Propriétaire de AGM Sécurité, Président du collectif Tous contre un registre québécois des armes à feu (TCRQ), candidat du Parti conservateur du Québec, formateur en maniement des armes à feu, passionné par les questions de sécurité publique et tout ce qui a trait à défense légitime avec arme à feu et ce qui l’entoure. Prône les valeurs de liberté et de responsabilité individuelles et qualifié d’anarchiste par le Ministre Martin Coiteux

L’EXCÈS DE CONFIANCE, ÇA TUE !

Policier-tue-par-balle-au-Lac-Simon

Deux policiers sans expérience ont laissé toutes les procédures de sécurité sur le banc arrière de leur véhicule.

Tous les métiers ont une part de risque; c’est pour cela que les règles de sécurité, les formations et les équipements adéquats existent.

Les policiers sont à risque élevé d’agression. Ils ont accès aux armes intermédiaires et aux armes létales pour protéger leur vie.

Sur une réserve, le risque de dérapage est plus élevé. De plus, les policiers sont confrontés au fait qu’ils ne sont pas bienvenus.

Thierry LeRoux n’avait que 10 mois d’expérience. Il était à Lac-Simon depuis à peine 6 mois. Pour son coéquipier, aucune idée, mais vu leur façon d’opérer ce jour-là, il est difficile à croire qu’il était plus expérimenté.

Thierry LeRoux a été atteint de 2 balles de 30-06 dans le dos dans les escaliers menant au sous-sol d’un édifice.

Bien sûr les médias ont publié la photo de la SKS de Papatie, sensationnalisme oblige, question d’avoir plus d’impact dans l’opinion publique qu’une vulgaire carabine de chasse à verrou Mossberg Patriot.

Son gilet pare-balles ne pouvait le protéger d’un tir à bout portant de ce calibre. Un gilet de ce type arrête les balles jusqu’à un calibre 357.

LeRoux et son coéquipier ont transgressé presque tous les enseignements qu’ils ont eu pour faire face à une situation à haut risque.

LeRoux a agi par excès de confiance. Il connaissait bien Papatie pour avoir eu affaire à lui à plusieurs reprises. Il était au courant de ses tendances suicidaires. Il savait également qu’il pouvait être violent et qu’il avait accès à des armes à feu. Papatie comptait 8 dossiers de violence ou de tentative de suicide.

Ce n’est pas la première fois que l’excès de confiance est mortel dans le milieu policier. Rappelez-vous de la policière de Laval, Valérie Gignac, qui s’était fait descendre à travers une porte. Elle avait baissé sa garde parce que ce n’était pas la première fois qu’elle visitait cette adresse et que les informations sur son client étaient qu’il n’avait plus le droit de posséder des armes à feu et que, selon le « registre canadien des armes d’épaules », il n’en avait pas.

Maintenant que j’ai commenté l’opération policière, dit que j’étais en accord avec les conclusions du coroner et que plusieurs lecteurs sont prêts à me lapider pour avoir remis en question le travail de LeRoux et avoir dit qu’il était responsable de son destin, parlons du vrai problème…

C’est-à-dire, ce que les gouvernements essaient de contrôler sans jamais vouloir attaquer les sources.
Problème de drogue, alcool, troubles de santé mentale, pauvreté…

Dans les milieux autochtones, ces problèmes sont amplifiés comparativement à la population canadienne. La nation huronne de Wendake dans la région de la ville de Québec est un exemple à suivre, mais malheureusement ce n’est pas le cas de la majorité des Premières Nations au Canada.

Je dis souvent qu’il y a une fracture de plus en plus évidente entre la population urbaine et rurale dans l’ensemble du Canada. Il est clair que dans les milieux autochtones, ce n’est pas une fracture, mais bien un fossé entre l’Indien hors-réserve et en réserve.

Le Lac-Simon est un bel exemple l’échec de la Loi sur les Indiens. Une population dont la majorité a moins de 30 ans qui se partage un coin de terre de 2 kilomètres carrés. Des familles de 7-8 personnes qui vivent dans des maisons faites pour 4.
Des milieux familiaux dysfonctionnels où se côtoient pauvreté, drogue, alcool, dépression, abus physique, psychologique et sexuel.

Bien sûr certains remettront le débat sur l’accessibilité des armes à feu sur la table. Encore là, il faut séparer le milieu autochtone sur réserve et le reste de la population.

Au Québec, une personne détenant un PPA (Permis de Possession et Acquisition d’arme à feu) qui est diagnostiquée avec un trouble de santé mentale ou qui est dénoncée ou pour qui une plainte pour violence (fondée ou non) est déposée, est automatiquement visitée par les policiers dans les 24 heures pour une saisie préventive d’armes à feu. Dans tous les cas, pour retrouver ses armes, la personne devra attendre plusieurs semaines, voire des mois, pour passer devant un juge pour tenter de prouver qu’il n’y a aucune raison valable de lui donner une interdiction de possession de 1 à 10 ans. Plus de 1000 saisies préventives sont faites annuellement et plus de la moitié des propriétaires perdent leur droit de possession pour 10 ans. Ils perdent ce « privilège » plus souvent par manque d’argent pour se payer un avocat, que parce qu’ils sont un danger pour eux ou autrui. Une autre façon détournée de désarmer le citoyen qui n’a rien à se reprocher.

Vous allez me dire que Papatie avait des antécédents suicidaires depuis 2009. En septembre 2015, ses armes avaient été saisies et le lendemain ont lui a remis.

Papatie était autochtone et il vivait sur une réserve. Les lois ne s’appliquent pas de la même manière. La majorité des Amérindiens n’ont pas de PPA; les armes à feu sont considérées comme un outil de subsistance (chasse) et ne sont pas un « privilège » pour eux. S’il y a bien quelque chose que les Premières Nations ne veulent surtout pas, c’est bien que le provincial ou le fédéral viennent se mettent le nez dans leurs tipis. Je peux vous dire déjà que le registre imbécile et inutile du p’tit Coiteux ne s’appliquera pas dans les réserves.

N’oubliez jamais qu’une saisie préventive ou le fait qu’une personne n’a pas de PPA ne sont que des faux sentiments de sécurité. Une arme à feu se trouve facilement, surtout dans une réserve indienne. Un policier est formé à toujours considérer qu’un individu peut être armé point final. C’est leur vie qui en dépend…

Le problème majeur des autochtones est que la population est laissée à elle-même et que le sort des Indiens n’est pas une prioritaire pour les politiciens blancs qui nous gouvernent

Quand tu sais que cette partie de la population n’ira pas voter, tu lances des belles paroles; la finalité qui en résultera n’a pas d’importance.

Militariser de plus en plus les policiers, leur donner plus de latitude d’action, désarmer la population, ne changera rien aux problèmes de base et amplifiera la grogne populaire envers les représentants de l’autorité gouvernementale.

Nous devons arrêter de nous attaquer aux objets et de seulement mettre de l’énergie à contrôler les problèmes pour avoir des belles statistiques.

Travaillons sur les individus en détresse avec de bonnes armes.

L’éducation, la prévention et la fin de l’isolement de nos frères autochtones et des plus démunis de notre société : voilà la voie à suivre si nous voulons vraiment sauver plusieurs vies.