Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

Les outardes ne tardent pas à quitter le Nord

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On est habitué de voir l'outarde en vol, mais une fois rendue à destination, que ce soit dans le Nord ou dans le Sud, elle est résolument terrestre.

On dirait qu’il va falloir changer le nom de l’outarde pour l’ounetardepas. Dès le mois d’août, les Abitibiens et Témiscamiens ont été témoins d’envolées de bernaches du Canada vers le Sud. C’est tôt quand on sait que l’été ne va prendre fin que le 21 septembre. Cet oiseau ne tarde pas, cette année, à commencer à quitter les territoires nordiques.

Par Ghislain Loiselle

Il faut dire qu’il y a toujours des voiliers hâtifs, le printemps. Il est peut-être normal que ces premiers volatiles à arriver à leurs lieux de nidification soient les premiers à partir. Tôt arrivés, tôt partis. Juste le contraire de l’ingénieur militaire, auquel on attribue l’expression  »first in, last out » ou premier entré, dernier sorti.

Les voiliers d’outardes symbolisent l’automne. À la chasse à l’orignal, en octobre, on en aperçoit beaucoup. Sans doute est-ce parmi les derniers oiseaux migrateurs de cette espèce à quitter les terres septentrionales. Parmi, car même en novembre, il arrive de voir des tardives. C’est l’exception qui confirme la règle.

Il faut savoir que cet oiseau qui, pour nous, symbolise le retour du printemps dans une direction et l’arrivée de l’automne dans l’autre est, pour le Mexicain, un animal d’hiver, d’hiver mexicain, c’est-à-dire de cette saison qui nous amène nous-mêmes, humains, à nous diriger vers le Sud. L’hiver, au Tropique du Cancer, c’est comme l’été aux 46e, 47e, 48e et 49e parallèles.

Tout comme nous, l’outarde quitte les parallèles situés plus haut sur le globe parce qu’elle pourrait sinon souffrir du froid. Ses rejetons doivent aussi développer le mécanisme d’aller et de retourner pour se reproduire, mouvements essentiels s’ils veulent survivre. Le Nord offre aux outardes des contrées sauvages leur permettant de pondre, de couver et de mener à terme les petits qui trouveront abondance de nourriture jusqu’à leur départ pour les territoires méridionaux, après s’être engraissés et avoir pris des forces pour le grand voyage de plusieurs milliers de kilomètres vers l’automne. Ce trajet ne se fait jamais d’une traite. D’ailleurs, Abitibiens et Témiscamiens sont témoins des lieux où cet oiseau voyageur s’arrête pour refaire le plein d’énergie. On en voit même à Ottawa, aussi proche de la ville que sur le canal Rideau.

Là, des gens peuvent les nourrir, comme des oies. Des oies, les bernaches en sont, d’ailleurs. En Europe, on les appelle oies sauvages. Branta canadensis, de son nom scientifique (basé sur le latin, règle générale), est un oiseau de la famille des oies, des canards et des cygnes. Il existe une quarantaine de sous-espèces de bernaches dont la taille varie de 90 centimètres à 2 mètres. 

D’après Découverte, l’encyclopédie de la nature, la bernache se retrouve dans une grande variété d’habitats : régions boisées ou dénudées d’arbres; prairies; plaines de l’Ouest canadien; plaines côtières de l’Arctique; régions montagneuses. Elle niche près d’un plan d’eau (lac, marais, étang), sur une petite île ou sur la rive. Le nid est fait de brindilles, de plantes marécageuses, de plumes de sa poitrine et de duvet. 

La femelle pond de quatre à six oeufs qui sont de couleur blanc crème. La couvaison dure de 25 à 30 jours. Quand les petits sont prêts à sortir, des tapotements se font entendre à l’intérieur des oeufs. 

Pendant que la femelle couve, le mâle monte la garde. En cas de danger, il pousse des cris stridents. Parfois, il attaque en sifflant et en battant des ailes furieusement.

