Lady Alys Robi et l’ascenseur de l’Albert, un voyage dans le temps

Alice Roby Youtube

ROUYN-NORANDA

Comme moi je l’ai appris sur le vif, je présume donc que plusieurs ignorent l’existence de l’ascenseur de l’hôtel Albert, aujourd’hui le Best Western, propriété de la famille Gabrysz, mais, à l’époque, géré par la famille Bibeau.

Aujourd’hui fraîchement rénové et réputé

C’était en 1995. La première chanteuse du Québec Alys « Robi » Robitaille montait sur les planches du TDC en compagnie du musicien Vic Vogel. Un spectacle pour les « Oldies », mais qui avait aussi une touche historique.

Le spectacle était présenté un dimanche soir et j’avais la responsabilité des déplacements de lady Alys à l’occasion de son court séjour dans la capitale culturelle témiscabitibienne. L’après-midi, la diva et moi sommes allés dîner avant de faire une visite de certains médias régionaux.

Fin d’après-midi, j’accompagne madame Robi à l’hôtel Albert afin qu’elle puisse, fidèle à son habitude, s’offrir une sieste et une petite ponce avant le spectacle.

Comme à tous les spectacles présentés au Théâtre du Cuivre, le rideau se lève à vingt heures. À dix-neuf heures je me rends à l’Albert pour y cueillir l’artiste qui occupe le troisième niveau de l’édifice. Comme la diva se déplace en fauteuil roulant lorsqu’elle n’est pas sur scène, nous prenons donc l’ascenseur dont j’ignorais jusqu’alors l’existence. Très à l’étroit, je suis « squeezé » entre le mur du fond et le fauteuil d’Alys et je cherche le bouton pour le rez-de-chaussée, penché au-dessus de l’épaule de celle qui doit se présenter sur scène 50 minutes plus tard. Les boutons de l’ascenseur témoignent de l’âge de la cabine. J’appuie sur ce que je crois être le chiffre 1.

Donc, après une courte descente, on s’arrête brusquement et s’ensuit deux ou trois rebonds ressentis par le système digestif et/ou par la nervosité. La porte s’ouvre, mais le décor n’a rien de la réception. Nous sommes au sous-sol de l’édifice reconstruit en 1950 après l’incendie qui a totalement détruit l’édifice original. Un sous-sol sombre, humide et qui comporte une odeur de renfermé qui frôle le demi-siècle.

Oups, mauvais étage, j’embarque de nouveau par-dessus lady Alys afin d’atteindre les commandes du panneau. J’appuie sur le bouton juste au-dessus de celui de ma première tentative et après l’ascension et quelques springs nous voilà au 1er, donc le plancher des chambres du premier étage. C’est à ce moment qu’une panique modérée s’empare de la star. Je vais être en retard pour le début du spectacle qu’elle dit d’un ton désemparé. Je me calme et tente de retrouver ma concentration après m’être imaginé être dans un film d’épouvante. Un ascenseur des années cinquante, un sous-sol digne de tous films d’horreur et en compagnie de la première star du Québec. Un vrai voyage dans le temps.