d’être bien vu. Quand quelqu’un est capable de venir vous ramasser sur l’accotement en roulant, vous aurez beau revêtir un arc-en-ciel, toute la palette des couleurs, le jaune, le rouge, le vert, le bleu ou le violet n’y changera rien. Ça relève alors d’une autre réalité.