Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

L’habit et l’habitation, primordiaux aux pays du froid

Chef a domicile


Les Eskimos étaient des plus autonomes, comme d'ailleurs les Amérindiens.
Une micro-maison mobile à la Mongole.

Habit et habitation, voilà deux mots qui se ressemblent. L’habit vient du latin habitus (manière d’être, mise, et tenue, vêtement). Habitation vient du latin habitatio, de habitare. C’est le lieu où on habite.

Par Ghislain Loiselle

On pourrait dire que, l’hiver, notre parka est l’équivalent d’une maison. Nous y habitons et pouvons y survivre aux grands froids.

Et au contraire d’une résidence, notre manteau n’est pas immobile. Des plus précieux, il nous permet l’autonomie, le déplacement, la mobilité.

Mais l’habit n’élimine pas la nécessité de l’habitation. Surtout à nos latitudes. Même aux tropiques et à l’équateur, points les plus chauds de la planète, les habitants ont besoin de se mettre à abri, sous un toit, en raison de la pluie, du vent, des insectes, des animaux sauvages et, bien oui, du froid. Car on pourrait mourir d’hypothermie même dans le désert du Sahara, dans le nord de l’Afrique.

On retrouve sur Terre au moins deux peuples qui ont fait en sorte que même leur maison était autonome : les Mongols et les Inuits.

Les premiers transportaient leur yourte avec eux, lors de leurs pérégrinations sur leur territoire, à dos de cheval ou de chameau. Une personne vit dans une yourte à Angliers, sur le chemin reliant cette agglomération et Fugèreville, au Témiscamingue. Avant de s’installer dans cette habitation typiquement de Mongolie, l’homme vivait dans une toute petite maison. Dans mon esprit, l’occupant fait comme de la villégiature à longueur d’année, sur sa terre, et c’est très bien, je trouve.

Les autres disposaient partout de la matière première nécessaire pour bâtir en presque une heure leur igloo, une des constructions les mieux isolées du Monde, à cause de l’air qu’emprisonne la neige. On peut facilement parler d’un facteur isolant équivalent à de la mousse R35, les blocs étant quand même d’une bonne épaisseur.

De nos jours, le facteur air est toujours pris en considération dans les matériaux isolants. Du simple papier-bulles de type  »thermo foil » assure une isolation étonnante. Plusieurs s’en servent pour isoler leur cabane à pêche ou leur camp de chasse. Ils évitent les laines à cause des souris qui peuvent la souiller et obliger l’hôte à ouvrir les murs pour éliminer les odeurs et l’insalubrité. On a beau tout faire pour boucher les accès aux souris, on dirait que ce petit monde vient toujours à bout de rentrer quelque part. Certains en viennent à ajouter du grillage à  »stucco » à leur structure. Donc, on est rendu très loin de l’isolation au brin de scie.

Pour les vêtements, l’air y joue également un rôle majeur pour nous protéger contre la morsure du froid. La multiplication des couches vestimentaires (emprisonnant du coup l’air) constitue la technique pour gagner un maximum de protection à cet égard. On peut augmenter ou diminuer l’isolation en ajoutant ou retirant des surfaces sur notre corps. C’est le principe dit des pelures d’oignon.

Point n’est besoin d’attendre les froids extrêmes pour se vêtir de manteaux dignes de ce nom. Même lorsque les températures sont au-dessus de zéro, on le sait, on peut être plus qu’incommodé par l’air froid.

Le frère d’un de mes oncles est mort de froid. Il circulait en automobile, l’hiver, en habit citadin et petits souliers de ville, sur une route peu fréquentée, et son automobile a lâché. Il a été retrouvé mort, des kilomètres plus loin, sur le bord de la route. Il n’avait pu survivre au froid ainsi vêtu. Ne jamais se fier à cette autre  »habitation mobile » qu’est un véhicule. Toujours y prévoir des vêtements chauds d’hiver et des couvertures, en cas de bris. Cela inclut toujours bottes, couvre-chef et mitaines hivernales.