Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

Rouyn-Noranda est une productrice d’oxygène!

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Saviez-vous que Rouyn-Noranda, Abitibi, Québec, est une ville productrice d’oxygène? En fait, c’est la fonderie Horne qui le produit dans le cadre de ses activités sidérurgiques et spécifiquement aux fins de celles-ci!

Par Ghislain Loiselle

Je sais depuis longtemps qu’il y a au moins une usine dite d’oxygène, sur la propriété de la division de Glencore. On en retrouve plusieurs à travers le monde. Cet élément du tableau périodique a des fonctions positives.

J’ai déjà voulu réaliser un reportage sur le sujet, il y a plusieurs années déjà, mais la compagnie avait rejeté ma demande d’entrevue. C’est en vain que j’avais insisté.

Qu’à cela ne tienne, ce que j’ai déjà su, c’est qu’il y avait en fait trois usines de production d’oxygène dans le périmètre de la  »Cité du cuivre » dont une commandée à distance depuis Rochester dans l’État de New York, États-Unis (comme Rouyn-Noranda télécommande les centrales hydroélectriques de l’ouest des complexes de la baie James, dans ses bâtiments du boulevard Saguenay).

On sait que le fer et le soufre, des concentrés et des autres matériaux ainsi que des impuretés comme le plomb et le zinc réagissent avec l’oxygène insufflé dans le réacteur pour produire notamment de l’oxyde de fer, des scories fondues et un gaz contenant de l’anhydride sulfureux. L’oxygène augmente la capacité de fonte du matériel traité, comme l’oxygène accompagne le propane, par exemple, pour la coupe de métaux au chalumeau.

Mais où donc la  »Mine Noranda » prélève-t-elle cet oxygène? Dans l’eau? Il y a un  atome d’oxygène dans ce composé. Eh bien non! Dans l’air! L’air que nous respirons. L’air qui contribue à nous maintenir en vie. L’air est un mélange de nombreux gaz. Mais ses deux principaux constituants sont le dioxygène pour 21 % et le diazote pour 78 %. Le 1 % restant est composé d’autres gaz : argon, néon, dioxyde de carbone, etc.

Le dioxygène est souvent appelé simplement oxygène dans la vie courante, mais ce terme n’est chimiquement pas exact. Et il est faux aussi de dire par exemple que les plongeurs sous-marins respirent de l’oxygène en bombonnes. En fait, c’est tout simplement de l’air que contiennent ces réservoirs.

Cette composition (oxygène,  »nitrogène », argon, néon, dioxyde de carbone, etc.) n’était pas la même lorsque la Terre s’est formée et elle a été modifiée profondément par l’apparition de la vie. Les algues bleues, aussi appelées cyanobactéries, ont été les premières formes de vie à produire du dioxygène, il y a 3,8 milliards d’années.

Mais revenons à nos moutons. La Noranda produit de l’oxygène pour ses propres besoins. J’aurais aimé savoir ce qu’elle faisait de ce qu’il reste une fois qu’elle a pris l’oxygène de l’air. Que fait-elle de l’azote, notamment. On sait que l’azote est utilisé pour gonfler les pneus. Il fuit moins que l’air. Je me disais que cet azote pouvait être commercialisable. Je sais qu’on s’en sert aussi pour mettre dans les sacs de croustilles. Ça évite d’une part que les  »chips » se retrouvent écrasés lors de leur manutention. Et ça aide d’autre part à les conserver jusqu’à leur achat par les consommateurs dans les tablettes, car c’est l’oxygène de l’air qui provoque la décomposition.

Les gaz rares que sont l’argon et le néon sont sans doute également des  »produits » vendables…

Qu’est ce la fonderie Horne en fait? On voit une expulsion régulière de  »nuages vaporeux » des larges cheminées en forme de cuves depuis la rue Portelance, lesquelles jouxtent l’usine qui produit de l’acide de qualité pharmaceutique (c’est-à-dire utilisable dans l’alimentation) et fixe pour ce faire plus de 90 % de l’anhydride sulfureux (SO2) produit lors des opérations de traitement du concentré. Est-ce uniquement de la vapeur? Ou bien ce sont les gaz moins l’oxygène qui sont ainsi rejetés? Si c’est le cas, cela présente-t-il un certain danger pour la santé de la population? Je ne crois pas. C’est une partie de l’air que nous respirons. Peut-être est-ce en raison du secret d’entreprise qu’on ne peut avoir de réponses à toutes ces questions. Une chose est sûre, en tout cas. Le sujet est passionnant et pourrait en instruire plus d’un, positivement, si l’entreprise daignait seulement parler un peu publiquement de cet aspect de ses activités industrielles.

Pour revenir à l’oxygène, cet élément est, en terme de masse, le plus abondant de l’Univers après l’hydrogène (qui est à la source de tous les autres éléments du tableau atomique) et l’hélium. Et, toujours pour la masse, l’O est le plus abondant des éléments de l’écorce terrestre, de la biosphère, air, eau. Sur Terre, l’oxygène constitue 86 % de la masse des océans sous forme d’eau, 46,4 % de la masse de l’écorce de notre planète, en particulier sous la forme d’oxydes et de silicates, et 23,1 % de la masse de l’air (10 exposant 15 tonnes), sous formes de dioxygène ou d’ozone. Le dioxygène est donc le deuxième composant le plus important de l’atmosphère terrestre, représentant notamment 20,8 % de son volume. Le taux aussi important d’oxygène gazeux dans l’atmosphère de la Terre fait de notre planète une exception dans le Système solaire. Il faut savoir que 0,9 % de la masse du Soleil est composée d’oxygène. Du point de vue de la vie, 62,5 % de la masse du corps de l’être humain est constituée d’oxygène et ça va jusqu’à 88 % chez certains animaux marins.