Samuel Fillion-Doiron

Étudiant en Enseignement de l’univers social et de l’éthique et culture religieuse au secondaire, vice-président régional de la Capitale Nationale et de Chaudière-Appalaches au Parti conservateur du Québec.

Les jeunes garçons sont les victimes du système scolaire

Cette semaine, j’avais envie de vous parler d’un sujet que je juge important, mais qui est passé très vite dans l’actualité. En effet, les questions concernant l’éducation semblent laisser les Québécois indifférents. Pourtant, la base d’une société se trouve dans les écoles.

Le dossier du temps de récréation pour les élèves du primaire a fait jaser le temps d’une journée, car certaines écoles n’accordent pas suffisamment de temps de récréation aux enfants. Je me souviens quand j’étais au primaire, j’avais droit à quinze minutes le matin. Quinze minutes pour m’habiller, sortir jouer et retourner en classe. C’est fou à quel point je dépensais de l’énergie et à quel point j’étais calme dès que je m’asseyais à mon pupitre (sarcasme).

Pourtant les études disent qu’il faut trente minutes par jour d’exercice physique pour les jeunes, mais ça, ce n’est que la base, car il en faut bien plus si les enseignants souhaitent que les jeunes de leur classe demeurent calmes. Le porte-parole de la CAQ en matière d’éducation, Jean-François Roberge, a suggéré deux récréations de vingt minutes chaque, ce qui n’est pas une mauvaise idée, mais je pense qu’il manque un peu de vision sur ce dossier.

D’abord, il faudrait deux demi-heures par jour de récréation. Il faudrait qu’après le dîner au service de garde, les jeunes sortent jouer dehors le plus tôt possible. Il faudrait augmenter le nombre de périodes d’éducation physique. Mais tout ça, c’est trop gentil, il faut encore plus d’initiative.

Pourquoi ne pas faire comme l’école Harfang-des-Neiges de Stoneham qui a installé des vélos stationnaires aux pupitres des élèves pour qu’ils puissent pédaler et dépenser de l’énergie? (http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/770470/velo-pupitre-ecole-harfang-des-neiges)

Ça coûte trop cher?

J’imagine que c’est bien moins cher de conseiller aux parents d’aller faire diagnostiquer TDAH leur enfant afin que l’école n’ait aucun coût à défrayer et pour que la face des enseignants incapables de faire de la gestion de classe soit sauvée. Ce n’est pas surprenant qu’en 2011, 1/3 des enfants de l’Amérique du Nord prenaient du Ritalin, du Concerta ou un autre médicament de la même famille alors que seulement 5% à 7% recevaient un véritable diagnostic.

Par ailleurs, la personne qui a « découvert » ce trouble a avoué sur son lit de mort que c’était de la frime. Ensuite, je vous rappelle que ce trouble n’existait pas à l’époque où nous étions des agriculteurs de père en fils, au contraire : un hyperactif aurait été une bénédiction pour une famille d’agriculteurs.

Je me permets également de parler des jeunes garçons. Actuellement, les statistiques sont biaisées, car on considère comme étant diplômée une personne qui réussit un cours professionnel, obtient une attestation ou une équivalence. La triste réalité c’est qu’environ 50% des garçons quittent l’école et n’obtiendront pas leur diplôme d’études secondaires dans les temps réguliers. Pourquoi donc, mon Sam?

Parce que l’école n’est pas adaptée pour les garçons, et ce, du primaire au secondaire. Qu’est-ce que les garçons aiment? Les jeux vidéo, la musique, les sports, toutes ces réponses? Je vous le dis par expérience, quand j’étais au secondaire, j’entendais plusieurs gens de mon âge dire qu’ils ne restaient à l’école que pour les cours de musique ou l’équipe de football.

Si l’on veut garder nos garçons à l’école et ne pas faire comme l’Ontario et devoir suspendre les permis de conduire des décrocheurs, il faudra revoir notre modèle scolaire afin qu’il soit plus adapté aux jeunes garçons, et ce, dès le primaire. Cela commence par des récréations plus longues ou des cours d’éducation physique supplémentaires pour donner envie à nos jeunes de rester à l’école et pour faciliter la gestion de classe de nos enseignants.

Lorsque je suivais le débat cette semaine sur le sujet, j’écoutais les arguments et je me disais que bien des gens, nos politiciens les premiers, étaient complètement à côté de la plaque et ne voyaient pas le portrait global. Le coût social d’une génération d’enfants drogués au Ritalin et décrocheurs est bien plus coûteux que quelques vélos stationnaires, quelques heures de salaire d’enseignants et davantage de temps de jeu.

Les politiciens aiment bien dire qu’ils veulent que le Québec crée des emplois de qualité, mais ils servent à quoi si plus personne n’arrive à acquérir les compétences pour y accéder? Je vous fais une suggestion : rendez les écoles autonomes à 100% et abolissez les commissions scolaires; vous risquez de trouver soudainement beaucoup d’argent.