Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

De quel bois êtes-vous fait?




Par Ghislain Loiselle

L’humain est comme une planche, peu importe son essence. Il est souvent beau d’un côté. Pour ce qui est de l’autre, mm… Ha ha! Aussi, l’homme et la femme ont souvent des nœuds, plus ou moins. Certains aiment, d’autres pas. Certaines personnes sont plus étroites, d’autres plus larges, certains sont plus longs, d’autres plus courts. Il y en a des non délignés, dégrossis, même encore avec leur écorce. Ils sont presque à l’état brut.

D’autres se trouvent à être planés et même polis, vernis, teints, peinturés, traités. L’éducation, l’instruction, l’habillement… Moi, j’aime bien le bois rough and tough. Mais pas trop chez le monde. J’accepte les défauts des autres, car j’en ai aussi. Nous en avons tous. Mais les gros, les miens comme les leur, ont de la misère à passer ma porte. Les planches brisées, comme certains dans la société, sont souvent rejetées, détruites, ou doivent être recyclées, émondées, pour qu’elles aient une vie.

D’autres ont des malformations à l’état naturel. Il y a des gens difficiles avec eux. Mais ces derniers constituent une richesse pour qui sait poser un regard différent sur eux. Tout est relatif dans la vie. Ne prend-on pas des arbres tout tortillés, avec des boules, des trous, pour faire des œuvres d’art? Ensemble, tout notre bois forme des structures formidables, solides. Mais, seul, on tient comme à un fil. Aussi, ironiquement, un petit morceau de matière ligneuse qu’on a créé, appelé allumette, peut réduire à néant nos plus belles œuvres.

Il en est de même dans notre vie, à l’occasion. Une langue peut mettre le feu, un microbe pour tout anéantir. L’eau peut aussi endommager lourdement le bois si on ne lui donne pas un bon toit pour le protéger. Ce dans quoi on baigne peut nous rendre croches, nous faire attraper ce qui peut mener à notre destruction à plus ou moins long terme. J’avais le goût de philosopher ce soir, sous le thème du bois, travaillant six mois par année pour une compagnie de matériaux de construction, rénovation, décoration, etc.

J’ajoute en terminant qu’il y a des bois qu’on peut changer et d’autres pas. C’est comme le caractère chez l’humain. Ça peut se changer, en travaillant dessus. Mais le tempérament, ça ne se modifie pas. C’est comme l’essence chez l’arbre. On ne peut transformer un bouleau en érable.