Cold Heimatlos est un chroniqueur à la plume irrévérencieuse, aux commentaires cinglants et à l’humour qui fait grincer des dents. Enseignant au niveau professionnel, auteur d’un roman noir, sa plus grande préoccupation est l’état lamentable dans laquelle se trouve la relation entre l’Homme et la liberté. C’est sous cet angle qu’il aborde ses sujets : le rétrécissement constant des libertés doit être expliqué et compris par le citoyen avant d’être dénoncé. Il s’insurge devant la douce et thérapeutique dictature de l’État et du dressage sensitif de l’Homme. Cette citation reflète sa pensée :
« Les êtres humains n’ont pas grandi en même temps que les institutions issues de leur cerveau. Ce sont surtout la faiblesse intellectuelle et morale des chefs et de leur ignorance qui mettent en danger notre civilisation. »
– Alexis Carrel in L’Homme, cet inconnu

« Autorisez toutes les opinions, nous saurons reconnaître les nôtres. » – Raoul Vaneigem

 

 

 

 

J’ai peu le respect du lecteur gauchiste, je sais, et j’estime que c’est me prostituer que de l’épargner. C’est pourquoi j’incorpore toujours deux cuillérées à soupe de sable (et parfois même un peu de gravier) dans le pot de vaseline médiatique, qui sert à enduire le godemichet de la rectitude et de la bienséance sociale, qu’il utilise pour s’enculer. C’est à se demander si la paresse intellectuelle du gauchiste ne m’affecte pas plus que son indignation. Celui qui s’insurge de mes propos s’est donné la peine de me lire. Il en a compris ce qu’il peut selon sa capacité à le faire. Honnête, je sais reconnaître une certaine légitimité à cette indignation. Ceci dit, ce genre de lecteur “énergumène” se fait de plus en plus rare. Il est remplacé abondamment par le dénonciateur compulsif.

Hier, je lisais. Je cherchais des passages cinglants d’auteurs maudits, c’est-à-dire « pazagôche » afin d’alimenter ma page littéraire (Lire avant d’agir) et rassasier mes 7 ou 8 lecteurs. (Désolé pour les autres, je ne fais pas dans le format TWEET – déjà que je me rabaisse à mettre une photo ! Mais si jamais cela vous intéresse – menteurs, cherchez et vous trouverez. Inutile de vous donner le lien !) Bref, je suis tombé sur « Pourquoi nous combattons » de Guillaume Faye et je me suis dit : « Merde, jamais on ne pourrait publier un tel billet dans un journal d’ici, aujourd’hui… » Je vous donne un extrait et je continue mon commentaire par la suite.

« L’idéologie occidentale hégémonique accomplit cette dévirilisation des Européens, à laquelle ne succombent pas les colons allogènes appelés « immigrés ». L’homophilie actuelle, comme la vague féministe de la fausse émancipation de la femme, le rejet idéologique de la famille nombreuse au profit du couple nucléaire instable, la chute de la natalité, la valorisation spectaculaire du Noir ou de l’Arabe, l’apologie constante du métissage, le refus de la valeur guerrière, la haine de toute esthétique de la force et de la puissance, ainsi que la lâcheté généralisée sont quelques-uns des traits de cette dévirilisation. Confrontés à l’Islam, qui prône par-dessus tout, des valeurs de virilité conquérante, les Européens se trouvent moralement désarmés et complexés. Toute la conception du monde contemporaine qu’elle provienne du législateur, de l’éducation publique, de l’épiscopat ou des médias, s’emploie à culpabiliser la notion de virilité, assimilée à une « brutalité fasciste ». La dévirilisation serait un signe de civilité, de mœurs raffinées, ce qui est un discours paradoxal de la part d’une société qui sombre par ailleurs, dans le primitivisme et la violence. […] De surcroît, la notion de « virilité » ne doit en aucun cas se confondre avec celle de « machisme », ni avec la revendication stupide d’un quelconque « privilège social masculin ». Dans leur comportement quotidien, beaucoup de femmes se montrent plus « viriles » que bien des hommes. La virilité d’un peuple est la condition de son maintien dans l’histoire. »

Ça va, vous ne saignez pas trop du nez ?

Continuons… l’auteur François Avard disait dernièrement qu’il serait impossible de mettre en onde une série comme les « Bougons » en 2017 ». Les « je-suis-Charlie-juste-quand-ça-n’égratigne-pas-ma-sensibilité » se plaindraient ad nauseam au CRTC à la moindre blague légèrement poivrée. Et après, ce sera quoi ? La Petite Vie de Claude Meunier…

Les animateurs de Talk Radio, eux, sont écoutés religieusement par des individus sans vie dont le seul intérêt est d’empêcher qui que ce soit d’avoir un discours divergeant de la doxa social-démocrate québécoise. Le reproche qu’on leur fait : être démagogue, donc dire aux gens ce qu’ils veulent entendre – ce qui est tout à fait normal, puisqu’une radio vit de ses auditeurs – et d’être populiste. Idem pour le polémiste écrit comme Richard Martineau ou Mathieu Bock-Côté. Mais si personne ne critique l’Élite, ses politiques, ses décisions, que se passera-t-il ? Étonnamment, ce n’est pas l’Élite qui s’offusque, mais le petit peuple; la Sainte-Nitouche et son castrat… le minoritaire, l’exclus, le couillon et la mal baisée ! Heureusement, je ne suis pas connu ! N’empêche que tout ce beau monde est à deux doigts de la victoire avec le projet de loi 59 :

Chapitre 3, section 1-3 : Toute personne qui a connaissance de la tenue ou de la diffusion d’un discours haineux ou d’un discours incitant à la violence peut le dénoncer à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse en lui fournissant tout renseignement qui, selon elle, est utile, notamment pour démontrer ces faits. Elle peut également dénoncer toute situation susceptible de ne pas respecter les interdictions prévues à l’article 2, notamment si elle a connaissance qu’un discours est sur le point d’être tenu ou diffusé ou lorsqu’on lui a demandé de tenir ou de diffuser un tel discours.

