Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

Le tigre pourrait vivre, au Canada, mais il n’y en a pas!

Chef a domicile

Par chance, il n'y a pas de tigres au Canada.
Il y a aussi des léopards des neige, en Sibérie, ce qu’on n’a pas au Canada.

Serait-il possible de tomber sur un tigre au Canada, pays qui a strictement la même taïga (forêt boréale) que la Russie, le pays voisin?

Par Ghislain Loiselle

Seulement 90 kilomètres séparent l’Amérique Nord et l’Asie, la largeur du détroit de Béring. La Sibérie, russe, n’est donc pas si loin de nous. Et ses tigres.

Mais il semble bien que seul l’homme a traversé en Amérique, il y a 30 000 ans pour la première vague. Le tigre de Sibérie vivait-il alors dans cette partie de la Russie? Lui qui est adapté au froid, avec sa fourrure qui le distingue nettement de tout autre tigre… S’il a traversé, on n’en voit pas en Alaska ou au Yukon ou en Colombie-Britannique. Peut-être pourrait-on trouver des ossements de tigre, un jour, au Canada. Qui sait.

Espérons que personne n’aura l’idée d’en transplanter ici. Question de sécurité pour la population canadienne. Ce serait illégal. Mais combien ne respectent pas les lois. S’il y a des braconniers, il pourrait très bien y avoir des délinquants à d’autres égards. Une telle implantation relèvera de toute façon de l’État. Une pareille manoeuvre doit être évaluée et contrôlée. Une démarche très officielle s’effectue présentement en lien avec l’introduction du tigre au Canada. Tigre Royal Tiger Canada est une campagne de relation publique bilingue visant à convaincre la population que le Canada est une terre d’accueil pour le tigre de Sibérie, menacé de disparition.

Les amis du tigre Canada est une association sans but lucratif qui a pour mission l’implantation du tigre de Sibérie dans le Nord canadien pour assurer la préservation de l’espèce, menacée d’extinction en Asie.

Existant grâce à la générosité de donateurs concernés par la biodiversité et les enjeux environnementaux dans un monde globalisé, Les amis du Tigre Canada finance une partie de ses activités grâce à la vente de produits promotionnels.

Techniquement, le tigre pourrait très bien vivre au Canada. La faune canadienne compte les mêmes représentants que la Russie pour ce qui est de l’orignal, du loup, de l’ours, du renard, du lièvre, du lynx, de l’aigle, du castor, du carcajou, du renne (caribou), du tamia rayé (suisse)…

Par contre, ici, on a le lion de montagne, également appelé puma et cougar, et la Sibérie n’en a pas. Et nous, nous n’avons pas de tigres. Et c’est bien tant mieux.  Et on ne projette pas d’échanges avec nos voisins Russes. Ce serait bien le bout. Si la nature n’a pas installé de tigres chez nous et de cougars chez eux, il ne faut surtout pas interférer et essayer de jouer à Dieu. Déjà qu’un puma, c’est un félin redoutable, s’il fallait qu’on ait à vivre avec des tigres, ce serait, je pense, un peu épouvantable.

Au temps de la traversée de la Béringie, il y avait, sur ce territoire, des tigres à dents de sabre et d’autres animaux qui n’existent plus aujourd’hui, à cause du réchauffement de la planète (l’année la plus chaude a été enregistrée, cyclostratigraphiquement, en -4000 avant Jésus-Christ et il n’a jamais plus fait aussi chaud par la suite).

S’il y avait des tigres chez nous, il n’y aurait qu’à ne pas aller en forêt, argumenteront certains. Peut-être, mais un animal peut aussi venir jusqu’à nous. On le voit en Inde où les décès par tigres sont trop nombreux, à chaque année. Les Indiens de l’Inde sont un milliard et demi. Qu’à cela ne tienne. On n’est pas si nombreux au Canada et en particulier dans les régions nordiques canadiennes et le grizzly fait quand même des victimes. Chez des gens qui sont allés dans le bois, je le concède. Mais tout de même. Qu’est-ce que ce serait avec des tigres?! Je fais des recherches pour savoir si le tigre de Sibérie fait des victimes humaines. Car il y a du monde qui vit en Sibérie. J’y reviendrai.

En attendant, le débat se poursuit pour ce qui est du cougar dans l’Est canadien. Une multitude d’observations sont rapportées. Mais jamais on ne réussit à obtenir de photographies ou de vidéos clairs d’un puma. Pas facile. On voit plein de petits documents d’animaux filmés par des chasseurs, des randonneurs, etc. Mais jamais pour des lions de montagne. Il demeure que le cougar abattu à St-Lambert et qui a été naturalisé (empaillé) et exposé au parc national d’Aiguebelle demeure un fait. Il y a bel et bien eu présence d’un cougar en Abitibi, par le passé. On attend pour une deuxième manifestation… et une troisième, en souhaitant que personne ne tire jamais dessus cette fois. De bonnes photos ou de bons films feront l’affaire et tout le monde sera heureux d’avoir une preuve en béton qui permettra d’affirmer que, oui, il y a bel et bien des cougars au Québec et plus largement dans l’Est canadien, comme dans l’Ouest.

Selon la WWF (World Wildlife Fund), la plus grande menace qui pèse actuellement sur les populations de tigres sauvages demeure le braconnage, pour répondre à la demande soutenue de produits dérivés du tigre – essentiellement pour la médecine traditionnelle.

La chasse délibérée et à grande échelle au tigre pour en vendre les produits dérivés est responsable de la disparition complète de l’espèce dans plusieurs réserves qui avaient été créées pour la protéger. Les braconniers font même de l’entreposage de tigres abattus, dont les produits dérivés acquièrent une valeur inversement proportionnelle au nombre de tigres encore vivants.

Le tigre a perdu 93 % de son aire de répartition traditionnelle. La destruction à grande échelle de son habitat et la disparition des populations d’animaux de proie sont les deux principales menaces à la survie, à terme, du tigre à l’état sauvage.

Au cours des dernières décennies, l’habitat du tigre a été dévasté, dégradé et fragmenté par l’activité humaine – essentiellement le défrichement des forêts pour l’agriculture, et la coupe forestière et autres activités telles que la construction de routes. Au cours des dix dernières années, ce n’est pas moins de 45 % de l’habitat du tigre qui a disparu. Il ne reste aujourd’hui au tigre que 7 % de son aire de répartition traditionnelle.

© Jeff Foott / WWF-Canon

Aujourd’hui, les menaces qui pèsent sur le tigre sont de quatre ordres:

  • Braconnage, ce qui comprend le commerce illégal de produits dérivés du tigre;
  • Disparition de l’habitat ou sa fragmentation, ce qui comprend la coupe forestière illégale et les plantations commerciales;
  • Abattage punitif lié aux conflits entre humains et tigres;
  • Répercussions prévisibles des changements climatiques sur leur habitat.