Olivier Kaestlé

Diplômé d’un baccalauréat en littérature française (Université du Québec à Trois-Rivières) et d’un certificat en journalisme (Université Laval), Olivier Kaestlé a commencé à s’exprimer dès 2006 dans les tribunes d’opinion sur une pléthore de sujets. C’est en créant son blogue en 2009 qu’il a choisi de se consacrer presque exclusivement à la condition masculine et à la dénonciation des injustices et iniquités vécues par les hommes et les garçons, tout en se vouant à la lutte à l’intégrisme religieux, qui menace de plus en plus les femmes et les filles ayant la chance de vivre selon les valeurs civilisées du Québec. Olivier co-anime également avec Lise Bilodeau l’émission « Tant qu’il y aura des hommes…  » sur les ondes de Radio Média Plus.ca.

Santé des hommes : qu’est-ce qui en ralentit la reconnaissance ?

Chef a domicile

Archive

Il aura fallu 13 ans après le dépôt du rapport Rondeau, dénonçant le manque et l’inadéquation des ressources pour hommes, pour qu’enfin, un ministre de la Santé et des Services sociaux annonce le dépôt d’un timide plan d’action pour remédier à la situation.

Comment expliquer un aussi long délai entre le dépôt d’un rapport aux conclusions pourtant évidentes et l’annonce d’un maigre supplément de 31 M $ répartis sur cinq ans, consacré à la santé des hommes, quand il suffit aux groupes féministes de claquer des doigts pour en débloquer 23 sur la même période afin de « contrer la violence sexuelle » imaginaire associée à la « culture du viol » qui sévirait sur nos campus universitaires ?

À huit millions près, il en coûte presque autant au contribuable pour financer des initiatives douteuses qui ne visent que la communauté estudiantine alors que le budget prévu au MSSS concerne près de la moitié de la population québécoise. Et on trouve le moyen d’applaudir…

Une page noire d’un mouvement rose…

Sitôt déposé en 2004, le rapport Rondeau avait fait l’objet d’une virulente levée de boucliers en 2005 de la part de 15 instances féministes qui, dans un mémoire intitulé Comment fabriquer un problème, accusaient les auteurs d’avoir cédé aux pressions des méchants masculinistes et d’avoir forgé le « mythe » de « l’homme victime ».

L’idée que des hommes puissent se trouver en situation de vulnérabilité et que les ressources pour les soutenir soient insuffisantes était insupportable aux auteures du mémoire féministe :

« En plus d’évacuer la question de la responsabilité masculine face à sa vie et à son devenir, on efface du même coup la discrimination systémique qui profite aux hommes comme groupe social et défavorise les femmes dans la même mesure. Soutenir que hommes et femmes sont « chacun à leur façon » victimes de la socialisation différentielle entre les sexes laisse croire que le patriarcat ne profite à personne. »

Tout comme son corollaire, la « culture du viol », le mythe fantomatique d’un patriarcat qui profiterait à la moitié masculine de la population au détriment de sa contrepartie féminine a la vie dure.

Faut-il préciser que, bien qu’approuvé par le conseil du statut de la femme, le rapport Rondeau a été tabletté à la suite des récriminations des 15 instances féministes dont les noms apparaissent en tête de cet article.

Onze fois moins de budget…

Dans un numéro de L’actualité médicale de 2009 consacré à la santé des hommes, on apprenait que, pour l’année 2007-2008, le MSSS avait consacré aux femmes un budget de 86,62 M $, tandis qu’un maigre 7,83 M $ était dévolu aux hommes. Un plan d’action de 13 M $, prévu pour l’année 2008-2009 y était évoqué pour ces derniers, mais « dormait au ministère », selon la parution médicale. Se peut-il que les récriminations de 2005 des 15 instances féministes retentissaient toujours aux oreilles du ministre de l’époque, Yves Bolduc ?

Cas vécu

Il y a quelques années, une lectrice me faisait part d’une situation consternante vécue par le père de ses enfants, dont elle était maintenant séparée. Cet homme souffrant de problèmes psychologiques sévères qu’il n’arrivait pas à gérer avait tenté de trouver de l’aide au CLSC de sa municipalité, sans succès. L’homme était tellement instable et irritable qu’il en avait été éconduit. Son désespoir était si insoutenable qu’il avait failli ensuite tuer ses deux fils.

Comme les principales ressources financées par le MSSS demeurent les organismes voués aux hommes violents, le père de famille avait enfin trouvé de l’aide auprès de l’un d’eux et s’était vu diagnostiqué un trouble bipolaire. Pareil diagnostic n’aurait-il pas pu être posé plus tôt ? Cette fois, les enfants ont été épargnés, mais combien de drames familiaux pourraient être évités si des hommes désespérés trouvaient à temps de l’aide adaptée à leur condition… masculine ?

Les idéologues qui nient la réalité de ladite condition, comme d’autres réfutent l’évidence que la terre soit ronde, devraient songer à cette perspective. En aidant les hommes en détresse, c’est toute la collectivité, femmes et enfants compris, qui en bénéficie.