Les petites bernaches profitent de la saison d’été pour apprendre où chercher leur nourriture et surtout comment reconnaître les signes de danger. Des empreintes laissées dans l’herbe par un renard ou un rapace qui tournoie dans le ciel sont pour eux autant de signes, d indications!

La bernache du Canada mange environ 250 grammes de nourriture par jour. Cette acrobate se sert de son long cou pour aller chercher sous l’eau les plantes aquatiques. Elle se nourrit aussi de fruits sauvages, d’herbacées et de grains échappés des cultures.

L’automne

Les bernaches du Canada migrent 2 fois l’an. À l’automne, les jeunes bernaches filent vers le Sud avec leurs parents. La bernache peut se déplacer à une vitesse moyenne de 65 km/h et même atteindre 100 km/h lorsqu’elle est poursuivie.

Plusieurs familles forment le troupeau de migration qui peut compter une centaine d’individus. Un troupeau de bernaches se distingue par sa formation en V et ses cris perçants. À la tête de la formation se trouve un guide. De temps à autre, il est remplacé par une autre bernache.

Au cours de la période migratoire, les bernaches font escale sur les lacs, les rivières, les étangs du littoral, dans les baies et dans les champs de céréales. Ce n’est qu’au printemps, de retour dans la zone de nidification, que les jeunes quittent leurs parents.

L’hiver

Les bernaches passent la saison d’hiver entre le sud du Canada et le nord du Mexique ainsi que dans les états côtiers américains du Golfe du Mexique.

Durant l’hiver, les bernaches se reposent de leur long voyage. Elles accumulent des forces et une bonne couche de graisse avant de repartir vers le Nord le printemps venu.

Le printemps

Avec l’arrivée du printemps, les bernaches remontent vers le Nord pour aller s’y reproduire. Les femelles ne pondent qu’une seule fois par an. À peine quelques heures après l’éclosion des oeufs, les oisillons quittent le nid et apprennent à nager. Quand les poussins ont grandi un peu, les parents perdent les longues plumes de leurs ailes et de leur queue. Ainsi, pendant 3 à 4 semaines, ils sont dans l’incapacité de voler. Dès le premier jour, les petits peuvent franchir une dizaine de mètres sur l’eau. 

L’été

Durant les mois d’été, les poussins mangent et grandissent. Une fois que les nouvelles rémiges des parents ont repoussé, les poussins sont prêts à s’initier au vol. Ils apprennent très rapidement et, vers le 63e jour, ils savent déjà voler correctement.

À l’âge de deux mois, la croissance des jeunes bernaches est terminée. Leur taille peut alors atteindre jusqu’à 25 fois celle qu’elles avaient à leur naissance.

À la fin de l’été, les familles de bernaches abandonnent l’aire de nidification et partent vers un nouveau territoire en quête de nourriture.

Sources:

Guide illustré des oiseaux d’Amérique du Nord (Sélection du Reader’s Digest)…Outarde, p. 348,  »bernache du Canada, bernache canadienne ou outarde…au Québec, on l’appelle outarde…sans doute s’agit-il d’un nom donné analogiquement à la bernache par les Français de la Nouvelle-France à qui elle devait rappeler leur outarde, oiseau de chasse comme l’oie sauvage ».

Le Petit Robert: outarde 2) bernache du Canada… la rivière aux outardes…  »elle nous a montré un champ où (…) 42 000 outardes étaient descendues des nuages pour picorer des restes d’avoine » R. Ducharme … petit de l’outarde, outardeau…

Wikipédia: bernache du Canada… Au Canada, elle est habituellement appelée outarde (terme réservé en Europe aux Otididae) ou oie sauvage.

Encyclopédie des oiseaux du Québec: bernache canadienne, généralement appelée outarde.

Dans mon article, vous retrouverez les deux noms, outarde et bernache du Canada.