Né à Val D’or, Yann Laplante a un passé mystérieux. Ce philosophe moderne est Détenteur d’un D.E.S obtenu en prison. Il a également suivi avec succès une formation en vente-conseil au C.F.P Samuel-de Champlain. Motard de cœur, il a conservé son esprit libre en devenant un ardent défenseur des droits des détenus à l’éducation. Conférencier et écrivain, il se démarque par ses propos engagés.

La libération conditionnelle

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Au Canada, la libération conditionnelle des détenus, sauf sur ordonnance d’un juge, est accordée au sixième, au tiers et au deux tiers de la peine d’emprisonnement. Présentement, et c’est déplorable, le taux de récidive est estimé à environ 75%. Qu’arriverait-il si les récidivistes purgeaient 100% de leur sentence ?

Premièrement, il est faux de croire que la société et ses nombreux programmes peuvent réhabiliter tous les prisonniers. Changer un comportement ou une habitude demande du temps, une remise en question et des efforts. Alors pourquoi se presser à libérer les détenus ? Le rôle des tribunaux, car personne mieux que le juge ne connaît le dossier, devrait être élargi. En tenant compte de plusieurs facteurs, les magistrats pourraient appliquer des sentences plus courtes – ou plus lourdes selon le cas – en tenant compte de la vision globale du dossier et des pressions populaire engendrées.

Par ailleurs, puisqu’il faut de la volonté et du sérieux pour changer, pourquoi ne pas fournir des psychiatres et des psychologues afin d’imposer un suivi hebdomadaire à la clientèle carcérale ? Au plus méritants, l’accès au tabac via des secteurs pour fumeurs, l’apprentissage d’un métier reconnu par les employeurs, un salaire permettant de faire des économies pour la libération à terme, une télévision dans chaque cellule, une bibliothèque moderne donnant accès à Internet en guise de récompense, l’accès à au moins deux heures de sport et de gymnase par jour et une sortie de cour de deux heures quotidiennement. Aussi, les visites familiales privées mensuelles, ne seraient-elles pas là l’ultime à offrir afin d’assurer un bon comportement versus le maintien de l’ordre à l’interne ? Il faudrait également ajouter des téléphones supplémentaires pour favoriser les liens familiaux.

Comme je l’ai mentionné dans mes billets précédents, je crois fermement que les prisons provinciales sont une grosse perte de temps et d’argent. Elles devraient être transformées en établissements fédéraux pour des raisons de sécurité, d’éducation, d’efficacité et d’économie.

Or, ce qui m’a répugné en dedans, ce fut de voir tous les lèche-culs, les nez bruns qui tètent leur équipe de gestion de cas afin de sortir plus rapidement. Ces durs à cuire sont prêts à pleurer et à raconter n’importe quoi et sur n’importe qui pour obtenir une libération conditionnelle anticipée. Donnons- leur le temps de finir leur sentence.

Aussi, je crois que le poste d’agent de classement des détenus devrait être revu et modifié. Ces détenteurs d’un DEC en intervention en délinquance ont trop de pouvoir discrétionnaire sur la réhabilitation des détenus, et beaucoup trop de dossiers à gérer (soit environ 25 chacun). Je préfère, et de loin, l’arrivé massive de psychologues qualifiés, dans les établissements correctionnels. Les psychologues indépendants permettent une introspection en profondeur et appliquent des outils d’auto-analyse, en individuel. Cela permet de bien comprendre un type de comportement déviant et ainsi prescrire un traitement adéquat et justifié. Les psys sont efficaces, mais malheureusement pas assez nombreux dans nos prisons.

En terminant, je ne crois pas aux systèmes d’emprisonnement actuels, je crois que le vrai changement doit être obtenu via des efforts quantifiables à long terme. Pour ce faire, il faut abolir les libérations conditionnelles des récidivistes à titre punitif, tout en enseignant la bonne conduite. Avec un suivi psychiatrique et psychologique efficace, le support des familles et/ou des personnes ressources, l’apprentissage d’un métier valorisant et reconnu par les employeurs, rien n’est impossible à celui qui veut vraiment s’en sortir et ce prendre en main !

Quand la récidive n’est plus seulement qu’un argument mathématique…