J’ai abordé le marché du travail avec des idées préconçues, à l’effet que les patrons étaient des exploiteurs, que les normes du travail étaient instaurées pour protéger les droits des travailleurs et qu’on devait faire valoir ces normes «minimales». Au fil des années, j’ai constaté que ceux qui réussissaient là où j’échouais, tenaient un tout autre genre de discours, et j’ai décidé de m’en inspirer. Ce fut le début de mon virage à droite et, de façon étonnamment rapide, de l’augmentation de mes revenus et de ma qualité de vie. D’où ma devise : Toujours indulgente, jamais complaisante.
Espiègle et polémiste, j’aime le choc des idées.

Je suis impliquée depuis quelques temps dans le Parti conservateur du Québec, mettant ainsi en actions ma principale passion, la politique.

Cannabis et service de garde : comment protéger les enfants?

Mercredi dernier, Véronique Hivon a sonné l’alarme devant l’assouplissement consenti par le ministre de la Famille, Luc Fortin, au sujet des ratios dans les services de garde non régis par un bureau coordonnateur.

« Garde non régie : à la suite de ma question, le gvt vient d’être contraint d’admettre que rien n’empêche les responsables de ces services de consommer du cannabis, comme elles peuvent consommer du tabac. Et ils continuent de défendre l’absence d’encadrement de ces garderies??? »

https://twitter.com/vhivon/status/933368475866816513

Tout d’abord, j’aimerais souligner que Véronique Hivon est une politicienne que je respecte beaucoup, entre autres à cause de son travail pour l’aide médicale à mourir et son intérêt à contrer les excès de partisanerie à l’Assemblée nationale.

Je suis un peu déçue de constater que l’avocate de profession brandit l’épouvantail de la consommation de cannabis dans les services de garde non régis, plutôt que de simplement proposer un amendement au projet de loi 143 qui corrigerait la faille dont il est question.

Rappelons que ce qui a soulevé l’ire de la CSN, de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec FIPEQ-CSQ, du Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance (CQSEPE) et de quelques autres organisations qui ont toutes un intérêt financier à faire baisser les ratios dans les SDG non régis, c’est justement l’assouplissement concernant les ratios.

Or, l’ancienne candidate à la chefferie du PQ, qui dénonce les excès de partisanerie, pourrait-elle m’expliquer en quoi le fait de baisser les ratios diminuerait le risque que les enfants soient exposés à la fumée secondaire du cannabis?

La réponse est bien évidemment qu’il n’existe pas le moindre lien. Mais, historiquement, les syndicats et le PQ ont toujours été très proches. Et qui a créé les CPE? Nulle autre que Pauline Marois, péquiste notoire. Et comme le Parti n’est actuellement pas le préféré dans le coeur des électeurs, il ne peut pas en plus se permettre de perdre ses riches et puissants alliés des syndicats qui s’agitent actuellement au nom de la sécurité (laissez-moi m’étouffer!) de nos précieux enfants.

Mais soyons honnêtes, madame Hivon a soulevé une faille bel et bien réelle dans la loi, qui sera créée par la future légalisation du cannabis, et qui mérite d’être corrigée. Les femmes qui tentent de conserver leur service de garde non régi en milieu familial sont d’ailleurs tout à fait d’accord pour que cette faille soit comblée.

Rappelons que la Loi concernant la lutte contre le tabagisme prévoit au chapitre II, article 4, que :

« Il est interdit de fumer dans les installations d’un centre de la petite enfance ou d’une garderie au sens de la Loi sur les services de garde éducatifs à l’enfance (chapitre S-4.1.1) et les résidences privées où sont fournis des services de garde en milieu familial au sens de cette loi, aux heures où les personnes qui offrent ces services y reçoivent des enfants. »

http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cs/L-6.2

Suffirait-il d’ajouter un article au projet de loi 143 stipulant que l’application de la loi concernant la lutte contre le tabagisme s’étendra au cannabis?

Je ne connais pas la réponse à cette question, n’étant pas moi-même avocate. Mais madame Hivon le pourrait, elle. À moins qu’elle ne préfère jouer l’avocate du diable au profit de ses puissants alliés…