Samuel Fillion-Doiron

Étudiant en Enseignement de l’univers social et de l’éthique et culture religieuse au secondaire, vice-président régional de la Capitale Nationale et de Chaudière-Appalaches au Parti conservateur du Québec.

Le mépris entre deux miroirs

Samuel Fillion Doiron

D’abord, en ce qui concerne les résultats de la partielle dans Louis-Hébert, je pense que ceux qui prétendent que la sortie sur le métro nous a fait perdre sont dans le champ et que les citoyens ont simplement choisi de faire la même chose qu’ils font depuis 40 ans… voter stratégique. Un tel résultat pour la CAQ est une belle réussite et je les en félicite, mais il serait faux de croire que les gens ont voté pour la CAQ et non contre le PLQ. Un résultat aussi élevé POUR la CAQ dans ce qui est supposé être un château fort libéral… j’y crois autant qu’à la roue à trois boutons. Cela dit, vous avez le droit d’être en désaccord.

Parlant d’être en désaccord, vous avez aussi le droit d’être en désaccord dans le respect, respect que je cherche depuis un bout de temps. On entend souvent les droitistes se plaindre que la gauche est irrespectueuse et méprisante, ce qui est malheureusement vrai pour un certain nombre de ses représentants, mais vous êtes vous regardés dans le miroir?

Si j’étais un électeur moyen plus ou moins politisé avec des idées de droite, que j’hésitais entre deux partis et que mon seul contact avec l’un des deux était avec des gens qui m’insultent si je ne suis pas d’accord avec eux, je choisirais définitivement le camp du plus respectueux. Je demeure pour la liberté d’expression, mais l’insulte, c’est le contraire de la démocratie, ça ne mène à rien et ça repousse des gens qui ont du grand potentiel et qui ont des caractéristiques autre que l’idée avec laquelle vous êtes en désaccord. Pas besoin de lois, juste de jugement pour traiter les gens avec respect.

Parce que oui, les militants d’un parti parlent en son nom et dégagent une image de ce qu’il y a dans le parti, il n’y a pas que le l’exécutif qui peut faire cela et c’est bien suffisant pour repousser des potentiels électeurs, bénévoles, militants ou candidats. Certains me diront que des militants d’autres partis font la même chose, mais je vous rappelle que pour un grand parti, on est prêt à voter stratégique en se bouchant le nez; après tout, nous le faisons depuis 40 ans. De leur côté, ceux qui votent pour les petits partis le font parce qu’ils y croient.

J’aime bien mon éditeur Simon Leduc, mais lorsqu’il a dit dans l’un de ses commentaires que moi et Guy Morin étions de vrais conservateurs, je me suis dis « c’est exactement ce genre de commentaires qui crée la division », division dans notre propre famille de la droite québécoise. À mon avis, il n’y a pas de recette précise pour être conservateur et je trouve ça très déplorable qu’il y a des gens qui ont une vision renfermée.

Ce n’est pas en faisant du rejet en bloc que le parti avancera. N’oubliez pas qu’un parti appartient à ses membres, pas à son exécutif, et qu’il n’en tient qu’à eux de le faire avancer en grande partie. Les conservateurs sociaux, les libertariens et les progressistes vont devoir arrêter de se taper dessus continuellement et de s’accuser mutuellement de ne pas être des « vrais bleus ». Si vous continuez de le faire, sachez que vous agissez comme les gauchistes que vous accusez continuellement de mépriser les autres et de les regarder de haut.

Cela dit, sachez que ma chronique ne s’adresse qu’à ceux à qui le chapeau fait, mais je sais que beaucoup auront le réflexe de regarder le chapeau et de se dire immédiatement qu’il ne vous fait pas. Mais je vous invite à le déposer sur votre tête, à vous regarder dans le miroir et à vérifier s’il vous fait ou non.