Samuel Fillion Doiron

Étudiant en Enseignement de l’univers social et de l’éthique et culture religieuse au secondaire, vice-président régional de la Capitale Nationale et de Chaudière-Appalaches au Parti conservateur du Québec.

Je suis tolérant mais…




Lodge Park and Sherborne Estate; Supplied by The Public Catalogue Foundation

J’ai beaucoup de difficulté avec tout ce qui s’appelle intolérance

Le philosophe anglais et libéral John Locke avait mentionné dans sa Lettre sur la Tolérance que le fondement même d’une société passait par la tolérance religieuse. Bien sûr, à cette époque, il faisait référence aux diverses écoles de pensées chrétiennes qui se disputaient sans cesse en Grande-Bretagne, mais il n’en demeure pas moins que les mots de Locke ont traversé le temps et que ce principe a même été inséré dans la Constitution.

Aujourd’hui, la modernité et le contexte multiculturel veut que l’on accepte toutes les pratiques religieuses au nom de la tolérance, mais tout ceux qui connaissent John Locke se rappelleront qu’il avait aussi dit quelque chose d’important… « Les intolérants ne doivent pas être tolérés. »

Il semblerait que cette partie ait été oublié depuis longtemps par bien des gens. Je l’ai dit lors des attentats de Berlin tout comme je l’ai dit lors des attentats à la mosquée de Sainte-Foy. Ce sont des actes INTOLÉRABLES, car dans les deux cas, un symbole religieux d’une profonde importance a été attaqué. D’abord, Noël à Berlin, le symbole de la naissance du Christ et la plus importante fête chrétienne. Ensuite, la mosquée, qui est le lieu de culte de l’islam. Que les gens qualifient ces événements d’attentats terroristes ou de tueries de masse n’est pas important, le résultat est le même.

Je n’ai rien rien contre les signes religieux, je me fiche vraiment qu’une dame porte son voile intégral dans la rue, je me fiche qu’elle porte un tchador tout comme je me fiche de savoir si quelqu’un porte une croix autour du cou, un kirpan à la ceinture ou une kippa sur la tête. Par contre, dès l’instant où un signe religieux ou un accommodement raisonnable devient un symbole ou une représentation de l’intolérance, je débarque. Tout comme je débarque si la sécurité, la liberté, l’équité et le respect sont compromis d’une quelconque manière.

Où est-ce que tu t’en vas avec ça, mon Sam?

Vers l’idée que la tolérance est une bonne chose et qu’il faut l’encourager. Cependant, il ne faut pas non plus se mettre à genoux et tout accepter au nom de ce beau principe, car il ne faut pas oublier qu’il s’applique à tous et que chaque Québécois, peu importe ses origines, son ethnie ou sa religion, a un devoir à accomplir là-dessus. Il ne faut pas arrêter d’en parler, il ne faut pas se laisser censurer et avoir peur de pointer du doigt les aberrations.

Même après les tragiques événements qui ont touché l’Occident et particulièrement après celui qui a touché le Québec, il faut avoir le courage de défendre nos valeurs et nos convictions, de débattre sur les enjeux les plus sensibles, car si on se laisse abattre par des accusations telles que « souffler sur les braises de l’intolérance », j’ai bien peur qu’il n’y ait plus de place au débat, qu’on y laisse une partie de notre liberté et que la censure l’emporte.