Faire payer à tous…

Chef a domicile


« Michel Le Roux n’a qu’un seul combat : il souhaite empêcher l’accès aux armes à feu pour les personnes ayant des problèmes de santé mentale ou des antécédents violents. « Il y a des gens qui possèdent des armes à feu qui ont des antécédents violents, qui sont suicidaires et qui, malgré tout, ont leurs armes », déplore-t-il. Il note au passage les tueries du Collège Dawson, de la Polytechnique et de la mosquée de Québec, où les accusés avaient des antécédents connus de troubles mentaux. »

Par : Guy Morin

Monsieur LeRoux a le même but que moi : empêcher l’accès aux armes à feu aux personnes ayant des problèmes de santé mentale et/ou des antécédents de violence et/ou qui sont suicidaires.

À chaque fois qu’il arrive un incident, on se rend compte que la personne est passée dans les mailles du filet. Malheureusement, il est impossible de toutes les repérer.

Mais avant de demander plus de lois, plus de réglementations et plus de restrictions sur l’arme à feu à l’ensemble des propriétaires d’armes à feu, il faut commencer par prendre conscience des mesures qui sont déjà en place et comprendre les raisons qui ont fait que cet individu n’a pas été intercepté à temps.

La santé mentale est un dossier que les gouvernements ont délaissé depuis longtemps avec la désinstitutionnalisation. Les proches, les familles et les individus sont souvent laissés à eux-mêmes.

Sur les réserves indiennes, très souvent, ces mesures existantes ne sont pas mises en place. Le PPA est souvent une option et l’arme à feu est considérée comme un outil de subsistance. Les coûts de l’école nationale de police s’élèvent à environ 8000$ pour un étudiant québécois et environ 27 000$ pour un étudiant Autochtone. Ce qui fait en sorte de rendre inaccessible le métier aux jeunes Autochtones, qui seraient beaucoup plus à même de faire une intervention efficace dans une communauté dont ils connaissent bien les particularités culturelles. Ajoutez à ça que dans la dernière session à l’école de police de Nicolet, les meilleurs éléments sont déjà recrutés par la Sûreté du Québec ou les services policiers des grandes villes… et que les plus cancres sont relayés où ?

Bien sûr, dans les réserves indiennes.

FORMATION POLICIÈRE

FORMATION POLICIÈRE Il se pourrait que ça ne soit pas les premiers de classe qui sont policiers sur les réservesAvant la SQ choisissait les étudiants les plus performants pendant leur éducation, allant même jusqu'à leur fournir l'uniforme de la Sûreté du Québec pendant cette dernière. Imaginez comment les étudiants devaient se sentir en voyant leurs camarades déjà choisis par la Sûreté du Québec et habillés, avant même d'avoir terminé leurs études. Aujourd'hui, ils sont un peu plus hypocrites, ils appellent cela les cadets de la Sûreté du Québec.Vidéo :Segments de l'émission Enquête 16 février 2017

Posted by 10-04 MÉDIA on Friday, November 3, 2017

Est-ce que la municipalité du Lac-Simon n’avait pas refusé un appel d’offre pour équiper ses policiers d’arme de type AR-15 et d’équipement de protection niveau 3 et 4 dans les semaines précédentes?

Est-ce que sensibiliser et encadrer les jeunes policiers ne devraient pas être une revendication pour Michel?

Les raisons pour lesquelles il ne faut surtout pas généraliser à l’ensemble de la population canadienne.

Faire un copier/coller des demandes du lobby anti-armes, c’est accepter de vouloir se battre non pas pour enlever les armes aux gens qui ne devraient pas en avoir, mais pour éliminer toutes les armes possédées par des civils.

Vous voulez travailler à empêcher l’accès aux armes à feu aux personnes ayant des problèmes de santé mentale et/ou des antécédents de violences et/ou qui sont suicidaires? OK je suis avec vous!

Vous voulez le faire en m’emmerdant parce que je suis un propriétaire d’arme à feu, donc potentiellement un danger pour la sécurité publique et un criminel à retardement? Non merci, je ne serai pas avec vous sur le podium le 6 décembre.

Ceci dit, intéressons-nous aux mesures en place pour ceux qui voudraient ou qui possèdent déjà une arme à feu de façon légale au Canada.

Pour avoir une arme à feu, il faut commencer par le processus du PPA (Permis de Possession et Acquisition).

