Étudiant en Enseignement Secondaire en Univers Social et de l'Éthique et Culture religieuse. Militant pour le Parti Conservateur du Québec.

Projet de loi 143 : une nationalisation de l’enfance





Je ne suis pas encore parent, mais je pense avoir raison lorsque j’affirme que pour une mère ou un père, il n’y a rien de plus précieux que ses enfants. Comme vous le savez, j’étudie en enseignement de l’Histoire et l’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi ce domaine est parce que je veux transmettre un héritage à la génération future, lui transmettre ma passion pour l’Histoire. La volonté de laisser un héritage est aussi l’une des raisons pour lesquelles un jour, je veux élever une famille. J’ai envie de transmettre des valeurs et une éducation à mes enfants, car j’estime que c’est le rôle d’un parent et qu’il doit être fier de l’enfant qu’il élèvera. N’avons-nous pas souvent entendu des parents dire à leurs enfants qu’ils étaient fiers d’eux?


Mais qu’est-ce que ce message peut bien valoir si le gouvernement décide que c’est lui qui élève nos enfants et qui décide ce qu’ils doivent apprendre ou non? Qu’est-ce que ce message vaut si les parents ne sont réduits qu’à être des producteurs d’enfants? Personnellement, si mon enfant était obligé d’être éduqué selon un mode de pensée unique décidé par le gouvernement, je sentirais qu’il y a un manque dans l’éducation, car je n’aurais pas pu transmettre comme je l’aurais souhaité. Un véritable cauchemar pour le futur enseignant que je suis.


Pourtant, le cauchemar pourrait bien devenir réalité en raison du projet de loi 143 qui a été déposé le 16 juin 2017 à l’insu de tous. Je vous avouerai que je n’ai entendu parler de ce projet de loi qu’en raison de l’entrevue d’Alexandra Drolet à Duhaime-Ségal le midi et, tout de suite, je me suis dis que ce projet de loi n’avait aucun bon sens, car il fait bien plus que contrevenir à l’une des valeurs fondamentales du Parti conservateur du Québec (la liberté de choix); il s’attaque directement à ce qu’il y a de plus important pour des parents, l’éducation des enfants.


Si un parent doit pouvoir décider comment ses enfants seront éduqués, il est donc légitime qu’il puisse choisir à quelle garderie il les envoie et que le choix soit fait en fonction des valeurs que le parent souhaite transmettre. Or, le projet de loi 143 souhaite réduire le nombre d’enfants qui peuvent être pris en charge par une éducatrice dans une garderie privée. Ce faisant, l’éducatrice perd des revenus, et pour pouvoir garder le même nombre d’enfants qu’elle avait au départ afin de survivre, elle doit se conformer à des normes gouvernementales et syndicales, abandonnant donc son autonomie et les choix éducatifs qui peuvent lui tenir à cœur. En bref, conforme-toi ou meurt. (Ça me rappelle un pays rouge ça…)


Si je veux que mon enfant apprenne l’anglais, je l’enverrai dans une garderie qui fait de l’immersion; si je veux qu’il bouge, je l’enverrai dans une garderie où la pratique du sport est importante; si je veux qu’il développe davantage ses capacités cognitives et qu’il apprenne à lire, écrire et compter un peu plus jeune, je l’enverrai dans une garderie qui stimule le développement cognitif et moteur. Ce sera mon choix en tant que parent et ce n’est pas au gouvernement de décider comment mon enfant sera élevé.


Pire encore, je pourrais commettre le sacrilège des sacrilèges envers notre modèle québécois, je pourrais décider de NE PAS l’envoyer dans une garderie et de le faire garder par un proche à la maison… Non, attendez, mieux encore, l’un des parents pourrait même demeurer à la maison s’il le veut pour s’occuper des enfants.


C’est exactement pour respecter le choix des parents et parce que la liberté de choix est importante que le Parti conservateur du Québec souhaite donner 100$ par enfant d’âge préscolaire, par famille, par semaine plutôt que de financer directement les institutions publiques. Les parents pourront décider eux-mêmes ce qu’ils feront avec cette allocation familiale et le gouvernement n’aura pas un mot à dire là-dessus. Cela créera aussi un marché sain avec une diversité que l’on ne peut pas retrouver sous le projet de loi 143 qui vise à défendre une pensée unique au sein de nos garderies et à s’assurer que les syndicats recommencent à s’en mettre dans les poches pour compenser les pertes qu’ils ont subies quand les crédits d’impôts pour les garderies privées sont arrivés.


Il appartient aux parents de juger si une garderie est conforme à ce qu’ils recherchent, pas au gouvernement.
Dernière petite chose, advenant le cas que le projet de loi 143 prenne forme de loi officielle : si une éducatrice accueille 6 enfants et qu’elle est obligée d’en mettre deux dehors qui viennent depuis déjà longtemps afin de préserver son autonomie, pensez-vous que cela n’affectera pas les familles et les enfants qui sont habitués de voir l’éducatrice depuis si longtemps? Personnellement, je détestais aller à la garderie quand j’étais jeune, mais pour certains, l’éducatrice est presque une deuxième maman.


PS : J’ai utilisé le féminin par défaut dans ce texte pour parler des éducatrices, mais je sais qu’il y a aussi des hommes dans le domaine. Pas la peine de me mettre la FFQ et le CSF sur le dos. Merci.