J’ai abordé le marché du travail avec des idées préconçues, à l’effet que les patrons étaient des exploiteurs, que les normes du travail étaient instaurées pour protéger les droits des travailleurs et qu’on devait faire valoir ces normes «minimales». Au fil des années, j’ai constaté que ceux qui réussissaient là où j’échouais, tenaient un tout autre genre de discours, et j’ai décidé de m’en inspirer. Ce fut le début de mon virage à droite et, de façon étonnamment rapide, de l’augmentation de mes revenus et de ma qualité de vie. D’où ma devise : Toujours indulgente, jamais complaisante.
Espiègle et polémiste, j’aime le choc des idées.

Je suis impliquée depuis quelques temps dans le Parti conservateur du Québec, mettant ainsi en actions ma principale passion, la politique.

Changement de lieu pour la manifestation de gunnies : le scandale vu de l’intérieur

Jessie Mc Nicoll

Est-ce qu’on savait que le choix de se rassembler au mémorial allait choquer? Oui, bien sûr!

Est-ce qu’on savait que les médias seraient hostiles à cette idée? Oui, bien sûr!

Est-ce qu’on s’attendait à ce que la population soit 100% de notre côté? Non, bien évidemment.

Est-ce qu’on s’attendait à ce que la population soit unanime contre nous? Non, on s’attendait plutôt à une division des camps. On s’est trompé. On est allé trop loin. Puis, on s’est ravisé.

On n’a jamais voulu blesser des gens. On savait que si on faisait une manif devant un bureau de député ou devant l’Assemblée nationale, personne ne parlerait de la manif.

Or, comme chaque année à l’approche du 6 décembre, Poly se souvient a fait sa liste d’épicerie et diffuse ses demi-vérités pour justifier ses demandes.

Les pro-contrôle ont les oreilles toutes tendues des Poly-ticiens alors que nous, on n’arrive même pas à être appuyés par des députés conservateurs de Québec. L’un d’entre eux nous avait accordé un rendez-vous, mais s’est désisté quelques heures avant. Oups!

J’ai écrit de nombreux articles fortement documentés sur la question du contrôle des armes à feu. Plusieurs de ces articles ont été au palmarès des « plus lus de la semaine ».

Un de ces articles a même été dans le top 10 des « plus lus de l’année 2014 » sur le Huff. Est-ce qu’un média s’y est intéressé? Bah non…

http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/12/23/blogues-les-plus-lus-2014_n_6374244.html?utm_hp_ref=qc-top-10

Dans cet article, je m’entretenais avec le frère d’Hélène Colgan, morte sous les balles de Lépine, qui racontait que sa sœur était pro-armes et que si elle avait pu porter une arme ce jour-là, elle serait possiblement en vie encore aujourd’hui. Méchant clash avec le discours dominant, non?

Pourtant, le nom de sa sœur est prononcé chaque année par ceux qui réclament plus de contrôle…

http://quebec.huffingtonpost.ca/jessie-mc-nicoll/polysesouvient-de-13-des-14-victimes–helene-colgan-la-victime-qui-derange_b_6240350.html

Dans la foulée de la loi 64, on a fait plusieurs manifestations. Au début, les médias étaient au rendez-vous. Puis, ils se sont habitués et ont cessé de parler de nous.

À la manif de Joliette, aucun journaliste. Pas un bruit.

Lors du rassemblement spécial du PLQ à Québec, les cameramen faisaient leurs prises de vue pour ÉVITER de montrer la manif à la caméra et les journalistes faisaient leur reportage en spéculant sur ce que les élus du PLQ pouvaient se dire à l’intérieur.

On entendait en background Guy qui animait la manifestation avec son porte-voix, mais malgré ça, PAS UN MOT. Les journalistes ont fait comme s’il n’y avait pas eu de manifestation.

