Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

Les autobus scolaires sur la route sur l’heure du dîner, ça suffit!




Les autobus jaunes dans le trafic, le midi, c'est assez!

Je ne sais pas pour vous, mais ça fait des années que je trouve que ça n’a aucun bon sens et, pourtant, ça continue de perdurer, au fil des décennies. De quoi je parle? Du transport des écoliers, en autobus, sur l’heure du dîner! Vous n’êtes pas obligés de partager mon opinion. Vous avez des arguments?

Par Ghislain Loiselle

Personnellement, je trouve qu’il est déjà périlleux de déplacer des étudiants le matin et le soir, avec tout ce que cela implique sur le plan de la circulation automobile et des risques pour la vie et la santé des jeunes, sans qu’on en rajoute en les remettant sur le chemin juste pour aller manger à midi.

Surtout qu’ils vont pouvoir rester combien de temps chez eux, 15 minutes, 30? Non, il faut l’avouer. C’est ridicule!

Mettre un autobus sur la route, pour l’aller et pour le retour, c’est exactement comme un décollage et un atterrissage d’avion. Ce sont des moments critiques. Lorsqu’un bus circule, ça implique que tout le trafic doit s’adapter à sa présence, s’arrêter quand il arrête, et cela autant de fois qu’il le faut. C’est lourd. Ce n’est pas un véhicule ordinaire. Et ça peut être lourd de conséquences, comme dit la publicité. Tout le monde doit respecter cette réalité. Même si, tout le monde le sait, combien maugréent. Même les chauffeurs d’autobus sont bien conscients qu’ils ne sont pas toujours aimés. Mais, le matin et le soir, c’est comme ça, et personne n’a le droit d’en vouloir aux chauffeurs d’autobus. Il y a des règles et il faut les respecter. Notre système est ainsi fait que les gens qui demeurent trop loin des écoles doivent être transportés jusqu’à ces établissements. Les écoles de rangs, ça n’existe plus.

Mais remettre la gent estudiantine sur le réseau routier au coeur de la journée, là, non. Cela, dans mon livre à moi, constitue de l’abus. Et un manque flagrant de soucis pour la sécurité des enfants et adolescents. C’est impliquant, un bus dans les rues et avenues et boulevards et chemins. Une flotte impressionnante de véhicules sillonnent nos artères pendant la journée. Des poids lourds, notamment. Il y a de l’activité, économique et sociale. Il est clair, à mon point de vue, que si un garçon ou une fille reste trop loin de l’école pour marcher, hé bien ils doivent logiquement prendre leur repas à la salle à manger de leur institution. Sinon aller à un autre endroit, à pied. Ou utiliser le système de transport en commun de la ville, si les horaires conviennent. Les parents n’auraient pas à suppléer au transports par autobus. Il y a des cafétérias et un lunch, ça s’apporte, à l’école. Comme on peut le faire au travail et que beaucoup le font d’ailleurs.

On me servira comme argument que les gens paient un surplus pour ce transport. L’argent ne doit pas autoriser un bris au niveau de la sécurité publique. Et s’ils ne paient pas, alors qu’advient-il de ceux qui restent trop loin pour pouvoir prendre l’autobus pour aller dîner. Eux doivent rester. Et les autres, hé bien ce sont les taxes de tous qui défrayent le chauffeur, le carburant, le coût du bus en tant que tel et de son entretien et des réparations s’ils y a bris… Et les taxes scolaires ont juste doublé, ces dernières années, à Rouyn-Noranda, Abitibi. On parle de beaucoup plus que du bien-être des gars et des filles. Dans la vie, il y a des choses qu’on doit changer et qui, qu’on le veuille ou non, finissent par être modifiées. Le transport par autobus scolaire le midi, ç’en est une. Déplacer de pareils véhicules, c’est sérieux. Surtout durant la saison froide qui dure juste six mois à notre latitude, plus plus au nord. J’imagine la situation suivante. L’autobus réussi à amener un enfant à bon port, c’est-à-dire à l’école. L’enfant reprend l’autobus le midi et un pépin survient et voilà que l’enfant voit retardé son retour à l’école où on l’avait pourtant transporté. Un nouvel autobus doit être mis en circuit et ce relai coûteux ne se fait pas en criant ciseaux.

L’évolution pour le bien commande de changer nos pratiques à certains égards, parfois. Qui me donnera tort et quels motifs responsables me servira-t-on, concernant le transport scolaire en milieu de journée? On ne peut prendre la vie en société à la légère, surtout dans des villes aussi populeuses que, par exemple, Rouyn-Noranda et Val-d’Or, en Abitibi (+ ou – 40 000 habitants chacune).

Je le répète, un seul autobus, c’est comme un panier dans lequel on met tous ses oeufs. Ces oeufs, ce sont des enfants qu’on expose aux dangers de la route quatre fois au lieu de deux quand on leur fait prendre le bus sur l’heure du dîner.