Le PPA non-restreint (arme de chasse, carabine) : Suivre un cours de maniement sécuritaire CCSMAF de 10 heures au coût de 80$.

Le PPA restreint (arme de poing) : Après avoir suivi le cours de CCSMAF, vous devez suivre un autre cours de maniement sécuritaire CCSMAFAR de 8 heures au coût de 85$.

Après avoir suivi le ou les cours, vous devez remplir une demande pour l’obtention du PPA que vous désirez :

  • Renseignements personnels
  • Enquête sur les antécédents criminels
  • Enquête sur les antécédents de violence
  • Enquête sur les antécédents de santé mentale sur vous et les membre de votre famille vivants sous le même toit.
  • Toutes les coordonnées des conjoints et ex-conjoints des 2 dernières années. Ils seront appelés et questionnés.
  • Toutes les coordonnées de 3 personnes de références. Ils seront appelés et questionnés.
  • Vous présenter au poste de police de votre municipalité pour faire vérifier votre identité par un agent.
  • Poster vos documents avec un chèque de 60 ou 80$ selon le PPA

Si tout va bien, vous aurez un délai d’attente de 4-6 mois avant de pouvoir enfin acheter votre première arme.

Y a-t-il un problème dans ce processus? Non, si vous n’êtes pas en mesure de posséder une arme, vous ne passerez pas à travers ce processus.

Le PPA doit être renouvelé à tous les 5 ans en recommençant la même procédure.

Dans la période de 5 ans entre les renouvellements, contrairement aux ragots que certaines personnes colportent, il y a beaucoup de mesure mises en place :

  • La dénonciation obligatoire des médecins, psychologues, avocats, etc. qui ont l’autorisation de rompre la confidentialité.
  • Le programme « J’ai un doute, j’appelle » qui permet la dénonciation anonyme d’un comportement inquiétant de la part d’un propriétaire d’arme à feu en appelant la GRC en tout temps.
  • La saisie préventive automatique pour une plainte, une accusation, un doute raisonnable, et ce, sans mandat.

Pour récupérer ses armes après une saisie, un citoyen devra passer devant un juge après 2 à 4 mois d’attente. Il fera face à un procureur qui déposera automatiquement une requête en interdiction de possession de 1-10 ans. Il devra faire la preuve qu’il n’est pas un danger pour lui ou pour autrui.

Si un autochtone sur une réserve les récupère le lendemain ou quelques jours plus tard, demandez-vous pourquoi la procédure n’a pas été respectée, ne demandez pas de rajouter une nouvelle loi.

Il y a plus de 1000 saisies préventives annuellement au Québec dont la majorité finiront avec une interdiction de possession de 10 ans, parce que les individus n’ont pas les moyens de se défendre ou ne sont pas en mesure de prouver leur légitimité de garder leur privilège de possession.

Il y a aussi des appels qui sont faits par le CFO (contrôleur des armes à feu) aux personnes références ou conjoint de façon aléatoire quand un propriétaire fait plusieurs achats dans un laps de temps rapprochés.

C’est dans cette période de 5 ans que nous les échappons. Pas parce qu’il n’y a rien en place, mais bien parce que le processus n’a pas été suivi ou des gens n’ont pas réagi à temps.

Gill avait consulté dans un CLSC 2 jours avant de passer à l’acte. Le médecin l’avait renvoyé chez lui, il n’avait rien, ça a l’air…

Bissonnette était suivi pour des problèmes de santé mentale, prenait des médicaments, avait un problème d’alcool et un comportement bizarre dans les derniers temps. Le médecin n’était peut-être pas au courant qu’il avait des armes. Les parents et les amis n’ont rien vu?

C’est dans la prévention, l’éducation et l’entraide entre propriétaires qu’il faut travailler.

Certaines personnes proposent de mettre la vérification obligatoire du PPA par les médecins et psychologues ou même ajouter la mention « PPA » sur la carte soleil ou permis de conduire. Ce genre de mesure fera en sorte de dissuader les propriétaires de consulter de peur de se faire saisir leurs armes. Cette situation arrive déjà; ça ne ferait que les multiplier. Ce n’est pas parce qu’une personne est en « burn out » qu’il est automatiquement suicidaire ou à risque de commettre un meurtre. Mais si le « burn out » n’est pas pris à temps, que va-t-il se passer?

Quand une personne a une dépression mineure, on lui prescrit de se trouver une passion, un loisir, une activité. La chasse et le tir sont quoi, d’après vous?

