LA DÉMOCRATIE AU QUÉBEC, OUBLIEZ ÇA !

LE PARLEMENT N'EST PLUS QU'UN DÉCOR DE CARTON DERRIÈRE LEQUEL GROUILLENT LES MAINS DE LA SQ...




Robert Lafrenière chef de l'UPAC et son gendre Martin Prud'homme dg de La Sûreté Du Québec

Comme moi, depuis l’affaire opposant l’UPAC mettant en vedette le député Ouellet (un ancien policier), le Parlement, les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire qui copulent l’un dans l’autre ; comme moi, vous ne savez plus qui dit vrai ? L’histoire est si abracadabrante, si impensable, si loin de ce que l’on pourrait imaginer d’une saine démocratie qu’on croirait avoir été déportés à Moscou, sous Staline ! Dans la foulée de l’affaire Ouellet visite UPAC, nous avons fini par apprendre que les plus hautes fonctions de la SQ sont devenues une affaire de famille, que le grand patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, est un ancien haut-gradé de la SQ, que l’actuel chef de la SQ est son gendre, et que sa fille brille également dans les hautes fonctions de cette police politique qu’est finalement devenue la SQ.

Ça, ce sont les liens que les journaux de la semaine ont fini par établir et rendre public en six ans, depuis la création de l’Unité Permanente Anticorruption (l’UPAC). Pas fort ! Pas fort du tout !! Car ça fait des lunes qu’on en parle partout dans les médias sociaux. Si ce n’était que ça, le mal qui assassine présentement notre démocratie pourrait être encore guéri avec une traitement choc. Mais il y a plus ! Et vous voulez savoir une des grandes raisons expliquant pourquoi le ministre de la Sécurité publique, M. Coiteux, n’a pas voulu accueillir mon mémoire lors de la commission parlementaire bidon instituée au printemps 2016, sur le projet de loi 64 (Registre des armes à feu). En voici le contenu cité entre guillemets, disponible dans les Classiques des Sciences sociales et dans mon dernier bouquin consacré au faux débat sur les armes à feu.

CITATION : « De fait, quoi penser d’un ministère de la Sécurité publique qui voit son ancien ministre (M. Jacques Dupuis) devenir le conseiller juridique de la Fédération syndicale des policiers municipaux du Québec (FPMQ) et quitter précipitamment ses fonctions pour ne pas porter « préjudice » à sa conjointe travaillant dans le bureau de son successeur, M. Pierre Moreau (justement l’ancien chef de cabinet de M. Dupuis ), celui-là même qui, le 3 décembre 2015, a déposé le projet de loi sur « l’immatriculation » des armes à feu d’épaule ? N’est-ce pas d’ailleurs M. Dupuis, quand il occupait le premier fauteuil au ministère de la Sécurité publique qui a été pris la main dans le sac après l’intervention auprès de la Sûreté du Québec pour procurer un permis de port d’armes à feu à autorisation restreinte à son ami Luigi Coretti, un très proche du Parti libéral du Québec et un ami du ministre déchu, Tony Tomassi ! Quant à la nomination toute récente (le 28 janvier 2016) de M. Martin Coiteux à la tête du ministère de la Sécurité publique du Québec en remplacement de son collègue Moreau, on ne s’étonnera pas plus de savoir que le député de Nelligan (ouest de Montréal) cumule également les hautes fonctions de ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire et de ministre responsable de la région de Montréal, et qu’il est membre du Comité ministériel du développement social, éducatif et culturel, confirant ainsi le choc culturel et la totale mainmise de Montréal sur le reste du Québec.

Comme on disait si bien dans les campagnes reculées de par chez nous pour illustrer les contacts incestueux entre les ministres de la Sécurité publique qui se sont succédés depuis le tournant du millénaire, les associations de policiers et leurs amis, ici, le frère couche avec la sœur, la mère avec le fils et le père avec la fille ! Dans ce contexte où les plus hauts gradés de la police copulent, dans le sérail des influences indues, avec les représentants de la Fraternité et le Ministère dont ils sont censés être redevables par devant le public, qui pourra me reprocher d’avoir perdu toute confiance envers cette institution nationale et de douter de la pureté des intentions de ces fonctionnaires de l’État sur la question du registre des armes à feu ? Qui ? » FIN DE LA CITATION

Pour dire les choses plus simplement, cette ingérence policière dans le politique et le législatif qui gangrène les plus hautes instances de la SQ et étend aujourd’hui ses métastases jusqu’aux institutions parlementaires, a déjà une longue histoire derrière elle et les journalistes qui sont censés nous informer se sont affaiblis à un tel point au fil de la décennie qu’ils n’ont même pas été en mesure d’en brosser l’historicité. Si vous pensez que le Québec va réussir à s’en sortir avec l’odieuse mise en scène médiatique (cover-up serait plus juste) qu’on nous sert depuis hier, vous vous leurrez. Nous avions besoin d’un électrochoc de 550 volts ; c’est à peine si ce qui a été ressenti a atteint le 110 v.

Le vrai choc, c’est de comprendre finalement que la démocratie au Québec a été pervertie à un tel point qu’il ne reste plus qu’une solution pour ceux et celles qui rêvent encore de liberté : quitter ! Quitter comme la femme de Loth, sans se détourner pour ne pas changer en statue de sel…