Nous sommes en 2017 et on se croirait au temps de la grande Inquisition, l’État n’étant non pas à la recherche d’hérétiques, mais de délinquants d’opinions.


Dans Aeropagitica, son plaidoyer pour « la liberté d’imprimer sans autorisation ni censure » (1644), John Milton dénonce les méthodes de suppression des « opinions contraires » qui ne peuvent que frustrer, voire mettre en péril le processus d’acquisition de la connaissance et la quête de la vérité. « Il faut censurer les censeurs eux-mêmes, disait-il, tolérer les intolérants est un exercice dangereux, proche du non-sens. »

Et les « zantifas », les « zanarchocommuniss » et les « envertdeurs », eux, sont un exemple de tolérance ? Fallait les voir contre-manifester devant la Meute, un groupe qui ne pense pas comme eux, faut les lire sur les réseaux sociaux, quand ils injurient tout commentaire qui est moindrement de droite. Remarquez que l’intolérance de la droite se veut tout aussi bête et méchante, mais plus discrète. Si pour moi la notion de « discours incitant à la violence » semble évidente et légitime dans une société qui se veut pacifiste, je m’interroge sur la notion de « discours haineux ». En ce qui concerne le socialisme, dans mon cas, la ligne est mince entre dégoût et haine. Je hais le dégoût que cette idéologie m’inspire… Je combats le socialisme, je désire l’annihiler; donc je risque de devenir sous peu un hors-la-loi !

Dans l’avant-propos de Haïr Seul, son roman à paraître, Cold Heimatlos avance ceci : « Le véritable fascisme n’est pas l’individu offusqué qui veut m’empêcher d’écrire, mais celui qui, par conviction, veut m’obliger à écrire ce qu’il veut lire. L’État est donc fasciste… » Défendre la liberté d’expression est possiblement le seul acte réellement antifasciste que l’on puisse commettre. Celui qui veut nous limiter dans la liberté d’expression est un lâche, un dénonciateur compulsif.

Ceci dit, peut-on haïr tranquille ?
Les bien-pensants nous donnent toujours l’exemple des Nazis, comme quoi la haine a orchestré l’horreur absolue et causé un tort incontestable à l’Humanité. D’accord. Mais si les Anglais, les Américains et tous les autres Alliés n’avaient pas eu une haine viscérale du nazisme, on en serait où aujourd’hui ? « Le gouvernement va interdire tous les discours haineux… » Pour ça, j’en doute pas ! Et on fait commak pour le discours haineux qui nous arrive d’un pays étranger ? J’imagine Sir Winston Churchill envoyer une lettre à son peuple en 1937, disant : « Chers compatriotes, n’ayons pas de discours haineux envers les Allemands. Notre projet de loi (59) interdira toute publication haineuse et des accusations seront portées envers tout individu tenant un tel discours. »

Quelle connerie !
L’État protecteur, c’est ça…
Dans Crépuscule des idoles, Nietzsche nous décrit avec justesse le dénonciateur compulsif : « Lorsque l’anarchiste, en tant que porte-voix des couches déclinantes de la société, revendique avec une belle indignation le « droit », la « justice » et des « droits égaux », il n’est alors que sous le coup de son inculture qui ne sait pas concevoir pourquoi il souffre en réalité – en quoi il est pauvre en vie… Une pulsion causale exerce sa puissance en lui : quelqu’un doit être coupable du fait qu’il se sent mal… D’ailleurs, la « belle indignation » lui fait déjà du bien; pour tous les pauvres diables c’est un plaisir de vociférer – il y a là une petite ivresse de puissance. Déjà la plainte, l’action de se plaindre peut donner à la vie qui nous la rend supportable : il y a une légère dose de vengeance dans toute plainte, on reproche son mal-être, parfois même sa médiocrité, à ceux qui sont différent, comme une injustice, comme un privilège injustifié. « Si je suis une canaille, alors tu dois aussi en être une » : on fait la révolution en suivant cette logique. – L’action de se plaindre n’est jamais bonne à rien : elle provient de la faiblesse. Que l’on impute son mal-être aux autres (comme le fait le socialiste) ou à soi-même (comme le fait, par exemple, le chrétien) ne change rien à l’affaire. Ce qu’il y a de commun, disons aussi ce qu’il y a d’indigne dans ces deux attitudes, c’est le besoin que quelqu’un soit coupable du fait que l’on souffre […] celui qui souffre trouve partout des causes lui permettant d’assouvir sa petite vengeance. »
J’exige le droit de pouvoir écrire le fond de ma pensée, tout comme mon adversaire peut et doit s’en prévaloir. J’exige la liberté de haïr celui qui me hait, d’injurier comme il m’injurie.

J’exige le droit de pouvoir m’exprimer librement – non pas de diffamer – sur : la gouverne, ses militants, ses opposants, sur une prestation publique par un artiste; sur tout ce qui est le résultat d’un choix libre par l’individu.
Dire que le socialisme est un cancer pour notre société, qu’il faut l’éradiquer, n’est pas du discours haineux, mais un diagnostic.
Vouahlla…