Bien sûr, la plupart des personnes qui prennent cette noble cause réclameront plus de restrictions sur l’objet. À défaut de ne pouvoir les interdire en un claquement de doigt, faire en sorte de rendre l’achat et la possession plus contraignante fera en sorte de les dissuader d’en acheter « légalement ». De cette façon, dans quelques années, il y aura moins de monde pour s’opposer, il sera plus simple de les interdire point final.

Plus de lois, plus de restrictions n’empêcheront pas d’en échapper un, mais s’il y a moins d’arme dans les mains de gens honnêtes, les statistiques de morts par arme à feu seront plus agréables à lire après que les cadavres auront changé de case (pendaison, médicament, intoxication, suicide par policier, suicide en auto, etc.)

Quand nous parlons de Gill, Bain, Bissonnette, Justin Bourque, etc., ce que les pro-contrôle oublient volontairement de dire, c’est qu’ils ont tous enfreint les lois, réglementations et restrictions mises en place après la Polytechnique.

Rappelez-vous que dans la conclusion du rapport du coroner sur la tuerie de la Polytechnique, il était mentionné : « Aucune loi ou réglementation n’aurait pu éviter ce qui s’est passé ce jour-là. » Pourtant que s’est-il passé après la Poly? Loi C-17, Loi C-68, etc.

À Dawson, encore une fois, Gill a enfreint les lois et réglementations en vigueur. Que s’est-il produit après? L’imposition de la Loi-9 qui réglemente les activités pratiquées avec des armes à feu.

PolySeSouvient a même convaincu les parents d’Anastasia De Sousa de sortir publiquement l’an dernier pour dire qu’un registre québécois aurait pu sauver leur fille. Gill avait des armes restreintes, donc dûment enregistrées depuis 1933 et encore à ce jour.

Donc NON, un registre n’a pas sauvé leur fille et encore moins un registre d’armes de chasse que Gill n’a pas utilisé. Mais, la vérité n’a aucune importance quand la population n’y connaît rien. J’espère simplement que la prochaine recrue ne se fera pas dicter le discours par la papesse en chef.

La fin du registre canadien a simplement mis fin à une mesure inutile où le coût versus l’utilité n’a jamais été démontrée. Mais en refaire un nouveau en passant par les provinces, ça va sûrement être mieux…

À cet instant, vous devriez voir des fées et des licornes passer sous un arc-en-ciel avec le son d’une harpe 😉

Les modifications du C-42, mises en place en 2015, n’ont rien changé à la sécurité du public. Ça a simplement mis du bon sens dans des réglementations inutiles qui ne faisaient qu’emmerder les propriétaires et faire d’eux des criminels administratifs.

Par exemple : la fin des permis de transport. En quoi un permis de transport empêchait un individu malveillant de passer à l’acte?

« Merde je n’ai pas de permis de transport, je ne pourrais pas aller lui mettre une balle dans tête. »

« Bonjour, môssieur l’agent, j’aurais besoin d’un permis de transport pour aller tuer un gars à Montréal, je pars de Québec. »

Des exemples niaiseux vous trouvez? Non, ça démontre toute l’inutilité d’un permis de transport pour sauver une seule vie.

Autre exemple : Avant si vous n’aviez pas renouvelé votre PPA le 31 décembre, le 1 janvier à minuit une, vous étiez passible de 2 ans de prison pour possession illégale d’arme à feu. Maintenant, vous avez 6 mois, pour régulariser votre situation, mais pendant cette période, vous n’avez pas le droit d’utiliser ou de sortir vos armes de chez vous parce que là, vous serez un criminel.

Au lieu de vouloir ajouter plus de lois, plus de réglementations, plus de restrictions, pourquoi ne pas enlever celles qui n’ont aucune incidence sur la sécurité publique? Vous savez celles qui rendent criminels des citoyens honnêtes pour des raisons administratives. Et surtout, faire en sorte d’appliquer adéquatement les mesures déjà en place qui peuvent vraiment aider à sauver une seule vie.

Malheureusement, il est impossible de sauver tout le monde et je crois que nous devons hélas accepter cette situation.

Je crois que dans une société, il doit avoir un juste équilibre entre les droits, libertés et responsabilités individuelles et le fameux « vivre ensemble ». Depuis longtemps, surtout au Québec, cet équilibre est en péril par l’acharnement illusoire du risque zéro et de la pensée émotive du « si ça peut sauver une seule vie » dans toutes les sphères de notre société.