J’ai travaillé plus d’une centaine d’heures à préparer le mémoire de Tous contre un registre, citant des sources comme Statistiques Canada, le ministère de la Justice du Canada, la GRC, l’Institut de la statistique du Québec et des études publiées par des universités.

https://jessiemcnicoll.files.wordpress.com/2016/04/memoire-loi-64-tous-contre-un-registre.pdf

Un travail de moine qui n’a même pas été considéré.

Guy et moi sommes allés présenter ce mémoire en Commission parlementaire et, à part André Spénard, personne ne nous a considérés dans ce qu’on avait à dire.

Martin Coiteux, libertarien notoire avant d’être bouffé par la machine libérale, a même laissé entendre que nous étions des anarchistes.

On a appris plus tard que cette allégation de la part de Coiteux venait du fait que Guy avait racheté une voiture à la fourrière ayant déjà appartenu à un « Free man on the land ».

Chaque fois dans une entrevue que je cite des études et des statistiques qui vont à l’encontre de l’idéologie du contrôle toujours plus grand, je suis coupée au montage.

On a eu une entrevue pour les Francs-tireurs récemment et on a sauté sur l’opportunité. Mais ça ne nous donne pas une voix officielle, ça ne nous donne pas l’oreille de politiciens, ça ne change pas la tendance d’ajouter toujours plus de contrôle, pendant que les représentantes de Poly se souvient répètent des mensonges en ondes.

Contrairement à leur prétention, vendre une arme à quelqu’un qui n’a pas de PPA valide, c’est criminel. Ça ne donne pas une amende aux contrevenants, ça donne une peine de prison.

Le contrôle des armes à feu n’a pas été affaibli depuis la tuerie de la Polytechnique, il a été resserré une première fois en 1991 avec le C-17 et une deuxìème fois en 1995 avec le C-68.

En 2012, le C-19 a annulé l’obligation d’enregistrer les armes non restreintes, obligation créée en 1995 par le C-68.

http://www.rcmp-grc.gc.ca/cfp-pcaf/pol-leg/hist/con-fra.htm

En 2015, les conservateurs ont mis de l’avant la loi C-42 qui est présentée par les anti-armes comme un relâchement scandaleux du contrôle, parce que les permis de transport pour les armes restreintes sont annexées au permis de possession et d’acquisition d’armes à feu restreintes.

Cette loi prévoit également qu’un tireur sportif, lorsque son arme est correctement barrée et sécurisée dans son véhicule, n’est plus un criminel s’il arrête acheter une pinte de lait sur le chemin du retour.

Et finalement, si un détenteur de PPA oublie de renouveler son permis à échéance, il aura un délai de grâce de 6 mois avant d’être jeté en prison.

Par contre, toute personne qui utilise une arme à feu dans un dessein criminel et toute personne qui se rend coupable de violence conjugale se voit désormais interdire AUTOMATIQUEMENT et À VIE de posséder des armes à feu. Or, avant l’adoption du C-42, ces interdictions étaient discrétionnaires et pour une période maximale de 10 ans. C’est ça, le terrible relâchement du contrôle dénoncé par Poly se souvient.

https://lop.parl.ca/Content/LOP/LegislativeSummaries/41/2/c42-f.pdf

Un long détour pour dire que ce qu’on souhaite, c’est d’être enfin entendus et que notre propos soit considéré, au-delà des législations adoptées sur la base des campagnes de peur menées par des personnes qui jouent sur l’émotion pour nous faire taire.

Actuellement, notre stratégie est dénoncée de toutes parts, y compris par plusieurs de nos militants. Plusieurs diront qu’on a perdu de la crédibilité et que plus personne ne nous écoutera. Il est possible qu’ils aient raison; l’avenir nous le dira.

Il est bien difficile de trouver une façon d’attirer l’attention quand on est des citoyens qui respectent la propriété d’autrui. Les médias aiment ça, la casse. Pas nous.

Avec du recul, j’ai du mal à trouver un endroit où on aurait pu manifester qui réussisse à la fois à attirer l’attention et à ne pas trop choquer la population.

On croyait avoir réussi, mais on s’est manifestement trompé. On en est désolé.

J’en suis personnellement désolée.