Cold Heimatlos est un chroniqueur à la plume irrévérencieuse, aux commentaires cinglants et à l’humour qui fait grincer des dents. Enseignant au niveau professionnel, auteur d’un roman noir, sa plus grande préoccupation est l’état lamentable dans laquelle se trouve la relation entre l’Homme et la liberté. C’est sous cet angle qu’il aborde ses sujets : le rétrécissement constant des libertés doit être expliqué et compris par le citoyen avant d’être dénoncé. Il s’insurge devant la douce et thérapeutique dictature de l’État et du dressage sensitif de l’Homme. Cette citation reflète sa pensée :
« Les êtres humains n’ont pas grandi en même temps que les institutions issues de leur cerveau. Ce sont surtout la faiblesse intellectuelle et morale des chefs et de leur ignorance qui mettent en danger notre civilisation. »
– Alexis Carrel in L’Homme, cet inconnu

Larmes à feu…

J’ai un ami qui aime beaucoup les armes à feu. Appelons-le Guy.

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J’ai un ami qui aime beaucoup les armes à feu. Appelons-le Guy.

Personnellement, je ne comprends rien à cette passion qui lui demande de faire des trous à répétition sur une feuille de papier; pas plus que lui ne doit comprendre la mienne pour les vieux livres ennuyants. Ce cher Guy dit que le tir à l’arme à feu est un sport, chose que je suis prêt à croire : il faut viser une cible à je ne sais combien de cents mètres, maîtriser sa respiration, calculer la trajectoire en incluant des données comme le vent et la distance selon le calibre utilisé. Nous sommes loin du pistolet et de la bouteille de bière à 5 mètres comme dans les westerns ! Historiquement, le tir aux pigeons a même été présenté aux Olympiques. Une compétition fut organisée pendant les Jeux de Paris en 1900. La série de tirs était interrompue dès que le tireur avait manqué son deuxième pigeon. Près de 300 pigeons ont été utilisés. L’historien Andrew Strunk rapporte dans un article l’état du champ de tir à la fin de l’épreuve : « Les oiseaux estropiés se tordaient sur le sol, le sang et les plumes tourbillonnaient en l’air et les femmes assises à côté sous leurs ombrelles étaient en pleurs ». Le tireur belge Léon de Lunden remporta l’épreuve avec 21 pigeons tués. Depuis, ils ont remédié à ce délicat problème de plumes et de sang partout avec le pigeon d’argile ! Comme quoi, contrairement à ce que les hystériques de « Pauline se souvient » nous affirment, les chasseurs sont des gens sensibles…

Guy a beaucoup de détracteurs parce qu’il s’oppose à ce que le gouvernement lui impose un nouveau registre des armes à feu. Selon moi, Guy a de bons arguments qui tiennent la route et tout… Mais Pauline, qui se souvient d’une fois où un déséquilibré a pris une arme à feu pour tirer sur des gens, tient énormément à ce registre. Ma question pour « Pauline qui se souvient » est : ma belle, est-ce que tu t’es rendue personnellement chez les Anges de l’enfer ou les Machines du Rock, leurs clubs-écoles, la mafia et tous les gangs de rue de la province afin de vérifier si toutes leurs armes étaient enregistrées ? Bien sûr que non. En fait, Pauline et ses amies veulent plus de sécurité… (Et faire chier les gens !)

Mais pourquoi moi, qui abhorre toutes les guerres, qui est pacifiste et qui, surtout, ne possède pas une seule arme à feu, ne me range pas derrière la Pauline qui se souvient en décriant Guy ? Parce que je suis un défenseur de la liberté individuelle.

La base de ma pensée est : « L’Homme moderne cherche avant tout à n’être responsable de rien, ni de ses actes ni de sa pensée. Il choisit volontairement la sécurité au détriment de sa liberté. »

Les exemples pleuvent, mais avec les tueries de masse – par armes à feu – c’est d’un flagrant pas possible. Pauline peut bien se souvenir tant qu’elle le désire, mais elle doit fermer les yeux sur la vérité afin de demeurer dans ce souvenir. Elle se dit impressionnée par le nombre de fusillades aux États-Unis (laissons chez le voisin, si vous le voulez bien, les problèmes du voisin. Mais moi quand je vois leur nombre astronomique d’armes à feu en circulation, je suis impressionné par le si peu de ces tueries… étrange), elle déresponsabilise l’homme de ses actes en accusant un objet et elle exige plus de sécurité – au détriment de sa liberté – en désirant contrôler l’accès à un objet par l’intervention de l’État. C’est à ce moment que je décroche ! Ne préféreriez-vous pas avoir un registre des sociopathes, des déséquilibrés et des illuminés ? À quoi bon ficher les armes, les restreindre ou même les supprimer… le fou parviendra toujours à réaliser son œuvre; on n’a qu’à penser à l’anthrax, au gaz sarin, aux bombes artisanales confectionnées avec de l’engrais chimique (Tim McVeigh, Oklahoma City, 1995) ou même au meurtre en aérosol (Richard Kuklinski, dit l’homme de glace, qui avait réussi à mettre du cyanure en canette, ce qui lui permettait de tuer 4 à 5 personnes du coup. Très efficace, selon lui, sauf par jour de vent !) et maintenant c’est la tuerie de masse avec un camion et demain, qui sait ce qu’ils inventeront…

L’HOMME LIBRE NE S’ATTAQUERA JAMAIS À AUTRUI, NI AVEC UNE ARME, NI AVEC UNE PLUME, NI AVEC SES MAINS.

La sécurité impose des contraintes à la liberté. Un homme parfaitement libre, spirituellement, physiquement, économiquement et socialement n’aura jamais besoin de quelque forme de violence que ce soit pour s’épanouir. En voulant contrôler, restreindre l’accès à, voire interdire, la possession d’armes à feu aux citoyens, c’est en multiplier l’importance. L’arme illégale devient un objet de convoitise, la rareté en fait monter le prix et par conséquent, donne un sentiment de puissance à qui la possède. Ainsi, quand elle tombe aux mains du sociopathe, du déséquilibré et de l’illuminé, ce sentiment d’importance nourrit sa folie. Je n’ai pas fait de recherche exhaustive sur les tueurs de masse, mais dans les quelques cas sur lesquels je me suis attardé, pas un seul ne m’a semblé être un homme parfaitement épanoui. Tous des opprimés. Tous…

La liberté n’est pas possible dans l’oppression (et considérer la multitude de choix comme liberté est d’une stupidité de niveau supérieur). En exigeant plus de sécurité pour quelques membres de la société, Pauline qui se souvient met en place une oppression – de plus – chez la majorité. Là où elle se fourvoie, c’est que le sociopathe, le déséquilibré et l’illuminé ne feront pas partie des membres qui vivront le sentiment de sécurité, mais seront du côté des opprimés. Les armes se faisant de plus en plus rares, elles deviendront un objet de convoitise, la rareté en fera monter le prix et par conséquent, donnera un sentiment de puissance à qui la possédera. C’est à ce moment précis où nous vivrons les tueries les plus ignobles…

Voilà un peu pourquoi je suis contre le registre, et que je soutiens mon ami Guy Morin dans sa cause…