Claude Aubin

Claude Aubin: Sergent détective à la retraite du S.P.V.M., il a travaillé sur les groupes organisés tels la mafia Russe, les groupes Jamaïcains, les Pakistanais et les gangs de rues. Il aura plus de 5,000 arrestations à son palmarès. Puis de 2003 à 2012 il devient chroniqueur au Photo Police, en plus d’écrire trois livres et faire un peu de cinéma. En 2014, il se retrouve blogueur au Huffington Post. Et devient collaborateur au 10-04

Finalement, ça ne nous regarde pas

Rassurons-nous, tout n'est pas noir. Nous avons réussi à couper dans les CHSLD, les prisons, l'aide sociale et dans certaines largesses sur des médicaments.

Cette semaine, je suis tombé par hasard sur un billet de Richard Martineau. Il m’arrive de le lire de temps à autre et surtout de ne pas partager tout ce qu’il peut dire. Mais, cette fois, il a réussi à m’étonner de bonne façon.

Des projets devant coûter 10 ou 40 millions finissent par s’élever à un milliard; on ne parle pas de 20 ou 30% plus cher, mais des années-lumière du prix initial. J’en suis sidéré.

Je ne parle pas de partisanerie, mais de gouvernance. Comment un gouvernement responsable et imputable envers le peuple, peut-il laisser les choses déraper à un niveau tel et à des chiffres si énormes, que nous n’en prenions peu conscience, car elles dépassent notre compétence à comprendre et réaliser*?

Voici quelques exemples :

  • Le projet Phoenix qui finalement devait faire économiser 70 millions par année nous coûte, seulement cette année, 93 millions de dollars, juste en réparation.
  • Un registre d’armes passant de 5 millions à 1 milliard.
  • Le projet RENIR devant unifier les services d’urgence, devant coûter 114 millions – surprise – il en coûte un milliard pour établir un probable bon fonctionnement.
  • Le programme SAGIR qui vient en aide à je ne sais plus quoi. Passant de 83 millions à un milliard.
  • Le réseau informatique de la santé : de 547 millions à un milliard six cents millions.

Je n’ose pas mentionner les chiffres des CHU et CHUM, dont on ne compte plus les dépassements de coûts. Des réfections d’autoroutes, de ponts et tunnels.

Oubliez les paradis fiscaux, on en est à tout près de 6 milliards lancés dans les airs. Pas tout à fait, disons dans les poches de quelqu’un. Et cet argent est géré par des experts en rien, qui dilapident l’argent des autres, sans même en être imputable. Mieux, ils partent avec des primes de départ, de rendement et de relocalisation. Il faut quand même le faire.

Ces 5 à 6 milliards, s’ils avaient été dépensés pour autre chose, auraient peut-être été utiles à quelqu’un. Là, il faut plonger dans les poches des cochons payeurs pour garder à flot un bateau conduit par des équipes, qui dans le secteur privé, seraient mises à la porte à coup de pied dans l’arrière-train.

Je le répète, je ne parle pas ici d’un parti politique, mais de gouvernance en général.

Le pire dans tout cela, c’est que nous n’avons personne de responsable, d’imputable, personne en particulier et tout le monde en même temps.

Le pire dans tout cela, c’est que nous n’avons personne de responsable, d’imputable, personne en particulier et tout le monde en même temps.

Nos politiciens se lancent la balle, nos fonctionnaires font tout à fait la même chose et quand ils décident de partir, nous les CON-tribuables, versons de petits deux cent mille en indemnité de départ, à de fieffés incompétents, qui n’ont à répondre de rien et se prélassent en attendant un petit contrat juteux d’amis.

Mais rassurons-nous, tout n’est pas noir. Nous avons réussi à couper dans les CHSLD, les prisons, l’aide sociale et dans certaines largesses sur des médicaments. Comme quoi… vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade.

Les gouvernants nous promettent des commissions d’enquête, qui ne mènent à rien et ne servent qu’à masquer le prochain scandale, car il y aura un prochain scandale. Alors oui, je suis d’accord avec lui… Y a-t-il un pilote dans l’avion?

Ma réponse est oui, mais il est membre du groupe de la classe de première, celle du champagne et du caviar.

*Voir les lois de Parkinson : La difficulté de comprendre les montants astronomiques versus ceux de la machine à café ou du stand à vélos. En gros, les gens ne vont pas questionner des montants dépassant leur compréhension et vont voter sans trop poser de questions. Mais pour quelques centaines de dollars, ils auront plusieurs questions, car ces montants sont plus compréhensibles, donc ils peuvent exercer un certain contrôle.

Libre édition Claude Aubin
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