Né à Val D’or, Yann Laplante a un passé mystérieux. Ce philosophe moderne est Détenteur d’un D.E.S obtenu en prison. Il a également suivi avec succès une formation en vente-conseil au C.F.P Samuel-de Champlain. Motard de cœur, il a conservé son esprit libre en devenant un ardent défenseur des droits des détenus à l’éducation. Conférencier et écrivain, il se démarque par ses propos engagés.

Témoignage d’un ex-détenu

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J’ai 40 ans. J’habite la magnifique région de Québec et je suis un ex-détenu. Je veux vous entretenir sur un sujet que je connais très bien : la vie à l’intérieur de ces établissements. Selon moi, les prisons devraient être équitables pour tous, sécuritaires pour la société et sans provoquer un risque de récidive pour les criminels.

Premièrement, je suis en parfait accord avec le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu, en ce qui concerne l’inutilité des prisons provinciales. Tout comme M. Boisvenu, je crois que nous devrions transformer ces établissements en véritables pénitenciers fédéraux, afin de permettre une saine gestion, et ainsi offrir un meilleur encadrement en matière de sécurité.

De plus, dans les institutions fédérales, il y a des services de psychologues et de psychiatres pour ceux qui sont réellement motivés à changer leurs valeurs. Il y a également des services religieux et un accès plus permissif pour les visites familiales des proches des détenus. Il faut compter sur le fait qu’au niveau de l’éducation, on y trouve un certain vent de fraîcheur; de belles initiatives furent essayées par le passé, comme le Centre Fédéral de Formation à Laval. (CFF). À cet endroit, des cours de niveau professionnel (DEP) y ont été offerts. Plusieurs personnes incarcérées ne sont jamais retournées derrière les barreaux suite à de tels projets.

Par ailleurs, le Parti conservateur du Québec préconise une approche plus sévère envers les récidivistes. Je suis d’accord avec leur position. Nous devons imposer des sentences plus lourdes pour certains types de crimes, comme la pédophilie. Une psychologue expérimentée envers ce genre de criminalité dégoûtante, m’a affirmé que la grande majorité de ces individus, n’étaient que de grands malades. Il nous faudrait croire que ces pervers tombent odieusement en amour avec l’enfant-victime… Autre type de criminalité qui est trop souvent impuni, c’est la fraude. Combien de personnes âgées se sont laissé prendre et ont perdu toutes leurs économies aux mains de fins manipulateurs et grands stratèges au cœur de pierre ?

Or, quand vous arrivez au centre régional de réception – qui est un passage obligé pour aller au pénitencier – à Sainte-Anne des-Plaines, vous êtes dirigés dans votre futur établissement en fonction d’un profilage. Malheureusement, les pédophiles et les fraudeurs sont des criminels qui échappent à la loi du milieu. S’ils se retrouvaient dans un pénitencier à sécurité maximale, ils feraient du temps dur, car tous les « Colosses Plamondon » de ce monde voudraient leur arracher la tête ! Ils se retrouvent donc dans des établissements à sécurité minimale, vu l’absence de violence physique envers leurs victimes. Ils bénéficient donc de tous les privilèges/condos d’un établissement ouvert; sans clôture de sécurité par-dessus le marché!

En conclusion, chaque détenu devrait avoir à démontrer qu’il est en mode action de changement, car peu importe le profil, il sera un jour libéré. En matière de justice, il faut se montrer ferme suite à la récidive, mais il faut aussi enseigner la bonne conduite, l’apprentissage d’un métier étant un exemple à considérer tout en étant ouvert à la réhabilitation en facilitant un retour au travail encadré par la suite…