Ghislain Loiselle

Ghislain Loiselle a été journaliste-photographe de début 1980 à fin 2008 dans trois journaux de Québecor à Rouyn-Noranda, un vendu, un gratuit et un électronique. Il a aussi écrit de nombreux textes pour d’autres publications. Demeure indépendant comme journaliste, rédacteur et photographe. Rédige aussi sur son web log (Le Blogue de GL) et sur Facebook. Affectionne le commentaire, mais aussi le rapport objectif sur un peu tout, étant avant tout un généraliste.

Il a fait 142 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 degrés C au coeur du cosmos

Chef a domicile


Notre étoile.

Il a été démontré scientifiquement qu’on ne pourra jamais atteindre le zéro degré absolu. Il en est cependant autrement pour la plus haute température. Sauf que ce n’est pas de nous que ça dépend, mais de la nature à une échelle cosmique. En théorie, il n’y a pas de limite à la chaleur. Mais il existe bien un record de température, atteint une seule fois et qui restera vraisemblablement inégalé.

Par Ghislain Loiselle

En regardant très loin dans le passé, si on suit le modèle établi par la physique des particules, la limite correspond à la température de Planck.

L’espace d’une fraction de fraction de fraction de seconde après que l’univers a commencé, l’espace-temps a commencé à vibrer, ce qui a entraîné une température de 10 000 000 000 000 000 000 000 000 000 K, soit  142 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 °C.  C’est inimaginable. L’univers aurait approché ce chiffre une seule fois dans son histoire. Le kelvin (K) est une unité de mesure thermodynamique de température.  C’est l’unité SI (Système international) de température. La température de zéro kelvin correspond à -273,16 degrés Celsius.

Les températures au début de notre univers, au Big Bang, étaient donc bien supérieures aux 3000 kelvin ou 819 207 C atteints à une certaine étape dans l’Univers.

Notre lecture de la température des débuts de notre monde, de l’Univers primordial, remontent à 300 000 ans après le Big Bang. On ne peut lire plus loin, à cause d’une  »brume d’électrons ». Sous 3000 K, il y a eu découplage de la lumière et de la matière. Dans notre univers en expansion, la température équivaut à celle du rayonnement de fond cosmologique, soit 3 K.

Dans les étoiles dites chaudes, ce qui est un peu drôle quand on sait combien doit être chaud un soleil, la température avoisine les 15 000 K et peut aller jusqu’à 40 000 K. Notre soleil a une température de surface de 5800 K et en son centre de 14 000 000 K. Sa photosphère possède une température moyenne de 5800 K. Les taches solaires ont une température de 4000 K, comme pour les étoiles dites froides. Les températures de la chromosphère sont de l’ordre de 10 000 K. Pour la couronne, on parle de 1 000 000 K. Donc, le Soleil dépasse les 15 millions de degrés Celsius dans son centre. Mais la réalité physique peut aller bien au-delà de ces températures. Ce n’est rien comparé à ce qui règne comme température dans le noyau de ce réacteur nucléaire qu’a été le coeur du cosmos à ses débuts pour donner la réaction de fusion de l’hydrogène en hélium. En dehors de la température maximale atteinte dans l’Univers, les étapes de fusion nucléaire donnent ceci: proton-proton (au minimum 10 000 000 K), le cycle carbone-azote-oxygène (15 000 000 K), le processus triple alpha qui demande plus de 100 000 000 K (le résultat, le carbone 12, est l’élément qui est à la base de la vie sur Terre), la fusion carbone-carbone (600 000 000 K), la fusion oxygène-oxygène (1 500 000 000 K), la fusion du silicium (3 000 000 000 K et plus, ce qui mène au fer 56).  Les noyaux plus lourds que le fer (plomb, uranium, or, etc.) existent grâce au processus de capture des neutrons. Douze jours après le Big Bang et cette fusion nucléaire, la température est égale à celle qu’on rencontre au coeur du Soleil aujourd’hui, où des réactions de fusion atomique continuent à avoir lieu.

Sur la Terre, les records de températures enregistrées tournent autour d’une cinquantaine de degrés (56,7 degrés C dans la Vallée de la mort, aux USA, en 1913. Sur Mercure, la première planète du Système solaire à partir du Soleil, la température va de 703 K le jour à 173 K la nuit (430 C contre -100 C). Sur Vénus (2e planète), elle est de 750 K (477 C), à cause de l’effet de serre. Sur la Lune, elle joue entre 400 K et 100 K (127 C et -173 C). Pour Mars (4e planète), c’est 293 K le jour et 133 K la nuit et 233 K en moyenne (20 C, -140 C et -40 C). Sur Jupiter (5e planète), il fait 163 K (-110 C), sur Saturne (6e planète) 93 K (-180 C), sur Uranus (7e planète) 52 K (-221 C), sur Neptune (8e planète) 43 K (-230 C) et sur Pluton (9e planète) 35 K (-238 C).

L’eau bouille à 100 C.  La température de la pièce d’une maison est de 20 C, ce qu’on compare aux tropiques. L’eau gèle à 0 C. Actuellement, la température la plus basse enregistrée est de l’ordre du milliardième de degré K (-273,16 C), atteinte  en 2003.