Samuel Fillion Doiron

Étudiant en Enseignement de l’univers social et de l’éthique et culture religieuse au secondaire, vice-président régional de la Capitale Nationale et de Chaudière-Appalaches au Parti conservateur du Québec.

La légalisation du cannabis

Chef a domicile


La légalisation de la marijuana a fait jaser pas mal, mais je n’avais pas encore pris position sur le sujet. J’en profite donc cette semaine pour vous livrer mon point de vue en tant qu’ancien consommateur et ancien étudiant en éducation spécialisée.

Important : je tiens à préciser que je ne consomme plus depuis mes 17 ans.

Actuellement, le marché de la drogue est entre les mains du crime organisé et c’est lui qui empoche l’argent des toxicomanes, alors rendre la marijuana légale devrait, à priori, permettre au gouvernement d’amasser cet argent pour le redistribuer. Étant donné que la criminalisation n’empêche personne de consommer, aussi bien faire quelques piastres dessus n’est-ce pas? Mon avis est que ce n’est qu’un raisonnement facile qui manque de viande autour de l’os.

La légalisation de la marijuana permettrait également de protéger nos jeunes, car le cannabis serait contrôlé et les jeunes sauraient ce qu’ils consomment. Du moins, c’est ce que Justin Trudeau prétend, mais la réalité, c’est que l’action de fumer en elle-même est nocive pour la santé et encore plus pour les jeunes. Le cerveau se développe jusqu’à l’âge de 25 ans et c’est aussi avant 25 ans que les risques de développer une maladie mentale sont les plus grands (oui oui, même si vous n’avez aucun gène, ça peut arriver). De plus, la fumée peut causer des dommages aux reins et aux poumons, peu importe quels sont les ingrédients dans ton gramme de marijuana. Par ailleurs, l’une des raisons pour laquelle j’ai arrêté de consommer est parce que je n’ai qu’un seul rein fonctionnel; imaginez si je l’avais perdu.

La légalisation, tel que nous l’avons vue au Colorado, a apporté de l’argent dans les coffres de l’État, certes, mais tel que le soulignait le sénateur Claude Carignan, le Colorado est devenu premier sur l’échelle de la consommation. En gros, plus de gens consomment qu’autrefois, augmentant ainsi les risques de développer des problèmes de santé.

Il faut également penser aux proches des consommateurs. Quelqu’un qui abuse et qui commence à développer un trouble de santé mentale, c’est difficile pour les proches. Certains s’en veulent de ne pas avoir agi, et même ceux qui agissent ne vous diront pas que c’est le meilleur moment de leur vie. Personnellement, j’avais un ami avec qui je consommais qui n’a pas arrêté en même temps que moi et que j’ai dû faire entrer en psychiatrie parce qu’il y avait un réel danger pour sa vie et sa santé. Imaginez ce que c’est que de devoir faire face aux parents qui n’étaient au courant de rien.

Malgré tout cela, savez-vous quoi? Je demeure favorable à la légalisation de la marijuana, mais je ne peux pas dire que je suis pour ou contre. Il y a des erreurs à éviter.

D’abord, il faut que l’âge légal pour consommer du cannabis soit le plus bas possible, car si le pot demeure illégal jusqu’à 25 ans, sous prétexte que les troubles de santé mentale ont plus de chances de frapper les jeunes, ils vont se tourner vers le marché noir où la drogue est fabriquée on ne sait trop comment et le crime organisé en ressortira enrichi.

Mais tu fais quoi de tous les problèmes de santé que tu as mentionné plus haut?

Responsabilité individuelle, responsabilité des parents, ça vous dit quelque chose? On ne pourra jamais empêcher la consommation, seulement tenter de prévenir et de sensibiliser. J’ai arrêté à 17 ans par moi-même parce que je me suis rendu compte seul que cela ne m’apportait rien dans la vie.

Trop taxer le cannabis reviendrait à le laisser entre les mains du crime organisé. Je sais que le gouvernement souhaitait se fier au prix du marché noir pour vendre leur marijuana, mais tout le monde sait que lorsque le gouvernement touche quelque chose, cela se termine toujours en syndrome de la taxe excessive.

La seule chose que l’on peut faire avec la marijuana et avec toutes les autres drogues, c’est de s’assurer que le marché ne soit pas entre les mains de la mafia ou du crime. Le Portugal a décriminalisé toutes les drogues il y a déjà de cela quelques temps, pourquoi ne pas faire cela nous aussi?

Je termine en ajoutant que la légalisation de la marijuana permettrait également de vider quelques tribunaux, ce dont on a cruellement besoin par moment.

Parti conservateur du Québec