ÉTAT POLICIER AU QUEBEC, JE VOUS AVAIS AVERTIS

Chef a domicile


Avec ce que nous apprennent les journaux de ce matin, sur l’UPAC, vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas avertis. Pour vous rafraîchir la mémoire, je vous remets en ligne cette chronique que j’ai justement publié en mai de la dernière année.

Et prenez bien le temps de lire mon mémoire rédigé l’an dernier sur le projet de loi sur le registre. Il est disponible à la fois dans mon dernier livre consacré au faux-débat sur les armes à feu et sur le site Les classiques des sciences sociales.

LA POLICE ET L’ÉTAT DU QUÉBEC, LES LOUPS DANS LA BERGERIE !

Si vous avez suivi comme moi l’actualité politique au Québec au cours du dernier mois, les plus allumé(e)s auront été en mesure de voir toute la place que prend l’institution de la justice et de la police dans le Salon de la race. Ici, les loups en culottes de clowns et les hauts dignitaires de police déguisés en hommes honorables tentent d’imposer leur lois aux renards qui siègent au sein de la bergerie.

Dans cette histoire abracadabrante, où les policiers menacent ouvertement le gouvernement au pouvoir par des déclarations chocs, on ne sait plus exactement si nous sommes en train d’assister à un procès stalinien ou à un simple coup d’État puissamment orchestré par le président de la Fraternité des policiers du Québec et le grand patron de l’UPAC (Unité permanente anticorruption).

Je crois qu’on n’a pas bien mesuré la place que prend désormais la police dans notre Parlement. D’abord le ministère de la Sécurité publique qui permet à la police d’avoir une présence directe dans notre Parlement. Ensuite, le nombre de policiers à la retraite devenus députés voire ministres. Puis, le chef de l’UPAC qui fustige le gouvernement et la justice en pleine commission parlementaire. Et enfin le président de la Fraternité des policiers du Québec qui fait des menaces au même gouvernement et qui, ironie de l’histoire, entendait prendre la place de l’ancien ministre Poëti (lui aussi un ancien policier) comme candidat du Parti libéral lors des prochaines élections.

Si vous n’avez pas compris que nous avons essuyé une sorte de coup d’État au Québec au cours du dernier mois, c’est que vous ne voyez que les effets et que vous évitez de voir la chaîne des causes qui permettent à ce ramassis de clowns armés de défier l’Etat depuis plus de deux ans. Le monde à l’envers. Et ce qui est encore plus inquiétant, c’est de voir que la presse tous azimuts n’a même pas encore posé la question qui explique ce dérèglement des règles fondamentales de la démocratie.