Olivier Kaestlé
Diplômé d'un baccalauréat en littérature française (Université du Québec à Trois-Rivières) et d'un certificat en journalisme (Université Laval), Olivier Kaestlé a commencé à s'exprimer dès 2006 dans les tribunes d'opinion sur une pléthore de sujets. C'est en créant son blogue qu'il a choisi de se consacrer presque exclusivement, dans une optique de préservation des valeurs d'égalité homme femme - dont nous nous targuons, au Québec -, à la défense de la cause des hommes, et à la dénonciation des injustices et iniquités vécues par les hommes et les garçons, tout en se vouant à la lutte à l'intégrisme religieux, qui menace de plus en plus les femmes et les filles ayant la chance de vivre selon des valeurs civilisées leur permettant de se réaliser librement et pleinement.

Un mineur abusé par une femme doit lui payer une pension pour l’avoir mise enceinte…





Nick Olivas

Saviez-vous qu’aux États-Unis, un garçon mineur abusé sexuellement par une majeure peut se voir condamné à lui verser une pension alimentaire si elle tombe enceinte de lui ? Comme le Canada a une fâcheuse tendance à s’inspirer de son voisin du Sud en ce qui a trait aux questions sociales relevant d’un féminisme radical plus qu’influent, cette question devrait nous interpeller…

Figurez-vous qu’un verdict aussi aberrant a été rendu par la cour d’Arizona qui avait condamné en 2012 Nick Olivas, maintenant âgé de 26 ans, à payer pas moins de 15 000 $ en arrérages de pension alimentaire et en frais médicaux, sans compter des intérêts de 10 %, pour une enfant de six ans dont il ignorait jusqu’à l’existence. Ce n’est que deux ans plus tard, en septembre 2014, que l’affaire a été rendue publique aux États Unis.  Vous serez sans doute surpris d’apprendre qu’on n’en a jamais entendu parler au Québec…

Vous me direz aussi que ces choses arrivent et qu’un homme doit assumer ses responsabilités, mais attendez de lire la suite. Le jeune homme avait 14 ans au moment de la conception et la mère 20, ce qui faisait d’Olivas, techniquement, une victime de détournement de mineur, en anglais, statutory rape, selon les lois mêmes de l’Arizona qui stipulent qu’un jeune de moins de 15 ans ne peut donner son consentement à une relation sexuelle.

Mais voilà, comme la relation a été librement consentie, aucune accusation de détournement de mineur n’a alors été portée contre la future mère et, selon le département d’État de la sécurité économique, Olivas devra casquer puisque son abuseuse n’a jamais été reconnue coupable d’agression sexuelle… Comment cependant nier que l’agression a bel et bien eu lieu, puisqu’une preuve vivante de maintenant six ans en a résulté et que la victime doit payer pour son bien-être ?

Malgré cette incohérence manifeste, le jeune adulte n’ayant de toute évidence pas l’âge du consentement sexuel au moment de la conception – et sa partenaire alors majeure ayant profité de la situation, consentement ou pas -, l’État d’Arizona avait saisi le compte en banque du jeune homme et lui extorquait 380 $ par mois.

Une mesure aussi absurde a suscité l’indignation de l’intéressé : « Je devrais être tenu responsable de mes actes pour ce que je fais en tant qu’adulte, clamait-il, mais quand je n’étais qu’adolescent, c’est pas mon avis. Je vivais ma vie et je profitais de ma jeunesse. De découvrir que j’avais une fille de six ans ? C’était inexplicable, j’ai été bouleversé ! » On le serait à moins.

Selon Mel Feit, directeur du groupe de pression new-yorkais National Center for Men, l’État d’Arizona justifiait sa décision par le fait que la pension n’était pas versée à l’agresseuse pour ses besoins, mais bien pour ceux de l’enfant.

Il précisait cependant que, même si Olivas était consentant, une victime de détournement de mineur ne peut être tenue responsable de ses actes, selon la loi : « Alors, nous n’allons pas le [Olivas] tenir responsable de sa participation à l’acte sexuel, affirme Feit, mais nous ferons volte-face et allons le tenir responsable de l’enfant issu de cet acte sexuel. C’est aberrant, ridicule ! Ça n’a aucun sens ! »

Nick Olivas aurait aimé retourner en cour défendre ses droits, mais il n’avait pas les moyens de s’offrir un avocat. Et ce n’était pas le fait de verser une pension de 380 $ par mois et des arrérages de 15 000 $ qui allait lui faciliter la tâche…

Des précédents

Si vous croyez que l’histoire d’Olivas constitue un précédent, détrompez-vous ! Les cas sont rares, mais dans chacun d’eux, la victime mineure s’est vue contrainte de payer une pension, l’enfant étant reconnu comme seule victime dans ce genre d’affaire…

Azcentral révèle ainsi que le cas le plus célèbre reste celui d’un jeune qui, à 13 ans, avait engrossé bien malgré lui sa gardienne de 17 ans. Restant sourde à l’indignation populaire, la Cour suprême du Kansas avait décrété, en 1993, qu’il devrait payer une pension pour l’enfant, et ce, même si, selon les lois de cet État, l’âge minimum du consentement sexuel était de 15 ans.

Quelques années plus tard, une décision encore plus aberrante a été rendue en Californie, dans le cas d’un jeune homme de 15 ans ayant eu des relations sexuelles avec une voisine de… 34 ans ! Comme dans le cas de l’adolescent du Kansas, c’est avec le concours d’intervenantes sociales [sic], que cette profiteuse a réussi à extorquer une pension à sa victime.

Bien mal lui en prit, puisqu’elle a été reconnue coupable de détournement de mineur. Il y a – en quelques occasions – des limites au féminisme le plus aberrant, semble-t-il. Je m’étonne que les intervenantes n’aient pas demandé une condamnation du jeune homme pour détournement majeur…

Bar ouvert pour les abuseuses…

Bien sûr, l’intérêt de l’enfant reste primordial, dans ce genre de situation, mais à quel prix ? Dans cette optique, le placement en foyer d’accueil compétent ou même l’adoption ne constitueraient-ils pas les avenues les plus justes et le plus adéquates afin de veiller à ses besoins légitimes ? Pourquoi la volonté d’une mère suffisamment immature et irresponsable pour avoir des relations sexuelles avec un mineur devrait-elle représenter une garantie que son enfant sera élevé correctement et sans risque d’abus ?

Qui plus est, au nom de quel principe la décision seule d’une profiteuse sans scrupules peut-elle aller jusqu’à hypothéquer l’avenir d’un jeune homme dont la seule erreur aura été de croiser sa route ? Imaginez-le, à sa première relation sérieuse, en train d’essayer de composer avec la réalité de la pension d’un enfant non désiré, issu d’un abus dont il a été victime. Il lui faudra rencontrer une partenaire de vie très compréhensive…

Mais il y a pire, dans le message implicite que lancent ces cours de justice irresponsables en se prévalant de décisions complaisantes envers les abuseuses et liberticides envers leurs victimes au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant.

« Envoyez-vous en l’air avec un jeune et touchez le gros lot ! » Voilà le message lancé par ces basses cours de justice américaines. À quand notre tour au Québec ?