Né à Val D’or, Yann Laplante a un passé mystérieux. Ce philosophe moderne est Détenteur d’un D.E.S obtenu en prison. Il a également suivi avec succès une formation en vente-conseil au C.F.P Samuel-de Champlain. Motard de cœur, il a conservé son esprit libre en devenant un ardent défenseur des droits des détenus à l’éducation. Conférencier et écrivain, il se démarque par ses propos engagés.

Les prisons à sécurité multiple

Dans mon billet précédent, je soumets l’idée que les prisons provinciales devraient être transformées en établissements gérés par le fédéral – tel que le suggère le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu – et ce, pour des raisons de sécurité, d’éducation, de rentabilité et d’efficacité.

Mais qu’en est-il des prisons à sécurité multiple ? Avoir dans la même enceinte des prisons à sécurité maximum, moyenne et minimum pourrait-elle être la solution à envisager ? C’est suite à une longue réflexion échelonnée sur une période de 15 ans au sein des différents centres de détentions – provinciaux et fédéraux – que je me suis posé ces questions.

Tout d’abord, l’aspect de la sécurité. Un centre de détention à sécurité multiple permet de regrouper au même endroit les détenus de tout acabit et purgeant une peine d’emprisonnement comme il se fait déjà au centre régional de réception, C.R.R, à Sainte-Anne-des-Plaines. L’avantage d’un tel environnement, c’est que tout ce passe au même endroit; on évite ainsi les risques reliés aux évasions et les frais considérables qui sont encourus avec les transferts de détenus. La protection du public doit toujours être la principale priorité à considérer dans la gestion du risque.

Ensuite vient l’aspect de la réhabilitation des criminels. Si l’on considère l’éducation et le travail comme étant le meilleur choix à appliquer, un centre fédéral de détention et de formation à sécurité multiple est idéal. Pourquoi ? Parce qu’un tel endroit permettrait à un détenu, qui purge une longue sentence, d’amorcer des études à tous les niveaux : primaire, secondaire, professionnel et collégial, et de les compléter au sein de la même institution. En partenariat avec les différentes Commissions scolaires, l’établissement Archambault donne un DEC en informatique et un DEC en sciences humaines; l’établissement de Donnacona donne un DEP en boucherie et un DEP en pâtisserie; le Centre fédéral de formation à Laval donne un DEC en informatique, un DEP en dessin de bâtiment, un DEP en carrosserie et un DEP en maçonnerie; et l’établissement de Cowansville offre un DEP en soudure et un DEP en dessin industriel. Ce sont toutes des formations offertes en ce moment même, au sein de nos installations existantes.

Cependant, la réalité est que ces formations prennent un certain temps à être complétées, d’où l’importance de les réunir et de les offrir sous un même toit, à un niveau de sécurité maximal afin de maintenir l’étudiant-détenu au sein de la même enceinte, favorisant ainsi les chances de succès pour ses études, son suivi et sa réhabilitation envisagée via l’espoir d’un futur emploi. Évidemment, l’accès aux études est un privilège qui doit être accordé avec la bonne conduite du détenu.

Par ailleurs, autre aspect efficace à me pas négliger, quand on veut faire de la réinsertion sociale, c’est d’encourager le maintien des liens familiaux et d’offrir des rencontres avec des groupes de citoyens bénévoles comme les « A.A. » ou les groupes d’étudiants-visiteurs. Donc, avec un endroit unique pour faire son temps, un délinquant pourrait avoir le support de plusieurs personnes-ressources qui, pour certains, seraient prêts à déménager dans le quartier et les environs du centre. Cela favoriserait les visites et permettrait aux familles de faire des économies, en temps et en frais d’essence. N’oublions surtout pas que l’entourage immédiat, les rencontres avec des citoyens aidants, tout comme l’éducation sont des éléments gagnants qu’il faut encourager afin de maximiser les chances de sortir le détenu de la criminalité.

Sur une note personnelle, je tiens à remercier l’aide apportée par Daniel Benson d’Option-Vie. Ce défunt organisme de pairs-aidants aurait toujours sa raison d’être, en détention, par son approche humaine et la compétence de ses membres.

Feu Jean Paquet, agent de programmes, nous disait souvent : « Tu peux sortir le gars de prison, mais c’est difficile de sortir la prison du gars ». À méditer…

Pour conclure, si on ajoute aux établissements à sécurité multiple l’étroite collaboration d’un organisme d’aide à la recherche d’emploi pour ex-détenus, comme LA JONCTION qu’on retrouve au centre de détention de Québec ainsi qu’au 265 rue de la Couronne, à Québec, cela favoriserait grandement un accès à un travail gratifiant dès la sortie de prison. C’est avec les rêves, les projets et un but à atteindre que les délinquants trouvent et trouveront toujours la motivation et la force de se prendre en main afin de se sortir du milieu carcéral.

Vous avez des questions à propos du monde carcéral ? Vous voulez savoir comment ça se passe en dedans ? N’hésitez-pas à me contacter…

Pis n’oubliez pas de ne pas échapper votre savon !
Liens :

Service Correctionnel Canada-Option vie (Life Line)…
Association des services de réhabilitation sociale du Québec
La jonction-service spécialisé d’aide à l’emploi Québec